Deo Gratias

Pour connaître et aimer

La prière : L’humilité

Classé dans : La prière — 26 mars, 2008 @ 9:05

Avec ce début de l’année liturgique, nous allons commencer un thème. Je ne suivrai pas principalement les textes liturgiques du jour, mais une des parties du catéchisme. Vous savez que tout bon catéchisme nous dit :
- ce qu’il faut croire : c’est le Credo ;
- comment Dieu nous communique sa grâce : ce sont les sacrements ;
- ce qu’il faut faire : ce sont les commandements ;
- et une partie, plus courte, concerne les biens que Dieu désire nous accorder : c’est la prière.
On peut rattacher ces parties aux trois grandes vertus : le Credo c’est la foi, les commandements c’est la vie de charité ; et la prière, c’est l’expression de l’espérance. Son contenu est condensé dans les sept demandes du Notre Père.
Coïncidence heureuse, l’encyclique sur l’espérance vient de sortir. De fait, si notre époque a tellement perdu cet élan de l’espérance, c’est que le grand art de la prière est ignoré de beaucoup. Je vous propose de redécouvrir cet art, par étapes.
Aujourd’hui, regardons l’attitude qui est la base, le fondement de la prière : elle s’appelle humilité.

I. La première position possible vis-à-vis de Dieu, c’est la fermeture ; comme des poings fermés. Une personne très malade me disait à la clinique :  » Je souffre, mais je me débrouille toute seule « . C’est-à-dire qu’elle pense qu’elle n’a pas besoin de Lui… Quelle tristesse, une âme sans cette relation, sans cette respiration. C’est l’attitude agnostique, celle de la majorité de nos contemporains : je ne nie pas forcément l’existence de Dieu, mais je le repousse hors de mes préoccupations.
Un peu plus loin, un peu plus dur, c’est la négation de Dieu : l’athéisme. Jean-Paul Sartre écrivait cette chose terrible :  » L’athéisme est une entreprise cruelle et de longue haleine. Je crois l’avoir menée jusqu’au bout « . Orgueil de l’homme qui se dresse contre Dieu. Poings fermés.
Paul Claudel disait déjà :  » La prière est le grand besoin de notre époque asphyxiée et congestionnée. Que d’étouffés, que d’étranglés ! Tout ce qui peut apprivoiser le cœur et la pensée à cet exercice de respiration, non seulement salutaire mais vital, est bon « 

II. Ceux qui ne se sont pas laissés bloquer par le démon dans ce geste des poings fermés ont un désir de Dieu. Le premier réflexe alors est de vouloir l’atteindre par nous-mêmes, de vouloir le saisir. Mains agrippées, qui veulent prendre. Comme si l’on pouvait accéder à Dieu simplement par un effort d’ascension à la force de nos poignets, comme si nous pouvions nous hisser jusqu’au ciel par une initiative de nous ! Voilà que Jésus dit le contraire :  » Qui s’élève sera abaissé, qui s’abaisse sera élevé « . Il ne propose pas une échelle de perfection où les barreaux seraient nos performances, il propose un chemin de descente.

III. Pour cesser cette folle tension, pour cesser d’avoir mains agrippées, il faut souvent que nous nous cassions la figure. Il faut que nous expérimentions comme nos facultés sont ridicules pour atteindre Dieu. Alors nos mains acceptent de se déprendre, et elles changent de position : elles se mettent à s’ouvrir. C’est là que commence la vraie prière. Au lieu de me crisper pour saisir Dieu, lentement je m’ouvre dans l’attitude d’accueil. Et je comprends que quand je vais vers lui, ce n’est pas une initiative qui vient de moi, c’est une réponse à un appel.
La Samaritaine venant au puits découvre quelqu’un qui était là et qui l’attendait. La merveille de la prière se révèle au bord du puits où nous venons chercher notre eau : là, le Christ vient à la rencontre de tout être, il est le premier à nous chercher, et nous l’entendons nous demander :  » Donne-moi à boire « . Jésus a soif, que nous ayons soif de lui, que nous venions recevoir son eau vive (CEC 2560). Notre prière est une réponse à sa soif, réponse à la plainte du Dieu vivant dans le prophète Jérémie :  » Ils m’ont abandonné, moi la source d’eau vive, pour se creuser des citernes lézardées « .
Quand nous arrivons en sa présence, c’est lui qui nous attire, l’initiative vient de lui. Il était déjà là, il nous attendait. Je me souviens d’une inscription dans une petite chapelle pour enfants trisomiques, dans la Sarthe. Le tabernacle n’est ni baroque, ni gothique, mais sur le mur il y a cette phrase :  » Je t’attendais « . C’est lui qui a commencé, la démarche ne vient pas de nous mais de lui.
Une définition de la prière, c’est :  » élévation de l’âme vers Dieu « . Quand nous avons compris que cette élévation ne se fait pas du haut de nos ergots, mais du fond de notre misère, alors nous sommes entrés dans la prière. De profundis, des profondeurs, je crie vers le Seigneur.

Les poings fermés s’opposent à Dieu, les mains crispées veulent le saisir. Les mains ouvertes, dans la position de l’orante des catacombes, viennent se rendre à lui, viennent répondre à son appel :  » Donne-moi à boire « .
Dans cette pauvreté-là, elles vont aussi esquisser un autre geste pour présenter nos demandes : elles se joignent comme les mains du Curé d’Ars en prière, suppliant notre Père du ciel de nous accorder ce que désire notre espérance.
Que ce temps de l’Avent creuse en nous cette humilité, pour que nous acceptions de nous déprendre afin de laisser Dieu lui-même pencher vers nous son visage.

Sermon de M. l’abbé Cayla disponibles sur le site http://brethencourt.free.fr/

La prière d’offre

Classé dans : La prière — 26 mars, 2008 @ 8:55

Le mot de passe qui nous fait accéder aujourd’hui à la prière, c’est un petit moi de quatre lettres en latin : ECCE, voici.
Les Mages déposent aux pieds de l’Enfant trois présents : l’or, l’encens, la myrrhe, symbole de ce que nous pouvons, nous aussi, offrir.
Dieu cependant n’a besoin de rien. Puisqu’il est Dieu, il est infiniment heureux, donc il ne lui manque rien ! Cependant il nous a créés pour faire retour vers lui, pour que notre destinée se réalise comme un cycle : nous sortons de lui, et nous retournons vers lui. Ce que nous lui offrons, ce n’est pas pour lui apporter quelque chose dont il manquait : c’est comme les cadeaux de Noël que les enfants font aux parents. En général ils n’ont pas grande utilité… Alors quelle est leur raison d’être ? D’être un support de l’amour. C’est pour nous en remettre à lui, lui montrer que nous lui appartenons.
Alors que lui offrir ? Comme les Mages, l’or de notre charité, l’encens de notre prière, et la myrrhe (qui servait à embaumer les corps), la myrrhe de notre mortification et de nos efforts. Et puis surtout, ce qu’apporta le quatrième Roi Mage. C’est une légende, venue de Russie je crois, avec différentes versions. Le quatrième Roi Mage arrive après parce qu’en route il a été retardé par d’autres qui étaient dans le besoin, et il leur a donné les offrandes prévues pour Bethléem. Alors il arrive bien trop tard, on dit même qu’il arrive le Vendredi-saint au Calvaire ; il n’a rien de matériel à donner. Et Jésus le regarde avec plus de bienveillance que les autres. Cet arrivant lui agrée plus, car il est dépossédé de tout : ce qu’il apporte, c’est lui-même, sa personne.

Nos possessions nous dévorent. Dès l’origine, l’homme a appris à refermer les mains sur les dons de Dieu. Ce geste d’avare lui est devenu comme une seconde nature.
Pour nous dire Dieu, le Fils s’est fait pauvre. Roi, il s’est fait pauvre, pour que nous acceptions nous aussi de nous faire pauvres. On se cramponne toujours à quelque chose. Prenons trois registres.
- Dans le domaine matériel : les biens du corps. Notre égoïsme et notre avidité se font jour souvent, par exemple quand il s’agit de faire les courses… c’est humiliant, mais il faut bien le constater.
- Dans le domaine de l’affectivité. Une phrase de saint Augustin résume l’errance de la façon d’aimer, dans les Confessions. Quand il arrive à Carthage à seize ans, il plonge dans la débauche du milieu étudiant, et il écrit ces mots :  » Je n’aimais pas encore, mais j’aimais aimer « . C’est-à-dire : ce que j’aimais, c’était éprouver (de l’agrément, des palpitations), mais c’était pour moi, ce n’était pas le don. Aimer, ce n’est pas se chercher des gratifications, c’est aimer une personne pour elle-même.
- Dans le domaine des biens spirituels. Nous voudrions gérer nous-mêmes nos mérites, nos bonnes actions et nos mauvaises actions. Au lieu de faire ce que nous pouvons et de tout remettre au bon Dieu, nous voudrions fixer nous-mêmes le programme de notre sanctification. C’est une forme de possessivité, qui prétend avoir prise sur nos progrès et nos faiblesses. Or Notre-Seigneur veut lui-même se saisir de tout, même nos péchés, faire tout servir comme matériau de notre croissance ; intégrer même nos misères au modelage de notre être nouveau.
Bienheureux les pauvres, ceux qui se tiennent devant Dieu les mains vides.

Roi du monde et Roi de mon âme, tout ce que j’ai vous appartient. Faites-moi connaître aujourd’hui à quoi je suis trop attaché, pour que j’arrive à m’en défaire pour vous : un bien matériel, comme un plaisir ; un bien affectif, comme une personne trop aimée pour combler un besoin, ou des êtres, des enfants, que je considère comme ma propriété ; enfin un bien spirituel, comme une fierté personnelle, une performance.
- Ecce : voici mes biens corporels,
- Ecce : voici les biens de mon cœur, voici les cœurs unis au mien,
- Ecce : voici mes biens spirituels, mes prières et mes pensées et mes actions, que je voudrais plus brillantes.
Ma sanctification vous appartient, selon le rythme que vous déciderez ; c’est à vous que je la remets.
- Ecce : surtout voici ma personne, se livrant à votre volonté, en écho de Celle qui la première a prononcé ces mots avec tout elle-même : Ecce ancilla Domini, Voici la servante du Seigneur.

Sermon de M. l’abbé Cayla disponibles sur le site http://brethencourt.free.fr/

Le silence

Classé dans : La prière — 26 mars, 2008 @ 8:55

 « Tandis qu’un profond silence enveloppait toute chose « . Ces premiers mots de l’Introït nous transportent dans la nuit de Bethléem. Ce n’est pas dans le bruit des palais comme celui d’Hérode, c’est dans le silence d’une nuit sombre que le Verbe du Père descendit de son trône royal semé d’étoiles sur notre pauvre terre. Il ne peut visiter les hommes que dans le recueillement.

Cette phrase biblique de l’Introït  » Tandis que le silence enveloppait toute chose « , on l’a souvent appliquée au Canon de la messe que le prêtre, selon notre liturgie, récite en silence : c’est au milieu du silence que Notre-Seigneur se rend présent par la consécration. Comme clés pour entrer dans la prière, il y avait  » s’il vous plaît « , il y avait  » Gloria « . Aujourd’hui notre clé, c’est le silence. Comme il est mal en notre époque.

- Le silence extérieur. Une moto bruyante traversant Paris à 5 h du matin réveille environ 65 000 personnes… Du bruit partout : les moteurs, les machines, les radios… Le silence extérieur est malade. – Comme le silence extérieur est malade, le silence intérieur aussi. Il y a plusieurs façons de se tenir en silence : silence hostile ; silence vide voire comateux… ça c’est en négatif, c’est un manque.

En positif, qu’est-ce que c’est le silence intérieur ? Ce n’est pas simplement se taire. C’est un trop-plein, quand il y a un don et que c’est trop : – Silence de respect, qui est un hommage : cette impression du sacré, produite en nous quand nous entrons dans un sanctuaire. – Silence d’émerveillement : quand les impressions sont trop grandes pour que les mots puissent les dire. – Silence d’amour, quand l’union des cœurs est si intime que la parole est superflue. Est-ce que les amoureux ont besoin de toujours se parler ?

Dieu se rend présent à la crèche. Si nous ne ménageons pas pour lui du silence extérieur et intérieur, nous oublions l’essentiel. A quoi bon une crèche dont les santons sont absents ? Regardez-les, immobiles. La première, Notre-Dame Marie : elle ne s’active pas beaucoup, elle ne parle pas beaucoup, elle conserve toute chose dans son cœur. Tout près d’elle, le père de famille, l’homme du silence total. Et puis le défilé de tous ceux qui viennent : les bergers font-ils des discours ? Et celui que les crèches provençales appellent Lou Ravi, ébahi de bonheur, que fait-il d’autre que de lever les bras et d’écarquiller les yeux ?

Et puis regardez les deux animaux prédits par Isaïe. On dit – une légende dit – que la nuit de Noël ils ont la faculté de parler, en récompense pour s’être tenus là près du Fils de Dieu. Ils sont là au fond, et peut-être bien qu’ils parlent entre eux.

- Frère âne, souffle bien. Réchauffons-le. Cette terre est si froide pour lui. Il est venu chez les siens, et les siens ne l’ont pas reçu. Ils sont trop occupés de leur jouissance, de leur pouvoir d’achat, de tant de choses…

- Oui, Frère bœuf. As-tu déjà vu, as-tu déjà vu une telle beauté parmi les enfants des hommes ? Comment pourront-ils le connaître s’ils continuent à faire tellement de bruit, dans leurs maisons sonores avec les appareils, avec les portes, dans leurs bouches avec leurs langues, dans leurs journées maniaques du travail, même le dimanche ? Ils parlent les uns des autres, les fidèles parlent des prêtres, les prêtres parlent des fidèles… Quant ce ne sont pas les paroles, ce sont les images ou l’informatique : ils ont même inventé de  » tchater  » par ordinateur… Le Verbe, le logos, c’est la parole c’est-à-dire l’expression de Dieu. Dans cet Enfant, Dieu se dit. Il se fait connaître. Nous avons la grâce, Frère bœuf, de le percevoir, parce que notre attention ne se laisse pas détourner par tout ce qui distrait les humains.

- Frère âne, vois la sainte Mère. Quand ils se regardent avec son Fils, c’est à qui sera le plus fier de l’autre ! Dans ses yeux très purs, quelle attention extraordinaire envers son petit qui est en même temps son Dieu. Quand je la regarde, je suis encore plus immobile et muet que d’habitude. La joie me remplit jusqu’à la pointe des cornes, je n’ai pas envie de bouger ni même d’aller manger, je suis paralysé de bonheur. Seigneur, petit Seigneur, comme je te remercie de pouvoir être agenouillé devant toi ! Parfois je me demande si tu ne t’es pas un peu trompé. Pourquoi m’as-tu choisi ? Pourquoi m’as-tu appelé au lieu d’autres pour te servir ? N’as-tu pas remarqué que j’ai une cicatrice dans le dos, qu’il me manque du poil sur le côté, que mon âme est faible ?

- Tais-toi, Frère bœuf. Tu le fatigues avec tes questions. Il est l’heure de nous taire, immobiles et déférents, comme si nous posions pour une peinture invisible. Ceux qui nous regardent par-delà le temps, comprendront alors ce que Jésus leur demande : de créer des zones de silence, dans leurs journées, dans leurs maisons, dans leur prière. De ne pas tant parler et de ne pas tant s’agiter, mais de le laisser, lui, se révéler à eux. Maintenant, Frère bœuf, prête-moi un peu de ta vigueur. Je vais en avoir besoin pour le conduire en Egypte. Déjà, des méchants veulent le perdre. Déjà, cette jeune existence est marquée par le sang. Plus tard, je le porterai, parmi les acclamations, dans la ville de son sacrifice. Cette croix dressée sur le Calvaire, c’est son trône. Je te le dis, il est Roi ! Courbons-nous, adorons-le.

Sermon de M. l’abbé Cayla disponibles sur le site http://brethencourt.free.fr/

La louange

Classé dans : La prière — 26 mars, 2008 @ 8:54

La première porte d’entrée de la prière, le premier mot de passe c’était  » s’il vous plaît « . Aujourd’hui, la porte d’entrée pour accéder à Dieu, c’est le mot des anges, un mot qui se chante : GLORIA !
Gloria, parce que  » le Verbe s’est fait chair « . Ce sont les quelques mots si sobres, si simples de saint Jean, comme s’il craignait de manquer de respect en développant, en analysant. Et pourtant, si quelqu’un avait le droit de parler d’abondance, c’est le disciple bien- aimé, qui avait contemplé et touché le Verbe. Mais il a le sentiment de l’infinie distance qui le sépare de son Créateur ; comme les anges en cette nuit : sur-le-champ, ils l’adorèrent.
Après, il a fallu que l’Eglise explique, qu’elle précise le grand mystère de l’Incarnation. Mais celui qui avait vu le Sauveur Jésus avec un cœur pur, l’accompagnant du lac de Galilée jusqu’au bout, au Calvaire, celui à qui la Sainte Vierge avait été confiée –  » Voici ta Mère  » -, et qui avait entendu d’elle ce qu’elle était seule à savoir du Mystère de la naissance à Bethléem, lui n’a pas besoin de longues déclarations sur la Personne sacrée de Notre-Seigneur. Pas de description. Il y a simplement la vue, l’ouïe, l’adoration, le cœur et l’âme tout remplis de lumière. Le Verbe s’est fait chair.
Nous non plus, ne cherchons pas à disséquer, jetons-nous à genoux.

Avant cette venue, Dieu se manifestait déjà, Dieu se donnait : par sa parole dans les prophètes, par sa puissance dans les patriarches, par ses miracles dans le peuple élu. Le motif que les Psaumes de David ont de chanter la gloire de Dieu, ce sont ces manifestations-là. Il venait habiter au milieu du peuple, dans la bouche des prophètes, dans l’action des patriarches, mais de façon ponctuelle, par des effets de lui. A Noël, l’union du Fils de Dieu avec l’humanité, elle est inséparable. Ce ne sont plus des effets de la puissance de Dieu, c’est Dieu. Habitavit : il a demeuré parmi nous.

Alors, combien plus que le Roi David, combien plus que tous ceux de l’Ancien Testament, pouvons-nous le célébrer, le bénir et le louer. Jamais, jamais nous ne mesurerons l’immensité de cet événement : lui qui demeurait au commencement au plus profond de l’amour du Père éternel, il est venu dans l’humilité, couché parmi du bétail. Il est venu, il est venu offrir sa vie, il est venu offrir son Sang pour nous racheter.
Jetons-nous à genoux. En union avec les anges, en union avec les bergers et tous ceux qui se laissent atteindre et toucher par cette clarté unique, offrons-lui de tout notre cœur notre louange et notre joie : Gloria !

Sermon de M. l’abbé Cayla disponibles sur le site http://brethencourt.free.fr/

 

La prière de demande

Classé dans : La prière — 26 mars, 2008 @ 8:54

Le contact de la prière se réalise dans le lieu du cœur, le sanctuaire où Dieu réside. La prière du Christ nous entraîne et nous inclut. Maintenant, cherchons ce qui nous fait entrer dans la prière, comme des portes : les différents motifs qui élèvent notre âme vers lui. Aujourd’hui, première porte : la prière de demande. C’est celle qui se présente en premier. On pense à Dieu quand on a quelque chose à lui réclamer : il n’y a qu’à voir dans certaines églises ou lieux de pèlerinage les cahiers d’intentions ; c’est quelquefois émouvant, quelquefois pas très élevé… En tout cas le Catéchisme du Concile de Trente commence par là. Le catéchisme dit quelque chose qui me vise moi :  » Le prêtre digne de ce nom (priez !) s’appliquera de toutes ses forces à bien faire comprendre ce qu’il faut demander à Dieu et comment il convient de le demander « …  » Demandez et vous obtiendrez, dit Jésus. Lequel d’entre vous donnerait une pierre à son fils qui lui demande du pain ? « . L’expérience semble le contredire : quelquefois on demande, et on n’obtient pas. C’est qu’il y a trois conditions pour qu’une demande soit exaucée.

Première condition : c’est ce qu’on demande. Demander de bonnes choses, des choses nécessaires au salut. – Evidemment si je demande au bon Dieu de me procurer de la drogue ou une arme pour faire un crime, il n’y a pas de raison qu’il me l’accorde. Marthe prie Jésus pour que Marie l’aide. Il l’éconduit :  » tu t’inquiètes, tu t’agites « . Mme Zébédée demande que ses fils Jacques et Jean soient à la première place. Ce dont elle a surtout besoin, c’est d’humilité… – Mais il y a aussi des choses que je crois bonnes, et en fait c’est Dieu qui sait. Je demande qu’une personne que j’aime ne meure pas, mais c’est peut-être mieux pour elle de mourir maintenant. Je demande la santé, mais c’est peut-être par la maladie que je deviendrai meilleur, que je deviendrai saint. Sainte Monique demande que son fils adolescent ne puisse pas prendre le bateau pour l’Italie : elle pense que s’il y va il ne pourra jamais se convertir parce que le milieu étudiant est pourri. Finalement Augustin part, mais à Milan il entend l’évêque Saint Ambroise, et c’est le chemin que Dieu voulait pour sa conversion. C’est même quelquefois une faiblesse, un péché, ou une écharde qui font partie du plan de Dieu pour la sanctification. Demandons donc ce dont nous avons besoin, les soucis de travail, de nourriture, de réussite, de santé… mais avec une réserve : pourvu que ce soit nécessaire au salut.

Autre chose à propos de ce qui est demandé, pour que la prière soit infailliblement exaucée : c’est quand on demande pour soi-même. Pourquoi ? Parce qu’on peut demander une grâce pour une personne qui n’est pas dans les dispositions de réception. La largesse de Dieu peut se heurter à une liberté qui se ferme. En fait la prière a un effet  » boomerang « . Il ne s’agit pas de changer la volonté de Dieu ; ce n’est pas Dieu qui change, c’est moi. Je rends ma volonté conforme à la sienne. Je tire sur la corde et le rivage se rapproche. En fait mon âme c’est le bateau, et c’est ma barque qui est entraînée jusqu’à l’endroit ou Dieu m’attendait. Dieu sait ce qu’il veut accorder. Mais pour le donner, il a besoin que notre cœur se mette dans une attitude d’accueil. Bien sûr, nous demandons aussi pour les autres, mais là ce n’est pas infaillible parce que ça dépend de leur liberté. Quand c’est pour soi-même en revanche, il est garanti qu’on y met du sien.

Deuxième condition : c’est la manière, notre attitude : abandon absolu, humilité, piété toute donnée. Seigneur, nous ne réclamons pas impérieusement, nous ne demandons pas ce qui nous plaît à nous, comme si vous étiez un pur moyen pour nous aider à arriver à nos fins. C’est pour aller vers vous, pour faire votre volonté, que je vous prie de m’accorder ce que je vous demande.

Dernière condition : la persévérance. C’est frappant, dans les deux paraboles principales sur la prière, Jésus met en scène chaque fois quelqu’un qui casse les pieds d’un autre : la veuve qui assaille le juge pour obtenir ce qu’elle réclame, et l’ami  » importun « . Il ne faut pas craindre d’insister. En fait cela plaît au bon Dieu. Saint Thomas More écrivait un jour à sa fille qui lui avait demandé de l’argent :  » Tu me demandes de l’argent avec trop de timidité. Ton père, tu le sais bien, est toujours prêt à t’en donner, et d’autant plus que ta lettre mériterait deux onces d’or pour chaque syllabe… Pourtant je t’envoie juste ce que tu me demandes. J’aurais bien ajouté quelque chose, mais si j’aime donner, j’aime aussi beaucoup que ma fille chérie me demande gentiment, comme elle sait le faire. Aussi dépêche-toi de dépenser cet argent. Plus tôt tu reviendras à la charge, et plus je serai content « . Il y a là l’humour de Saint Thomas More, il y a aussi la vérité d’un cœur de père. Revenir à la charge, persévérer, c’est attiser notre désir. Si Dieu donnait tout, tout de suite, ce serait un papa-gâteau, et nous pourrions croire que tout vient tout seul. Quelquefois il fait semblant de ne pas entendre : c’est pour intensifier le désir et l’amour dans notre cœur ; c’est pour nous faire sentir que ce qu’il veut nous accorder, c’est un cadeau.

Oui, notre Père du ciel exauce nos prières. – Cela dépend d’abord de ce que nous demandons : des choses nécessaires au salut ; et si en plus c’est pour nous, on est sûr que de notre côté il n’y a pas d’obstacle. – Cela dépend aussi de la façon dont nous demandons : Dieu désire un abandon total. – Et enfin cela dépend de la persévérance, notre capacité à durer. La prière ne consiste pas dans le fait de demander. Elle consiste dans l’intimité avec lui. Pour accéder à cette intimité, la première porte d’entrée, le premier mot c’est :  » S’il vous plaît « . Derrière ce mot de passe, il y a le programme de toutes les prières de demande. Que le Sauveur nous éclaire sur ce qu’il faut demander, c’est-à-dire ce qui va nous unir à lui, et qu’il nous éclaire sur la façon de demander. Alors il nous comblera, au-delà de tous nos désirs.

Sermon de M. l’abbé Cayla disponibles sur le site http://brethencourt.free.fr/

La prière du Christ

Classé dans : La prière — 26 mars, 2008 @ 8:53

L’homme, Adam, s’était exclu de l’intimité de Dieu.  » Adam, où es-tu ?  » L’homme se cache et se défile. Voici enfin que bien longtemps après, monte de l’humanité une réponse :  » Me voici « . Jésus, venant dans le monde, répond à Dieu :  » Me voici, ô Père, pour faire ta volonté « . C’est lui qui nous entraîne. Aujourd’hui notre petit catéchisme sur la prière va regarder la prière du Maître (cf. CEC 2598-2615).

I. On aurait pu penser que trente années de silence, ça suffisait. Non. En plein feu de l’action, on le voit se retirer loin des foules, à l’écart. Imaginons-le, avant même le lever du jour, quitter la maison où il a passé la nuit avec ses Apôtres. Il plie la couverture, roule la natte, sur la pointe des pieds il ouvre la porte, et il va. Il aime aller sur la montagne : sous le ciel plein d’étoiles, il monte là-bas…
Quel est le secret de ses entretiens ?
Prosterné, il adore le Père,
Debout, il rend grâces, les yeux levés.
Pour ces douze hommes qui lui sont confiés, il intercède, pour leur fidélité.
Il est totalement livré ; cette offrande de soi culminera à la croix :  » Entre tes mains, Seigneur, je remets mon esprit « .
Ce dialogue ardent, c’est le prolongement du dialogue éternel : le Père est la Source, le Fils reçoit tout de lui, et reflue vers lui. Ce qu’il détaille dans le  » Notre Père « , c’est, transposé pour les disciples, le contenu de sa propre prière : il prie pour que le règne de Dieu arrive dans le monde, pour que sa volonté soit faite… Et une fois remonté au ciel, il continue d’intercéder.

II. Et nous ? Nous trouvons là un modèle. Et plus qu’un modèle : insérés en lui, nous faisons corps avec lui. La grâce, c’est une assimilation, qui fait de nous aussi des fils. Tout ce que nous faisons monter vers le Père, c’est dans le sillage du Fils. Les oraisons de la messe sont adressées au Père par lui :  » Per Christum « . Ses mains jointes tracent le sillage, et nous sommes dans le prolongement, fondus dans sa prière. Quel honneur et quel bonheur !
Bernanos fait dire au Curé de Torcy qui est comme le père spirituel du  » Curé de campagne  » :  » D’où vient que le temps de notre petite enfance nous apparaît si rayonnant ? Un gosse a des peines comme tout le monde. Mais c’est du sentiment de sa dépendance que l’enfant tire le principe de sa joie, comprends-tu ? Et bien mon garçon, si l’on avait laissé faire l’Eglise, elle aurait donné aux hommes cette espèce de sécurité souveraine. Retiens que chacun aurait eu sa part d’embêtements. Mais l’homme se serait su le Fils de Dieu, voilà le miracle !… L’Eglise dispose de la joie, de toute la part de joie réservée à ce triste monde « .
Notre-Seigneur continue de prier en nous, nous sommes fils dans le Fils ! Notre prière, c’est une participation à l’élan du Fils vers son Père, elle s’identifie à son mouvement d’offrande :  » Me voici, ô Père, pour faire ta volonté « . Cela conduit jusqu’au  » Me voici  » de la crucifixion… La prière est l’abandon de moi-même, comme Jésus livré à la crèche et livré sur la croix. La prière est le souffle que je remets au Père.
 » Abba, Pater « . Père, reconnaissez en nous la prière même de votre Fils, lui qui habite dans nos cœurs par la foi.  » Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi « .

Sermon de M. l’abbé Cayla disponibles sur le site http://brethencourt.free.fr/

La prière : Le lieu du cœur

Classé dans : La prière — 26 mars, 2008 @ 8:53

La prière, c’est le contact avec Dieu. L’attitude de base pour y entrer, c’est l’humilité, ce besoin de Dieu, ce besoin criant.
Ce contact, où est-ce qu’il s’opère ?
Regardons à l’inverse, comment est-ce que Satan l’empêche ? Il l’empêche par ce que Pascal appelait le divertissement : tout ce qui peut distraire, éparpiller l’attention. La prière, c’est la vie intérieure. Le monde moderne est à l’opposé, puisqu’il disperse. Bernanos écrivait :  » On n’a rien compris au monde moderne si l’on n’a pas admis d’abord qu’il est une conspiration contre toute espèce de vie intérieure « .
Où est le contact ? Où est Dieu ?
-  » Dieu est partout « , dit une des premières questions du catéchisme. C’est la présence d’immensité ou de création. Nous sommes suspendus à lui ; s’il cessait un instant de penser à nous, nous retomberions dans le néant.
Mais il y a plusieurs modes de présence.
- On peut mentionner la Présence réelle dans la Sainte Eucharistie.
- Et puis il y a la présence en nous par la grâce, si nous sommes en état de grâce, ce qui a commencé au baptême. C’est la présence
 » d’inhabitation  » dans l’âme des justes, c’est-à-dire de ceux qui sont en état de grâce.  » Si quelqu’un m’aime, mon Père l’aimera, nous viendrons à lui et nous ferons en lui notre demeure « . Et encore :  » Le royaume de Dieu est au-dedans de vous « .
Nous sommes composés de plusieurs zones.
- La zone corporelle : les organes des sens, les fonctions physiologiques ;
- La zone affective : les émotions ;
- La zone mentale : les facultés d’imagination, de mémoire, de réflexion.
Plus profond que le physique, l’affectif, et le psychique, il y a le spirituel, le centre de l’âme. C’est le cœur, au sens biblique : quand la Bible parle du cœur, c’est le JE qui est en relation avec Dieu.
Sainte Thérèse d’Avila décrit l’aventure intérieure comme un voyage vers  » Sa Majesté  » qui habite au centre de l’âme comme en un château. C’est une progression, d’appartement en appartement, vers ce sanctuaire. Il y a les remparts, les chemins de ronde, les cours intérieures… Au-delà des quartiers périphériques, les banlieues de l’âme, plus ou moins bien famées, sièges des images, des émotions, des pensées, nous sommes appelés à rejoindre la part profonde de l’âme où Dieu a sa résidence. Sa dernière œuvre est le Livre des demeures : il y a sept demeures, pas en enfilade, mais l’une dans l’autre, concentriques, comme des poupées gigognes.  » Ce château a nombre de demeures, en haut, en bas, sur les côtés ; et au centre, au milieu de toutes, se trouve la principale où se passent les choses les plus secrètes entre Dieu et l’âme « .
Alors, où est-ce que ça se passe, la prière ? Dans ce que fait le corps ? Non. Dans les palpitations de la sensibilité ? Pas plus. Dans les réflexions de la tête ? Non plus. Dans le lieu du cœur, les profondeurs d’âme où Dieu réside. Nous sommes consacrés, nous sommes une église. En nous, il y a un tabernacle. Alors la prière n’est pas une tension, mais une attention à sa présence. Voilà le recueillement chrétien : pas comme les techniques de méditation asiatique qui recherchent le vide intérieur, non ! Mais une prise de conscience de la Trinité.
Tout ce qu’on peut faire et dire dans la prière vise à établir notre personne dans la paix, pour qu’elle se tourne vers le foyer divin qui est en elle, comme des mains se tournent vers la chaleur du feu.
La bienheureuse Elisabeth de la Trinité a vécu pleinement cette réalité : l’âme, c’est le paradis de Dieu.
 » O mon Dieu, Trinité que j’adore, aidez-moi à m’oublier entièrement pour m’établir en vous, immobile et paisible, comme si déjà mon âme était dans l’éternité. Pacifiez mon âme, faites-en votre ciel, votre demeure aimée et le lieu de votre repos. Que je ne vous y laisse jamais seul, mais que je sois là toute entière, toute éveillée en ma foi, toute adorante, toute livrée à votre action créatrice « .

Sermon de M. l’abbé Cayla disponibles sur le site http://brethencourt.free.fr/

« Parlez, Seigneur, je vous écoute « .

Classé dans : La prière — 26 mars, 2008 @ 8:50

Comme portes d’entrée, mots de passe pour entrer dans la prière, il y avait  » s’il vous plaît « ,  » Gloria « ,  » Ecce « . Aujourd’hui :  » Parlez, Seigneur, je vous écoute « .
Jésus dans le Temple est au milieu des docteurs : il enseigne. A nous de faire mieux que les docteurs du Temple : on dit qu’ils étaient stupéfaits de ses réponses, mais apparemment ces réponses, ces paroles, ne les ont pas atteints plus que ça.
La difficulté, c’est qu’il ne nous est pas très naturel d’écouter. Remarquez la manie de certains hommes politiques. Ils commencent presque toutes leurs réponses en disant :  » Ecoutez… « . Avec Dieu, nous avons tendance à en faire autant. Le progrès dans la prière consiste à réduire ce que nous pourrions dire, pour laisser Dieu s’exprimer librement, lui laisser la Parole.
Nous voudrions souvent des lumières pour l’action : savoir ce qu’il faut faire. Oui, mais avant ça, la première étape, c’est de recevoir les consignes. Il y a une capacité de perception à développer. On dit que les louveteaux ouvrent les yeux et les oreilles, on dit que les scouts observent : c’est bien parce que, déjà au niveau naturel dans l’éducation, il y a d’abord à recevoir des indications. Encore plus dans la vie surnaturelle.

Comment est-ce qu’il parle, le Bon Dieu ? Il a plusieurs façons d’envoyer des messages.
 » Ne crains pas, Marie  » dit l’ange. Nos messages personnels, nous en recevons rarement de cette façon-là. Mais ce sont des équivalents. Si une sainte coutume fait dire l’Angélus trois fois par jour, c’est que c’est le type de ce qui se passe pour nous : Dieu vient nous solliciter, peut-être pas par un ange, mais par quelque chose que nous entendons, que nous voyons ou que nous lisons.

Ces messages envoyés à chacun, ils ont une base : le grand message adressé à tout le monde, là où Dieu parle : c’est l’Ecriture Sainte. Notre Credo affirme :  » Il a parlé par les prophètes « , c’est-à-dire tous ceux qui ont pris la plume pour composer la Bible. Et justement la Sainte Vierge, au moment où elle accueille le messager céleste, elle était en train de méditer l’Ecriture Sainte : dans les représentations, en général elle tient un livre entre ses mains, ou sur les genoux, ou sur un pupitre.
Dans la Bible, nous entendons Jésus. Saint Jérôme a cette phrase :  » Ignorer l’Ecriture, c’est ignorer le Christ « . C’est saint Jérôme qui le dit ! C’est souvent un point faible de nos communautés par rapport au niveau de catéchisme. La seule condition, c’est de ne pas lire tout seul.
La scène d’aujourd’hui se passe dans le Temple : si nous voulons entendre Jésus nous enseigner, c’est dans l’Eglise et sa Tradition qu’il faut nous tenir.
Si après le Concile de Trente jusqu’au XVIIIe siècle, il y a eu interdiction de lire la Bible, ce n’est pas de l’obscurantisme. D’abord cela ne concernait pas la Bible dans sa version latine (que tous les gens cultivés pouvaient comprendre à l’époque), mais les traductions qui étaient difficilement fiables, en particulier les versions protestantes. Dans la dernière encyclique, le Pape relève la portée d’une traduction faussée de Luther : si l’on dit que l’espérance est une conviction personnelle, c’est simplement subjectif ; si l’on est fidèle à saint Paul, on dit qu’elle est la substance des biens à venir, c’est quelque chose d’objectif.
Et puis on ne peut pas s’y lancer sans initiation. Le langage de Dieu, c’est spécial. Dans les Actes des Apôtres, l’eunuque d’Ethiopie a besoin du diacre Philippe pour lui expliquer le prophète Isaïe.
Le jeune homme qui vivait dans le sanctuaire en compagnie du vieil homme Eli entend une voix d’adresser à lui :  » Samuel ! Samuel !  » Mais il n’arrive pas à l’identifier du premier coup, il croit que c’est la voix de son vieux maître. Il a besoin que ce soit Eli qui lui explique :  » Va te coucher, et tu répondras : Parle, Seigneur, ton serviteur écoute « . Nous aussi, nous avons besoin de maîtres. Pour lire la Bible, nous avons besoin d’être éclairés par des explications, déjà au niveau du livre lui-même par une édition catholique avec un minimum de notes. Alors nous saurons dire :  » Parle, Seigneur, ton serviteur écoute « .

Quand nous avons choisi un texte – le mieux c’est dans l’Evangile ou dans les Psaumes -, alors il s’agit non pas de faire une lecture rapide, mais de ruminer, de réfléchir à la portée des phrases. Ensuite, pour entrer dans l’intelligence du texte, l’imagination aide à reconstituer le cadre, comme un metteur en scène.
C’est ce que faisait Jacques Fesch dans sa prison quand il méditait l’Evangile de l’enfance :  » Le soir s’avance, j’ai récité ma prière du soir et maintenant je vais aller un peu lire la Bible. Ensuite j’essaierai de méditer l’Evangile. J’en suis à la fuite en Egypte, après avoir saboté les Rois Mages. D’habitude je commence et je vois la Sainte Vierge assise sur un petit âne qui trotte au milieu des palmiers et puis pfft… je me retrouve à Paris et repense à autre chose. Je ramène ma pensée sur le petit âne et repfft… me voilà reparti ailleurs. Je n’arrive pas à faire arriver la Sainte Vierge en Egypte et depuis le temps elle aurait eu l’occasion de faire trois fois le voyage « .
Ce n’est pas anormal, les distractions. Cela se discipline petit à petit.
Après la rumination-réflexion, aidée par l’imagination, c’est le moment de laisser le cœur s’exprimer, dans un dialogue personnel de l’âme avec son Seigneur.
Enfin l’on ne peut sortir indemne, et cela débouche sur une application pratique, une résolution.

Seigneur, apprenez-moi à écarter les parasites pour capter vos messages. Apprenez-moi à lire votre grand message, l’Evangile, en me plaçant d’abord dans le Temple, c’est-à-dire dans l’enseignement et la Tradition de l’Eglise.
Alors, nourri et modelé par cette rumination, je serai disposé à entendre vos autres messages plus personnels, et je pourrai répondre à votre volonté : OUI, Fiat. Qu’il me soit fait selon votre Parole.

Sermon de M. l’abbé Cayla disponibles sur le site http://brethencourt.free.fr/

 

Bonjour tout le monde !

Classé dans : Non classé — 25 mars, 2008 @ 9:31

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