Deo Gratias

Pour connaître et aimer

Qui cherche la vérité

Classé dans : Education et apostolat,Philosophie — 16 février, 2011 @ 1:45

Qui cherche la vérité trouvera Dieu.

Elisabeth Leseur (1866-1914), Journal et pensées de chaque jour 

Pessimisme et optimisme

Il y a une méthode de vie et de pensée que j’appellerai négative ; une autre que j’appellerai active. La première consiste à voir toujours ce qu’il y a de défectueux dans les hommes et les institutions, moins pour y remédier que pour avoir l’occasion d’en triompher ; à porter sans cesse ses regards en arrière et à chercher de préférence ce qui sépare et désunit.

La seconde consiste à regarder joyeusement en face la vie et les devoirs qu’elle impose, à chercher dans chaque être ce qu’il y a de bon pour le développer et le cultiver, à ne jamais désespérer de l’avenir, fruit de notre volonté ; à ressentir pour les fautes et les misères humaines cette compassion vaillante, qui produit l’action et ne nous permet plus la vie inutile.

Elisabeth Leseur (1866-1914), Journal et pensées de chaque jour

Pour être vaillant

Classé dans : Morale,Souffrance — 29 décembre, 2010 @ 1:37

Le monde est inhabile à deviner les âmes ; il ne sait pas pénétrer au-delà de cette enveloppe dont notre moi le plus intime est entouré. Ce qu’il y a en nous d’invinciblement fort, de pur et de vrai, n’est vu dans l’intimité de la conscience que par Celui qui vit en nous et nous juge avec plus de justice et d’amour que ne peuvent le faire les hommes. Quel motif d’être vaillant, fidèle dans la vie de chaque jour ! Rien ne se perd aux yeux de l’Hôte éternel, et, loi non moins certaine, le moindre de nos actes a une répercussion profonde sur d’autres âmes.

Elisabeth Leseur (1866-1914), Journal et pensées de chaque jour 

Les psaumes, un remède universel

Classé dans : La prière — 27 décembre, 2010 @ 11:25

C’est l’excellence propre des psaumes d’être comme le remède universel des âmes. Quiconque les lit y trouve le baume spécialement propre à sa guérison. On croirait en vérité qu’ils ont gardé la vertu de chasser le méchant esprit, comme la possédait le psalmiste quand il jouait de la harpe en présence de Saül.

Saint Ambroise

Pour devenir saint, la seule pénitence demandée, c’est…

Classé dans : Anecdotes et histoires,Morale — 25 décembre, 2010 @ 11:21

Alors il lui  fut (à Saint Dominique Savio)absolument interdit de se livrer à n’importe quelle mortification, sans en avoir demandé d’abord la permission expresse. Il se soumit, avec peine d’ailleurs, à cet ordre formel. Je l’ai rencontré un jour, tout triste, qui s’écriait : 

« Pauvre de moi ! Je suis bien ennuyé. Le Christ me dit que, si je ne fais pas pénitence, je n’entrerai pas au Paradis, et à moi, on me le défend. Qu’est-ce que va être mon Paradis ? 

-          La pénitence que le Seigneur te demande, lui dis-je, c’est d’obéir. Obéis, et pour toi, ça suffira. 

-          Vous ne pourriez pas me permettre de faire d’autres pénitences ? 

-          Si, on te permet de faire pénitence en supportant les injures à l’occasion, en endurant patiemment le chaud, le froid, le vent, la pluie, la fatigue et tous les embarras de santé qu’il plaira à Dieu de t’envoyer. 

-          Mais cela, on le souffre par force. 

-          Ce que tu devrais souffrir par force, offre-le à Dieu. Cela se transformera en vertu et en mérite pour ton âme. 

A ces mots, content et résigné, Dominique s’en fut tranquillisé. 

Rien de tel que de raconter des histoires pour enseigner le catéchisme

Classé dans : Anecdotes et histoires,Education et apostolat,Instruction religieuse — 15 décembre, 2010 @ 11:18

Saint Dominique Savio disait, enfant:

« Dès que je serai clerc, j’irai à Mondonio, je rassemblerai tous les enfants sous un hangar et je leur ferai le catéchisme, je leur raconterai des tas d’histoires et je ferai de tous des saints. Combien de pauvres enfants vont peut-être se perdre, faute de quelqu’un pour leur enseigner la foi ! » 

On reconnaît ceux dans lesquels le Christ habite

Classé dans : Education et apostolat — 27 novembre, 2010 @ 10:56

« Je constate aussi qu’avec l’amour, la connaissance des êtres et des choses augmente en proportion. On dirait que l’amour du Christ qui habite en nous se plaît à reconnaitre son amour dans les autres âmes où il demeure. Une sorte d’inclination, de vision presque, nous pousse vers ceux-là, et leur âme nous apparaît plus visible, plus palpable et nous les en aimons encore plus. »

Jacques Fesch Dans 5 heures je verrai Jésus

Vie d’apostolat

Classé dans : Education et apostolat — 10 novembre, 2010 @ 1:27

« La vie d’apostolat par la charité n’est-elle pas la vie même que Notre-Seigneur a voulu mener ? Voyez, il n’a point pratiqué d’austérités sensationnelles, Il vivait de la vie de tout le monde, acceptait d’être invité aux repas de noces, était reçu chez les Publicains et chez les pharisiens… Or, vivre comme le Christ a vécu, n’est-ce point, pour un prêtre, le chemin de la perfection ?… La charité est la reine des vertus… Nous avons choisi la meilleure part, ou plutôt le Bon Dieu l’a choisie pour nous, et nous devons l’en remercier avec effusion ». Bx Père Brottier

Dans le dialogue avec l’islam : le tabou levé ou le silence récidivé  ?

Classé dans : Vies de saints — 29 octobre, 2010 @ 8:34

 À l’occasion du Colloque de l’AED sur l’Islam aux Bernardins, et surtout suite aux massacres des coptes la nuit de Noël en Égypte, comment ne pas nous poser quelques questions cruciales  ? Dans le dialogue – tellement actuel, urgent, indispensable – avec des représentants de la maison de l’Islam, est-on suffisamment vrai, franc, et j’oserais dire simplement honnête, en abordant avec eux le fait massif, incontournable des persécutions sournoises, mais le plus souvent violentes des chrétiens, toutes Églises, communautés ecclésiales confondues.

Une réalité massive incontournable.

Du Nigéria et de l’Algérie à l’Indonésie, via Pakistan, Iran, Irak, Arabie Saoudite, Égypte, et jusqu’en Érythrée, Kirghizistan, Maldives, sur 54 pays recensés comme ne respectant pas les droits de l’homme quant à la liberté religieuse, 37 sont islamiques, soit plus de 2/3  ! [1] Ce ne sont plus des faits isolés. Ils ont lieu dans ces 37 pays où l’Islam est au pouvoir, même quand la charia n’est pas (encore  ?) la loi fondamentale du pays, et parfois, dans des pays où seule une zone est islamisée.

Ne peut-on leur appliquer le mot de Soljénitsyne du temps où l’empire soviétique couvrait 1/3 du globe terrestre, et où l’on parlait du « communisme à visage humain »  : « Je vous mets au défi de trouver un seul pays où le communisme est au pouvoir et qui respecte les droits de l’homme. »

C’est trop facile de dire qu’il ne s’agit que de faits divers ponctuels, dus à des groupuscules fondamentalistes. C’est beaucoup trop massif et généralisé pour cela. Ce sont souvent des foules entières, toute une population locale, qui se met à battre, à brûler, à piller et tuer, comme on l’a vu en juillet à Gujrât (Pakistan). Et quand une pauvre fille chrétienne est violée [2], sinon lynchée, la police n’intervient pas. (sauf battage médiatique international, et encore  !)

Sans parler de l’hémorragie massive des chrétiens de tous les pays du proche et du moyen Orient  : ces chrétiens dont c’était la terre d’origine, maintenant en diaspora. Et cela par centaines de milliers, si l’on chiffre les dernières décennies. [3]

A-t-on le courage de se poser la question  : mais à cause de quoi  ? de qui  ? Qui donc leur rend la vie intolérable à ce point  ? Le plus intolérable est que les violences antichrétiennes sont souvent faites explicitement « au nom d’Allah ». Combien de meurtres commis en criant « Allah o akbar  ! (Dieu est grand) » comme pour le Père Andrea Santoro  ? Quel visage de Dieu donnent–ils au monde  ?

Autre conséquence dramatique  : cette intolérance absolue suscite de telles réactions de peur – parfaitement justifiées – que le citoyen lambda d’un pays essayant de respecter les droits de l’homme, risque de mettre tous les musulmans dans le même sac et du même coup, de se fermer à tout ce qu’un Islam ouvert et modéré dans ses grandes et belles valeurs peut nous apporter. (Avant tout le sens fort de cette Transcendance de Dieu, que nos chrétiens occidentaux ont tant perdu, perte qui les empêche de saisir l’inouï d’un Dieu zygote, et de s’en émerveiller.)

Beaucoup de musulmans réprouvent cette violence. Ils s’en sentent humiliés [4], mais pas un n’ose l’exprimer publiquement, peur d’encourir une fatwa et de subir de terribles représailles. Pourquoi donc, jamais, à ma connaissance, une parole de réprobation publique d’une quelconque autorité islamique (El’Azar, etc.)  ? Encore moins de repentance… Finalement, quoi qu’on en dise, cette christianophobie violente, agressive, déchaînée parfois, serait-elle quelque part inscrite dans les gènes de l’Islam  ? Voici plus de 25 ans en 1983, dans mon ouvrage analysant la situation des différents terrains d’évangélisation (Monde d’orphelins, peuple de témoins), j’avais diagnostiqué que le monde de l’Islam prenait la relève de la persécution communiste. Hélas, je ne croyais pas si bien dire. Dans nos dialogues avec eux, leur posons-nous simplement la question  : pourquoi, vous qui avez un sens si aigu et une tradition si continue de l’hospitalité (une vraie leçon pour nous), tolérez-vous de telles discriminations à tous les échelons de la vie sociale, depuis – déjà – les enfants au primaire  ?

Vous qui invoquez avec tant de fidélité le Très Miséricordieux, qui en faites même le Nom par excellence de Dieu, comment acceptez-vous des attitudes qui sont le contraire même de la Miséricorde  ? À vos frères, qui, librement, ont suivi leur conscience et ont mis leur pas dans ceux de Jésus, pourquoi ne leur pardonnez-vous pas ce « pire des crimes »  ? Vous qui avez un sens si fort de la justice, pourquoi les condamnez-vous à mort, sans le moindre jugement, sinon des simulacres  ? Vous qui avez un si bel amour de la famille (et que nous avons bien besoin de recevoir de vous), pourquoi consentez-vous à la vengeance sur les membres innocents de leur famille  ? Vous qui êtes heureux qu’on vous laisse construire toutes les mosquées que vous désirez, et à qui nous donnons même quelques-unes de nos églises, pourquoi nos frères chrétiens ne peuvent avoir aucune église dans certains pays de votre « maison », et doivent-ils se cacher comme des criminels pour simplement prier  ?

Vous qui avez une telle crainte du jugement final du Très Haut, n’avez-vous pas peur d’avoir des comptes à rendre pour ces femmes violées, ces filles lynchées, ces moines décapités, ces jeunes battus à mort, pour le seul crime de croire en Dieu autrement que vous  ?

Tous ces drames touchant leurs biens, leurs familles, leur chair, leur vie même, se vit chaque jour dans l’indifférence diplomatique, si ce n’est un négationnisme politique général dans le reste du monde. Ce semble un sujet tabou dans nos médias (peur de représailles  ?), sauf quand l’affaire est trop spectaculaire et que des ONG (Amnesty, Human rights watch, etc.) tirent l’alarme. Et même alors, l’affaire est vite étouffée, oubliée. Que le grand public de pays sécularisés ne s’en inquiète guère, cela s’explique, mais que nous, baptisés, nous nous taisions – alors qu’il s’agit de nos frères de chair et de sang, ceux du Christ – c’est proprement inadmissible.

Raphaël Delpart nous rappelle à l’ordre  : « Rester silencieux, c’est accepter le crime comme une sorte de fatalité. Prenons garde que cette fatalité nous entraîne nous, à notre tour, vers l’effacement de nous-mêmes. Les chrétiens persécutés sont loin de notre regard pensons-nous, pour justifier notre inaction. Quelle erreur  ! Ils vivent à deux heures à peine du lieu de notre confort » (p 254)

Nous ne pouvons plus jouer à la politique de l’autruche. Nous ne pourrons pas dire plus tard, sans mentir  : « Nous ne savions pas. Personne ne nous en a parlé ! » [5] Réussiront-ils  ? Tous les catholiques devraient en avoir lu au moins un. Combien de pasteurs en parlent  ?

Nous devrions tous pouvoir dire le mot d’Elie Wiesel  : « Je ne lutte pas contre le mal, mais contre l’indifférence au mal. » Ou celui d’Einstein  : « Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font du mal mais par ceux qui les regardent sans rien faire. »

Delpart lâche  : « En France, les évêques sont muets. Leur silence renvoie à un autre silence, fort, sombre, de notre Histoire… » (p.17), faisant allusion à la seconde guerre mondiale.

Mais il aurait pu évoquer le black-out total de l’épiscopat français sur la persécution communiste, pendant des années. Devant celle des nazis, quelques grandes voix de l’épiscopat français ont crié, au risque de leur vie, sauvant ainsi l’honneur de l’Église de France. Face à la persécution communiste, combien furent-ils à en avoir le courage, disons simplement le fair-play  ?

Une conspiration du silence  ? Inconscience ou lâcheté  ?

Voici dix ans, j’ai réalisé une étude documentée sur cette « conspiration du silence » dans l’Église catholique en France, en ses instances officielles, face à la persécution communiste dans les pays d’Europe de l’Est (à notre porte  !), comme en Asie. [6]

Les conclusions sont accablantes, et honteuses pour nous. C’était un sujet tabou, car il ne fallait pas porter ombrage à la politique de la « main tendue » ou de l’Ostpolitik. Il a fallu Jean-Paul II pour nous arracher, avec grand peine, à ce silence assourdissant (cf  : son discours aux évêques, à Issy, et celui de Lourdes, le 15.08.83 )

Que je sache, pas une parole publique d’un évêque français pendant ces décennies, où s’écrivait le plus terrible des martyrologes de l’histoire de l’Église. Même après les insurrections de Budapest et de Prague. Tant de prêtres et d’évêques là-bas m’ont avoué leur douloureuse déception devant cette cruelle (apparente) indifférence, et leur stupeur scandalisée devant nos flirts avec le parti même qui les torturait en prison, ou les expédiait au goulag.. Pas un évêque de chez nous n’a encore eu le courage de leur demander un pardon public. [7]

Le seul qui l’ait fait courageusement  : le cardinal Schönborn lors du Synode sur l’Europe en 1999, ovationné par les évêques de l’Est. Pourtant au contraire de la France, l’Église en Autriche, y était très sensible et s’est dépensée sans compter pour soutenir leurs frères persécutés, à leurs frontières.

Eh bien  ! j’ose poser la question politiquement, ecclésialement très incorrecte  : ne recommençons–nous pas, avec la persécution islamique  ? Voici quatre ans, un document de la Conférence épiscopale, remarquable par ailleurs, validé par l’Assemblée plénière à Lourdes, abordait tous les aspects du dialogue. Je n’y ai pas trouvé une allusion à cette violence islamique anti-chrétienne.

Sans même parler de la question de la réciprocité par rapport aux lieux de culte, ces millions de chrétiens, entre autres libanais et philippins en Arabie Saoudite, ne pouvant disposer d’aucune chapelle, les rarissimes prêtres célébrant en totale clandestinité à leurs risques et périls. [8]

Il ne faudrait pas que dans 10 ans, lorsque les faits éclateront au grand jour, ces frères qui donnent leur vie plutôt que de renier leur foi, nous reprochent à leur tour notre indifférence coupable, notre lâcheté, osons le mot  : notre couardise. Je voudrais éviter à l’Église de France, cette tache sur son Visage d’épouse du Christ.

Que peut donner un dialogue d’intellectuels – ne représentant souvent qu’eux-mêmes, du côté musulman – sans ce minimum de clarté, d’honnêteté, de vérité  ? Cette vérité dont Benoît XVI ne cesse de nous dire qu’elle est inséparable de la Charité  : caritas con-gaudet veritati. Occulter la vérité, c’est renier la charité. [9]

Je pense à Robert Redeker, professeur de philosophie à Toulouse obligé de se cacher parce qu’a été lancée contre lui une fatwa, le menaçant de mort. Cela en France  ! Pourquoi  ? Parce qu’il a osé avouer dans une tribune du Figaro (17.7.06) que finalement, il préférait le Christianisme à l’Islam. Comment dans le pays dit des droits de l’homme, qui tient à la liberté de pensée, d’expression et de presse, comme à la prunelle de ses yeux, peut-on laisser un tel terrorisme nous paralyser  ? J’en tremble pour demain. Vais-je aussi être la cible d’une fatwa, parce que j’ose dire en public que je préfère Jésus à un prophète qui, aussi grand soit-il par ailleurs, a finalement ordonné des massacres. Et que je préfère l’Église et son exigence de pardon et de respect de la liberté de la femme dans le mariage, à une religion qui ordonne la lapidation des adultères (femmes, bien entendu, jamais les hommes) Pour avoir osé l’insinuer délicatement à des jeunes musulmans, le Père Andréa Santoro a été tué. [10]Pendant des siècles, l’Église s’est battue pour protéger et promouvoir la liberté de la femme, particulièrement quant au mariage, vu comme une condition sine qua non de validité. Comment au moins ne pas soulever la question de son statut en terre d’Islam  ? L’assemblée nationale algérienne a adopté en 1984, un code de la famille qui réduit les femmes au rang de personnes mineures (Henri Quinson, Moine des cités, éd. Nouvelle Cité, p 155). Par ailleurs, y aurait-il un rapprochement à faire entre les visages que voile la burqa, et ces visages (pas d’autres parties du corps), défigurés par l’acide lancé par leurs maris ou leurs pères, presque pour des bagatelles, au Pakistan. Des centaines recensées chaque année, mais vu la terreur d’en parler, sans doute bien davantage.

Ou parce que je donne en exemple mon ami Maroun (18 ans) qui lorsqu’on lui ordonne de marcher et de cracher sur une croix en disant  : « Jésus n’est qu’un prophète », a pris la croix dans ses mains  : « Tu es mon Dieu  ! » Tué sur le champ. Cela à 3 heures de vol de Paris, en 1983.

Une urgence  : pour nous stimuler, offrir nos martyrs en exemple.

À ce propos, que faisons-nous pour faire connaître ces admirables exemples de baptisés (encore une fois de toutes dénominations chrétiennes) préférant les pires tortures, souvent jusqu’à ce que mort s’en suive, au mieux la prison à perpétuité, si ce n’est l’exil, ainsi que toutes les représailles sur leur famille, tout cela plutôt que de renier leur Seigneur Jésus.

Comment, sans hypocrisie, fêter liturgiquement nos grands martyrs d’hier, ignorant sciemment ceux d’aujourd’hui – nos propres contemporains – alors que leurs souffrances  ; courage et amour sont bien dignes de leurs prédécesseurs sur ce chemin de Golgotha. Je pense à ces héroïques professions de foi, lors de parodies de procès au risque et parfois au prix de la mort. Des credo signés de leur sang.

Combien d’évêques et de prêtres les offrent en exemple, pour stimuler, tonifier notre foi chancelante  ?

Pourquoi faut-il que nos frères des Églises évangéliques soient plus sensibles à ce drame vécu par nos propres frères ? N’ont-il donc pas la priorité  : « Tant que nous en avons l’occasion, pratiquons le bien à l’égard de tous, et surtout de nos frères dans la foi » (Ga  6,10).

Si l’on évoque le témoignage de ces frères dans la Foi, il va de soi qu’il faut préciser immédiatement que l’ensemble des musulmans en sont innocents, et même réprouveraient cette violence, s’ils en avaient connaissance. Préciser surtout que notre pardon est accordé aux meurtriers, comme les victimes au Ciel – car ce sont de véritables martyrs – au sens strict du terme – le demandent au Seigneur  ?

Je me pose souvent cette question  : si pendant le dernier demi-siècle, nos pasteurs avaient fait connaître à leur peuple les témoignages bouleversants des nombreux et héroïques martyrs du Christ, leurs contemporains et « compatriotes » européens, la ferveur de nos baptisés n’aurait –elle pas été stimulée, et peut-être ralenti l’effondrement (collapse) si rapide de la Foi en France  ? Et plus particulièrement si on avait fait connaître l’héroïsme des pasteurs des courageuses Églises gréco-catholiques préférant prison, tortures et même meurtre plutôt que de se détacher de Rome, de renier Pierre, est-ce qu’une partie de notre clergé et de la soi-disant intelligentsia catholique française auraient osé leurs critiques acerbes du pape, avec leur complexe anti-romain primaire  ? Peut-être auraient-ils fini par comprendre que leur arrogance vis-à-vis de Pierre était la pire des gifles infligée à leurs propres frères catholiques versant leur sang pour leur seule fidélité au Pape. Peut–être…

Aujourd’hui encore, quand un martyr du communisme est béatifié (les Stépinac, Apor, les martyrs d’Ukraine, latins et byzantins, Jerzy Popielusszko, etc.), c’est encore un quasi silence d’indifférence chez nous. Alors que ce serait l’occasion de faire briller ces scintillantes étoiles, dans cette ténébreuse période de notre histoire. Et quand les Midzenty, Popieluszko, Ghyka, Hossu, Todea, ceux d’Albanie le seront bientôt, les ferons-nous connaître et aimer  ?

Je dis tout cela pour éviter de récidiver. Pour conscientiser notre peuple sur cette tragédie atteignant le cœur même de notre Église. En ce moment même. Oui, en notre propre génération. La béatification d’un Andrea Santoro, de Mgr Claverie et des 7 moines de Tibhirine, ouvrira-t-elle enfin nos lèvres et d’abord nos yeux  ?

Notes

[1] Pas un mois ne se passe sans que j’en reçoive des news accablantes (via AEM, AED, Portes Ouvertes…)

[2] « Le viol dans les pays où l’Islam est la religion d’État, n’est pas considéré comme un délit. En certains pays, le viol de chrétiennes « est aussi une façon d’amener des femmes vers l’Islam  : une femme violée par un musulman est souvent contrainte, ensuite, de se marier avec un musulman qui lui rappellera toute sa vie qu’elle fut une femme sale ». (Delpart, La persécution des chrétiens aujourd’hui dans le monde, Lafon, pp 48-53). En ces cas, les violeurs sont toujours acquittés, les victimes ou ceux qui tentent de les défendre, sont condamnés.

[3] Voir Annie Laurent, Les chrétiens d’Orient vont–ils disparaître  ? (De Guibert), S. de Courtois, Le génocide oublié, (Ellipse), Catherine Dupeyron, Chrétiens en Terre Sainte, disparition ou mutation  ? (Albin Michel)  ; J. Yacoub, Les chrétiens d’Orient entre Jihad et dhimmitude (Godefroy), Magdi Zaki, Dhimmitude ou l’oppression des chrétiens d’Égypte, (L’Harmattan). Mais déjà, l’étude très fouillée de J.P. Valognes  : Vie et mort des Chrétiens d’Orient (Fayard).

[4] Le cas d’une de mes amies musulmanes.

[5] Plusieurs livres récents tentent de secouer notre apathie et notre insouciance. Raphaël Delpart (se disant athée)  : op.cit. Les ¾ de cette enquête concerne les pays islamiques  ; René Guitton, Ces chrétiens qu’on assassine, Flammarion (16 chapitres sur 22 concernent l’Islam)  ; Thomas Grimaux, Le livre noir des nouvelles persécutions chrétiennes, éd. Faure, et Persécutions chrétiennes dans le monde.

[6] Voir  : Philippe Chenaux, l’Église Catholique en Europe, Cerf, 2009. Et déjà  : Jean Bourdarias, Les évêques de France et le marxisme, histoire d’une connivence, Fayard.

[7] Le cardinal Decourtray avait eu le courage de parler de « connivences » avec le parti communiste, ce qui avait suscité un tel tollé qu’il avait dû se rétracter.

[8] (8) Si ce n’est aux cimetières, comme au Kirghizistan où d’un côté, l’administration refuse qu’un non musulman soit enterré au cimetière et de l’autre, les imams lancent des fatwa contre toute personne qui louerait une parcelle pour les enterrer  ! (Delpart p 247).

Père Daniel Ange

Paru dans la revue France Catholique du vendredi 15 janvier 2010


Classé dans : Non classé — 29 octobre, 2010 @ 8:03

III Les premières persécutions 

Après avoir été persécutés par les juifs, les chrétiens furent persécutés par les Romains qui adoraient de faux dieux. Ils vont persécuter l’Eglise pendant trois siècles, mais l’Eglise en sortira plus forte que jamais. 

A. Causes 

- Rome avait conclu un accord avec les juifs qui avaient la liberté de culte, (ils pouvaient vivre selon les coutumes de leurs ancêtres, ils avaient le droit d’avoir leur propres police et tribunaux, ils étaient dispensés du service militaire et des sacrifices offerts aux divinités païennes) mais pour les chrétiens, il n’y a pas eu d’accord.  - Il y avait de grandes différences entre les moeurs et la religion des païens et celles des chrétiens. 

- Le Dieu des chrétiens était bien perçu comme le Dieu de tout le monde, et les chrétiens étaient vus comme des éléments subversifs. - Le christianisme prêche la liberté de l’homme, même des esclaves (les papes Pie (140-155?) et Callixte (217-222) sont d’anciens esclaves) 

- Dans les chrétiens, on trouve aussi bien des esclaves, des artisans et des familles aisées, voire aristocratiques. (Sainte Perpétue était une matrone). 

On calom­nia les chrétiens en disant : -          qu’ils s’adonnaient à la magie car ils chassaient les démons, les Ecritures étaient considérés comme des livres de magie ; 

-          qu’ils tuaient des enfants,  -          qu’ils n’adorent pas les dieux romains (athéisme),  

-          qu’ils n’adorent pas l’Empereur divinisé ( au II ème siècle) : ce n’est pas que c’est obligé de brûler un peu d’encens devant l’image de l’Empereur, c’est que cela montre qu’on est chrétien.  En fait on ne les persécutaient pas pour ce qu’ils faisaient mais pour ce qu’ils étaient (puisque sous Trajan les apostats sont graciés, c’est bien qu’on ne leur reprochait pas un crime en particulier). 

B. Le déroulement d’un procès                                                                                                                 

-          L’arrestation: Les chrétiens étaient dénoncés (Saint Polycarpe) par malveillance ou vengeance, mouvement populaire. Certains se présentaient eux-mêmes. Mais parfois, des fanfarons (Quintus à Smyrne) s’offraient volontairement et apostasiaient à la vue des bêtes! D’autres fois, des faibles finissaient par mourir courageusement. 

D’autres fuient, par faiblesse, ou, lorsqu’ils sont ministres du culte, pour revenir à la fin de la persécution. 

-          La détention On allait en prison seulement avant d’être jugé. La prison était infecte, sans lumière. La promiscuité était pénible. On y avait faim et soif. “Le lieu le plus obscur et le plus pénible”selon les chrétiens de Lyon. Perpétue y entra en frissonnant, le vieillard saint Pothin y mourut asphyxié. 

“Vous habitez un séjour ténébreux, mais vous êtes vous-mêmes une lumière. Des liens vous enchainent, mais vous êtes libres pour Dieu. Vous respirez un air infect, mais vous êtes un parfum de suavité” Tertullien (Ad martyres, 2) Au seuil de l’épreuve, les chrétiens se fortifiaient par le réconfort mutuel, la prière et l’Eucharistie: 

« Je vous recommanderai avant tout, bienheureux confesseurs, de ne pas «contrister l’Esprit saint » qui est entré avec vous dans la prison. S’il n’y était pas entré avec vous, certainement vous n’y seriez pas enfermés aujourd’hui. Travaillez donc à ce qu’il demeure toujours avec vous, afin que de là il vous conduise au Seigneur. » Tertullien (Ad martyres) Soyons prêts et armés pour le combat… Ne laissons pas nus et sans défense ceux que nous encourageons à la lutte; munissons-les par la protection du Corps et du Sang de Jésus-Christ.” Saint Cyprien. 

-          L’interrogatoire 

Le seul chef d’accusation était le fait de professer le christianisme. On interrge le chrétien dans un endroit public, sans témoins ni avocats. (Le chrétien ne pouvait se défendre qu’en apostasiant). Le public pouvait intervenir pour menacer, se moquer, pleurer, car le martyr excite alors la passion ou la pitié. Le martyr “cherche à instuire et convaincre ses juges” (dit Saint Clément d’Alexandrie) 

Le martyre de Saint Polycarpe. Disciple de saint Jean, Polycarpe fut le maître de saint Irénée qui devint évêque de Lyon, au IIème siècle. Au moment de son martyre, il avait 86 ans. 

« À l’entrée de ce saint vieillard dans l’amphithéâtre, tous les chrétiens présents entendirent une voix mystérieuse qui lui disait : « Courage, Polycarpe, combats en homme de cœur ! » Le proconsul lui demanda : 

« Es-tu Polycarpe ? - Oui, je le suis. 

- Aie pitié de tes cheveux blancs, maudis le Christ, et tu seras libre. - Il y a quatre-vingt-six ans que je Le sers et Il ne m’a fait que du bien; comment pourrais-je Le maudire ? Il est mon Créateur, mon Roi et mon Sauveur. 

- Sais-tu que j’ai des lions et des ours tout prêts à te dévorer ? - Fais-les venir ! 

- Puisque tu te moques des bêtes féroces, je te ferai brûler. - Tu me menaces du feu, répond Polycarpe, qui brûle en l’espace d’une heure et s’éteint ensuite, ignores-tu quel est le feu du jugement futur et de l’éternel châtiment, qui est réservé aux impies? Mais pourquoi attendre? Prononce la peine que tu voudras. Fais venir tes bêtes, allume le feu, je suis prêt à tout. » 

De toutes parts, dans l’amphithéâtre, la foule sanguinaire s’écrie : « Il est digne de mort. Polycarpe aux lions ! » Mais les combats des bêtes féroces étaient achevés ; on arrêta qu’il serait brûlé vif. Comme les bourreaux se préparaient à l’attacher sur le bûcher, il leur dit : « C’est inutile, laissez-moi libre, le Ciel m’aidera. » Le Saint lève les yeux au Ciel et prie. Tout à coup la flamme l’environne et s’élève par-dessus sa tête, mais sans lui faire aucun mal, pendant qu’un parfum délicieux embaume les spectateurs. À cette vue, les bourreaux lui percent le cœur avec une épée. C’était le 25 avril 167.[] »

(Martyrium Sancti Polycarpi dans Analecta Bollandiana, VIII, 6, 8.) 

Parfois, il y a des conversions : le philosophe Justin dit: “les voyant intrépides devant la mort et de ce que tous les hommes redoutent, je me disais qu’il était impossible qu’ils vécussent dans le mal et la débauche”. 

-          Les tortures Pour éviter qu’il y ait trop de sentences capitales, on poussait le chrétien à maudire le Christ, à brûler de l’encens devant les statues des dieux ou de l’empereur. 

Comme moyen, on utilisait les menaces, puis les tortures (flagellation, chevalet, tenailles, chaise de fer rougi), pendant lesquelles les chrétiens priaient.  Le martyr disait : “A moi, Christ” “Garde mon âme” “Fils de Dieu, au secours”. 

-          La sentence et les supplices  On pouvait être exilé (pour les notables), décapité (pour les citoyens romains surtout à la fin des persécutions pour aller plus vite), condamné aux travaux forcés dans les carrières de pierre et de marbre, au bûcher pour les gens de condition inférieure, ou à l’exposition aux bêtes féroces : lions, tigres, ours, sangliers, taureaux excités. Ce supplice était réclamé par la foule : “les chrétiens aux lions”! On pouvait aussi être condamné à la Croix, peine la plus vile. 

C. Les persécutions des Ier et IIème siècles 

L’intensité et la durée des persécutions dépendent des régions et des empereurs.  

- La première persécution eut lieu sous Néron, den 64 à 68. Il fixa la législation : “il n’est pas permis d’être chrétien”. Principales victimes : Saint Pierre crucifié la tête en bas, saint Paul décapité. 

- Domitien ressucite l’édit de Néron, la persécution recommence en 94. Le chef d’accusation est l’athéisme. Il s’en prend surtout aux aristocrates et aux intellectuels (il craignait, comme Hérode, les complots et le royaume rival du Christ). C’est là que Saint Jean a été plongé dans l’huile bouillante, exilé à Patmos, puis il retourne à Ephèse. 

- La troisième eut lieu sous Trajan, qui est pourtant un bon empereur par ailleurs : Le peuple dénonce systématiquement les chrétiens, de manière anonyme. Pline le Jeune est perplexe sur la procédure, alors Trajan publie un rescrit en 112 [Un rescrit : réponse de l’empereur aux questions des gouverneurs de provinces sur des difficultés à résoudre.] 

“Mon cher Pline, tu as suivi la conduite qui convenait dans l’examen des causes de ceux qui t’avaient été dénoncés comme chrétiens. Car on ne peut instituer de règle générale. Il n’y a pas à les poursuivre d’office. S’ils sont dénoncés et convaincus, il faut les condamner, mais avec la restriction suivante : celui qui aura nié être chrétien et en aura donné, par le fait même, la preuve manifeste en sacrifiant à nos dieux, qu’il obtienne son pardon comme prix de son repentir, même s’il a été suspect dans le passé. Quant aux dénonciations anonymes, elles ne doivent jouer aucun rôle, dans quelque accusation que ce soit. C’est un procédé d’un détestable exemple et qui n’est plus de notre temps. » (Pline, lettres, X, 98-97)  

Il ne faut pas rechercher systématiquement les chrétiens, mais s’ils sont dénoncés et convaincus d’être chrétiens, il faut les punir. Ceux qui nient être chrétiens ou apostasient sont graciés. Il ne convient pas de recevoir des dénonciations anonymes. 

Tertullien montre que ce n’est pas logique : “Le chrétien est punissable non parce qu’il est coupable, mais parce qu’il est découvert, bien qu’on eût pas du le rechercher!”  Du coup, pendant tout le second siècle, le peuple joue un grand rôle dans la persécution. 

Principales victimes : saint Ignace, évêque d’Antioche, qui écrivait dans sa Lettre aux Romains« Je suis le froment du Seigneur, il faut que je sois moulu par la dent des bêtes afin de devenir le pur pain du Christ… Priez pour que je sois l’hostie de Dieu. » 

Saint Clément, troisième pape, qui, exilé, exhortait deux mille chrétiens dans des mines de marbres, et convertissait, condamné à être jeté dans la mer, une ancre au cou ; saint Siméon, deu­xième évêque de Jérusalem qui meurt sur une croix. 

Hadrien (qui publie lui aussi un rescrit en 124 dans lequel il est dit que le dénonciateur doit prouver le christianisme de la personne qu’il dénonce) et Antonin le Pieux s’en tiennent au rescrit de Trajan. Principales victimes : les papes, Saint Polycarpe 

- La quatrième persécution fut exécutée sous Marc-Aurèle (177-180), qui est pourtant philosophe. Principales victimes: Sainte Félicité et ses sept enfants, Sainte Cécile. En 177, à Lyon furent martyrisés saint Pothin âgé de 80 ans et environ cinquante fidèles, parmi lesquels sainte Blandine. 

                                                                                                                                                                 Lettre sur les martyrs de Lyon. 

Voici un extrait de la Lettre qu’on a dénommée plus tard Lettre des martyrs de Lyon à leurs frères d’Asie Mineure. C’est le plus ancien document authentique sur les débuts du christianisme en Gaule. Les futurs martyrs sont dans les arènes de Lyon; une foule immense est sur les gradins. “ … Le diacre Sanctus endurait avec une force surhumaine tous les supplices que les bourreaux pouvaient inventer… A toutes les questions il répondait en latin « Je suis chrétien. » On ne put tirer de lui aucune autre réponse. Cela suffit à enflammer la rage du proconsul et des bour­reaux. 

N’ayant plus d’autre tourment à leur disposition, ils lui appliquèrent des lames ardentes aux endroits les plus sensibles du corps. Mais tandis que ses membres rôtissaient, son âme n’était pas entamée il persistait dans sa confession comme s’il eut été baigné par la source céleste d’eau vive qui jaillit du corps du Christ… Maturus et Sanctus subirent de nouveau toute la série des supplices, comme s’ils n’avaient rien souffert auparavant. Ils eurent donc à endurer les mêmes atrocités qu’ils avaient déjà supportées les coups de fouet, les morsures des bêtes qui les traînaient sur le sable de l’arène et tout ce (lue le caprice d’une foule insensée réclamait par ses cris. 

Puis on les assit sur la chaise de fer rougi et, tandis que les membres brûlaient, l’éceeurante fumée de la chair rôtie remplit l’amphithéâtre. Loin de s’apaiser, la fureur ne faisait que s’enflammer davantage; on vou­lait triompher quand même de la constance des martyrs. Cependant on ne put faire dire à Sanctus une seule parole, sinon celle qu’il n’avait cessé de redire depuis le commencement : je suis chrétien. Pour en finir on coupa la gorge aux deux martyrs qui respiraient encore. 

Blandine, pendant ce temps, était suspendue à un poteau et exposée aux bêtes; aucune bête ne la toucha. On la détacha donc du poteau et on la ramena en prison pour une autre séance. Le dernier jour des spectacles, on fit paraître Blandine et le jeune Ponticus, âgé de 15 ans. Tous les jours précédents, on les avait conduits à l’amphithéâtre afin de leur faire voir les tortures de leurs frères… on leur lit subir les tourments les plus cruels et à chaque épreuve on tâchait de les faire abjurer. Mais inutilement; Ponticus mourut. 

Il ne restait plus que Blandine. Après avoir souffert le fouet, les bêtes, la chaise de fer, elle fut enfermée dans un filet et on l’amena au taureau. Il la lança plusieurs fois en l’air avec ses cornes. Elle paraissait ne rien sentir, tout entière à son espoir, poursuivant avec le Christ un colloque intérieur. Pour finir, on l’égorgea. Vrai ! disaient les Gaulois, en sortant, jamais dans nos pays on n’avait vu tant souffrir une femme. » 

Sous Commode, fils de Marc-Aurèle, qui avait épousé une chrétienne, le sort des chrétiens s’adoucit. 

- La persécution de Septime-Sévère :  Principales victimes: en Afrique Félicité  et Perpétue, desquelles les témoins disaient : »Leur visage était rayonnant et d’une grande beauté. Il était marqué non de peur mais de joie. » A Lyon, Saint Irénée. 

- Sixième persécution sous Maximin 

D. Les persécutions du IIIème siècle 

Au IIIème siècle, à partir de Dèce, comme malgré les persécutions, le nombre des chrétiens a augmenté, (et que les gens ne dénoncent plus, car ils se rendent compte de la fausseté des calomnies) les persécutions deviennent universelles et organisées par l’Empire. 

- La septième persécution, décrétée par l’empereur Dèce (249-252), fut une des plus cruelles : (“le sang coulait par torrents” dit Saint Cyprien) il publia un édit obligeant tous les habitants de l’Empire à offrir un sacrifice aux dieux et on leur délivrait un certificat de fidélité à l’empereur. Les chrétiens refusèrent, mais il y eut aussi des apostats, (A cause de la paix relative de l’époque précédente), des fuites (aussi pour sauvegarder l’Eglise, comme Saint Cyprien). Principales victimes : Saint Fabien, pape ; Polyeucte ; saint Christophe, le bon géant qui disait à un homme qui le frappait : 

« C’est par obéissance au commandement du Christ que je supporte tes coups, car si je laissais libre cours à ma colère, tout votre empire corrompu ne pourrait me résister. » ;   sainte Agathe, âgée de 25 ans (D’une grande beauté, Quintien, gouverneur de la Sicile, se flatta de pouvoir l’épouser. Conduite devant Quintien, elle refusa. Celui-ci furieux la fit attacher sur un chevalet mais sainte Agathe souffrit avec une constance héroïque. Elle fut renvoyée en prison et ordre fut donné de ne pas la nourrir, ni de soigner ses blessures. Saint Pierre apparut la première nuit, ses gardes s’enfuirent en courant, et l’apôtre la soigna miraculeusement de toutes ses blessures. Quatre jours après, Quintien sans être effrayé par son état jura de la vaincre. Il lui fit déchirer le corps, et fit traîner son corps sur des morceaux de pots cassés mêlés avec des charbons ardents. La jeune vierge finit par perdre la vie.); sainte Agnès âgée de 13 ans. 

- La huitième eut lieu sous Valérien (257-259). Les papes (Étienne Ier et Sixte II), le diacre saint Laurent (“Retourne-moi, dit-il au juge, ce côté-ci est assez brûlé” “Ma chair est cuite à point, veux-tu t’en nourrir?”), les évêques, comme saint Cyprien, évêque de Carthage (un des meilleurs écrivains ecclésiastiques de son siècle), furent décapités. Saint Tarcisius.

Hippolyte, après avoir enseveli le corps de saint. Laurent, vint à sa maison. Vinrent des soldats qui le menèrent au César. Quand Dèce le vit, il lui dit en souriant: « Est-ce que tu es devenu magicien aussi, toi, qui as enlevé le corps de Laurent. » Hippolyte lui répondit : « Je n’ai pas fait cela comme magicien, mais en qualité de chrétien. » Alors Dèce rempli de fureur commanda qu’on le dépouillât de l’habit qu’il portait en sa qualité de chrétien (Hippolyte portait donc encore la robe blanche dont on revêtait les nouveaux baptisés), et qu’on lui meurtrît la bouche à coups de pierres. Hippolyte lui dit : « Tu ne  m’as pas dépouillé, mais tu  m’as mieux vêtu. » Dèce lui répliqua: « Comment es-tu devenu fou au point de ne pas rougir de ta nudité ? Sacrifie donc maintenant et tu vivras au lieu de périr avec ton Laurent. » Que ne mérité-je, reprit Hippolyte, de devenir l’imitateur du bienheureux Laurent dont tu as osé prononcer le nom de ta bouche impure! » Alors Dèce le fit fouetter et déchirer avec des peignes de fer. Pendant ce temps-là, Hippolyte confessait à haute voix qu’il était chrétien ; et comme il se riait des tourments qu’on lui infligeait, Dèce le fit revêtir des habits de soldat qu’il portait auparavant, en l’exhortant à rentrer dans son amitié et à reprendre son ancienne profession de militaire. Et comme Hippolyte lui disait qu’il était le soldat de J.-C., Dèce outré de colère le livra au préfet Valérien avec ordre de se saisir de tous ses biens et de le faire périr dans les tourments les plus cruels. On découvrit aussi que tous ses gens étaient chrétiens; alors on les amena devant Valérien. Or, Hippolyte les raffermissait tous : « Mes frères, leur disait-il, ne craignez rien, parce que vous et moi, nous avons un seul Dieu. » Et Valérien ordonna de leur couper la tête à tous sous les yeux d’Hippolyte, et ensuite il le fit lier par les pieds au cou de chevaux indomptés afin qu’il fût traîné à travers les ronces et les épines, jusqu’au moment où il rendit l’âme, vers l’an du Seigneur 256.   

L’interrogatoire de Saint Cyprien: - Le proconsul : Tu sais que les très saints empereurs t’ordonnent de sacrifier ? 

- Cyprien : Oui, mais je ne le fais pas. - Le Proconsul : Réfléchis! 

- Cyprien : Inutile. En un cas aussi clair, il n’y a pas à délibérer. - Alors le magistrat, à regret, lut l’arrêt inscrit sur la tablette : “Nous ordonnons que Tascius Cyprianus périsse par le glaive” 

- Cyprien de répondre : Deo Gratias. 

- Après une période d’accalmie qui permet au christianisme de s’étendre, la dixième persécution, sous Dioclétien (300-305), fut la pire. Elle s’appliqua d’abord aux soldats chrétiens, puis aux chefs d’Église.  Principales victimes : saint Sébastien, attaché à un arbre et percé de flèches; sainte Catherine d’Alexandrie, livrée au supplice de la roue, puis décapitée; saint Victor, officier de Marseille; saint Janvier de Naples; les saints Côme et Damien, médecins arabes, torturés et décapités en Asie Mineure, Sainte Lucie. 

Après l’abdication de Dioclétien (305), la persécution devint moins violente. Car déjà les idées chrétiennes avaient fait de grands progrès.  

4. Ce que signifient les persécutions des trois premiers siècles. 

- Les persécutions montrent que sous la belle apparence de la culture romaine, il y a un mépris impitoyable des pauvres et des esclaves.  

- Les martyrs ont montré que la conscience et les droits de Dieu sont supérieurs à toutes les puissances humaines. 

- On voit la force surhumaine des martyrs de tout âge, et de toute condition, hommes et femmes, consuls et esclaves, vieillards et adolescents, qui ont confessé leur foi dans les supplices, alors qu’il leur suffisait d’un geste pour éviter la mort. Cela montre que c’est le Christ qui leur donnait la force. Martyr est un mot grec qui signifie témoin. Sainte Félicité déclare qu’elle ne souffrira pas dans l’amphithéâtre, mais le Seigneur à sa place. Agnès marcha « plus riante et plus légère au supplice que la fiancée à la maison de l’époux ». Blandine était pleine de joie : « elle semblait appelée à un banquet de noces et non pas une victime jetée aux bêtes ». Perpétue est gaie dans sa prison. Sabine rit en allant au tribunal.

- Les martyrs témoignent en faveur de la vérité de la religion chrétienne : « Je ne crois que les histoires dont les témoins se feraient égorger » a dit Pascal.

- Leur sang a été « une semence de chrétiens ».  “Notre combat à nous, c’est d’être traînés devant les tribunaux, afin d’y lutter, au péril de notre tête, pour la vérité… Courage, bons gouverneurs, qui devenez beaucoup meilleurs aux yeux du peuple, si vous lui immolez des chrétiens, tourmentez-nous, torturez-nous, comdamnez-nous, broyez-nous!… Nous devenons plus nombreux, chaque fois que vous nous moissonnez : c’est une semence que le sang des chrétiens!”  

(Tertullien, Apologeticum, 50,2 ; 12; 13)

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