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Archive pour la catégorie 'Histoire de l’Eglise'

Les prétendues déviances de Paul VI

Posté : 4 novembre, 2011 @ 9:12 dans Histoire de l'Eglise, Instruction religieuse | Commentaires fermés

A tort, on présente souvent Paul VI comme ayant cautionné voire encouragé les divagations doctrinales de son époque. Laissons-lui un peu la parole. 

 

Les fins dernières 

On parle rarement et peu des fins dernières. Mais le concile Vatican II nous rappelle ces solennelles vérités qui nous concernent, y compris la terrible vérité d’un possible châtiment éternel que nous appelons l’enfer, dont le Christ parle sans réticences (cf. Mt 22, 13 ; 25, 41). Il y a de quoi trembler. Ecoutons la voix prophétique de saint Paul : « Travaillez avec crainte et tremblement à accomplir votre salut » (Ph 2, 12) La gravité et l’incertitude de notre sort final ont toujours été un abondant objet de méditation et une source d’énergies sans pareil pour la morale et aussi pour la sainteté de la vie chrétienne.

Paul VI, 8 septembre et 28 avril 1971

 

Le culte de l’Eucharistie 

Des motifs sérieux de préoccupation pastorale et d’inquiétude ne manquent pas [dans ce domaine] ; et la conscience de Notre devoir apostolique ne Nous permet pas de les taire.

Nous avons, en effet, appris que parmi ceux qui parlent ou écrivent sur ce mystère très saint, il en est qui répandent au sujet des messes célébrées en particulier, du dogme de la transsubstantiation et du culte eucharistique des opinions qui troublent les âmes des fidèles et jettent une grande confusion dans leurs esprits touchant les vérités de la foi ; comme s’il était loisible à quiconque de laisser dans l’oubli la doctrine définie, une fois pour toutes, par l’Eglise ou de l’interpréter de manière à affaiblir le sens authentique des termes ou la valeur dûment reconnue aux notions.

En effet, il n’est pas permis, pour le montrer par un exemple, de prôner la messe dite « communautaire » de telle manière qu’on déprécie les messes célébrées en particulier. On ne doit pas non plus insister de la sorte sur l’aspect de signe sacramentel : comme si le symbolisme, dont nul ne conteste qu’il existe vraiment dans la sainte Eucharistie, pouvait exprimer de manière exhaustive le mode de présence du Christ dans ce sacrement. De même il n’est pas permis de traiter du mystère de la transsubstantiation sans faire mention de l’admirable changement (conversio) de toute la substance du pain en le corps du Christ et de toute la substance du vin en le sang du Seigneur – changement dont parle le Concile de Trente – et ainsi de faire simplement consister ce double changement dans ce qu’on appelle la « transsignification » et la « transfinalisation ». Il n’est pas permis enfin de proposer et de mettre en pratique l’opinion selon laquelle Notre-Seigneur Jésus-Christ ne serait plus présent dans les hosties consacrées qui restent après la célébration du sacrifice de la messe.

[…]

Si la participation nombreuse et active des fidèles convient au plus haut degré à la célébration de la messe comme de par sa nature, on ne doit pas pour autant blâmer, mais au contraire il faut approuver la célébration de la messe que, pour une juste cause et conformément aux prescriptions et aux traditions légitimes de la sainte Eglise, le prêtre accomplit en particulier avec un seul ministre pour servir et répondre. Car cette messe assure une très grande abondance de grâces spéciales au bénéfice tant du prêtre lui-même que du peuple fidèle et de toute l’Eglise, et même du monde entier, grâces qui ne pourraient être obtenues aussi largement par la seule communion.

C’est pourquoi Nous recommandons avec une paternelle insistance aux prêtres […] de rester conscients du pouvoir que l’évêque consécrateur leur conféra d’offrir à Dieu le sacrifice et de célébrer des messes tant pour les vivants que pour les défunts au nom du Seigneur ; Nous leur recommandons de célébrer chaque jour la messe avec dignité et dévotion, afin qu’eux-mêmes et les autres fidèles profitent de l’application des fruits abondants issus du sacrifice de la croix. De cette façon aussi, ils contribueront beaucoup au salut du genre humain.

Encyclique Mysterium Fidei, 1965, §§ 9-11.32-33

 

L’évangélisation des non chrétiens 

Notre époque connaît […] de nombreux obstacles, parmi lesquels nous nous contenterons de mentionner le manque de ferveur. Il est d’autant plus grave qu’il vient du dedans ; il se manifeste dans la fatigue et le désenchantement, la routine et le désintérêt, et surtout le manque de joie et d’espérance. Nous exhortons donc tous ceux qui ont à quelque titre et à quelque échelon la tâche d’évangéliser à alimenter en eux la ferveur de l’esprit.

Cette ferveur exige tout d’abord que nous sachions nous soustraire aux alibis qui peuvent nous détourner de l’évangélisation. Les plus insidieux sont certainement ceux pour lesquels l’on prétend trouver appui dans tel ou tel enseignement du Concile.

C’est ainsi qu’on entend dire trop souvent, sous diverses formes : imposer une vérité, fût-elle celle de l’Evangile, imposer une voie, fût-elle celle du salut, ne peut être qu’une violence à la liberté religieuse. Du reste, ajoute-t-on, pourquoi annoncer l’Evangile puisque tout le monde est sauvé par la droiture du cœur ? L’on sait bien d’ailleurs que le monde et l’histoire sont remplis de « semences du Verbe » : n’est-ce pas une illusion de prétendre porter l’Evangile là où il est déjà dans ces semences que le Seigneur lui-même y a jetées ?

Quiconque se donne la peine d’approfondir, dans les documents conciliaires, les questions que ces alibis y puisent trop superficiellement, trouvera une toute autre version de la réalité.

Ce serait certes une erreur que d’imposer quoi que ce soit à la conscience de nos frères. Mais c’est tout autre chose de proposer à cette conscience la vérité évangélique et le salut en Jésus-Christ en pleine clarté et dans le respect absolu des options libres qu’elle fera […] : loin d’être un attentat à la liberté religieuse, c’est un hommage à cette liberté à laquelle est offert le choix d’une voie que même les non croyants estiment noble et exaltante. Est-ce donc un crime contre la liberté d’autrui que de proclamer dans la joie une Bonne Nouvelle que l’on vient d’apprendre par la miséricorde du Seigneur ? Et pourquoi seuls le mensonge et l’erreur, la dégradation et la pornographie, auraient-ils le droit d’être proposés et souvent, hélas, imposés par la propagande destructive des mass media, par la tolérance des législations, par la peur des bons et la hardiesse des méchants ? Cette façon respectueuse de proposer le Christ et son Royaume, plus qu’un droit, est un devoir de l’évangélisateur. Et c’est aussi un droit des hommes ses frères de recevoir de lui l’annonce de la Bonne Nouvelle du salut. Ce salut, Dieu peut l’accomplir en qui Il veut par des voies extraordinaires que lui seul connaît. Et cependant, si son Fils est venu, ce fut précisément pour nous révéler, par sa parole et par sa vie, les chemins ordinaires du salut. Et il nous a ordonné de transmettre aux autres cette révélation avec la même autorité que lui. Il ne serait pas inutile que chaque chrétien et chaque évangélisateur approfondisse dans la prière cette pensée : les hommes pourront se sauver aussi par d’autres chemins, grâce à la miséricorde de Dieu, même si nous ne leur annonçons pas l’Evangile ; mais nous, pouvons-nous nous sauver si par négligence, par peur, par honte – ce que saint Paul appelait « rougir de l’Evangile » – ou par suite d’idées fausses nous omettons de l’annoncer ?

Encyclique Evangelii nuntiandi, 1975, § 80

L’uniatisme ne serait plus d’actualité pour l’Eglise catholique.

Posté : 5 octobre, 2010 @ 6:52 dans Histoire de l'Eglise, Sujets qui fâchent | Pas de commentaires »

Ci-dessous quelques réflexions d’un lecteur de Famille chrétienne suite à un article ambigu de février 2010. Ce modeste texte apporte un éclairage bien argumenté à un sujet habituellement laissé dans l’ombre ou au moins dans le flou.

Le saviez-vous ? FC ne professe plus la foi de l’Eglise ! 

Et comment ? En sacrifiant l’entrée de non catholiques dans l’Eglise à la sérénité du dialogue interreligieux, c’est-à-dire en sacrifiant la fin au moyen – pas avec les musulmans, ni avec les juifs, ni même avec les protestants ou les lefebvristes, mais avec les orthodoxes. 

J’avais déjà relevé plusieurs fois sous la plume de l’un ou l’autre des journalistes de Famille chrétienne des flous qui entretenaient la confusion entre latins et catholiques, d’une part, byzantins et orthodoxes, d’autre part, confusion dans laquelle certains orthodoxes se complaisent, mais dans l’article « Entre Rome et Moscou, le grand réchauffement » du numéro du 20 février dernier ce n’est plus du tout flou. 

Comparez vous-même : 

 

Ce qu’on dit les invités de Famille chrétienne 

 

[Les catholiques disent que l’uniatisme n’est pas la bonne méthode.] En 1993, la Commission internationale de dialogue catholique-orthodoxe a déclaré que ce que l’on appelle « uniatisme » était une « méthode d’union du passé ». 

Père Hyacinthe Destivelle, Famille chrétienne, n° 1675, p. 10 

 

Des « Eglises particulières », en Pologne, en Ukraine, entrèrent en communion avec Rome, notamment au xvie siècle. C’est ce qu’on a appelé l’uniatisme. Ce faisant, elles se coupèrent de leur Eglise-mère d’Orient, une situation qui devint une autre source de conflit durable avec les catholiques. 

Père Richard Escudier, Famille chrétienne, n° 1675, p. 10 

 

Ce que dit le magistère de l’Eglise : 

 

Les fidèles sont tenus de professer qu’il existe une continuité historique – fondée sur la succession apostolique – entre l’Eglise instituée par le Christ et l’Eglise catholique : « C’est là l’unique Eglise du Christ [...] que notre sauveur, après sa résurrection, remit à Pierre pour qu’il en soit le pasteur (cf. Jn 21, 17), qu’il lui confia, à lui et aux autres apôtres, pour la répandre et la diriger (cf. Mt 28, 18 ss.), et dont il a fait pour toujours la « colonne et le fondement de la vérité » (cf. 1 Tm 3, 15). Cette Eglise comme société constituée et organisée en ce monde, c’est dans l’Eglise catholique qu’elle se trouve [subsistit in], gouvernée par le successeur de Pierre et les Evêques qui sont en communion avec lui ». Par l’expression subsistit in, le concile Vatican II a voulu proclamer deux affirmations doctrinales : d’une part, que malgré les divisions entre chrétiens, l’Eglise du Christ continue à exister en plénitude dans la seule Eglise catholique ; d’autre part, « que des éléments nombreux de sanctification et de vérité subsistent hors de ses structures », c’est-à-dire dans les Eglises et Communautés ecclésiales qui ne sont pas encore en pleine communion avec l’Eglise catholique. Mais il faut affirmer de ces dernières que leur « force dérive de la plénitude de grâce et de vérité qui a été confiée à l’Eglise catholique ». 

Il existe donc une unique Eglise du Christ, qui subsiste dans l’Eglise catholique, gouvernée par le successeur de Pierre et les Evêques en communion avec lui. Les Eglises qui, quoique sans communion parfaite avec l’Eglise catholique, lui restent cependant unies par des liens très étroits comme la succession apostolique et l’Eucharistie valide, sont de véritables Eglises particulières. Par conséquent, l’Eglise du Christ est présente et agissante dans ces Eglises, malgré l’absence de la pleine communion avec l’Eglise catholique, provoquée par leur non-acceptation de la doctrine catholique du Primat, que l’Evêque de Rome, d’une façon objective, possède et exerce sur toute l’Eglise conformément à la volonté divine. 

[...] 

« [Il n’est pas permis] aux fidèles d’imaginer que l’Eglise du Christ soit simplement un ensemble – divisé certes, mais conservant encore quelque unité – d’Eglises et de Communautés ecclésiales ; et ils n’ont pas le droit de tenir que cette Eglise du Christ ne subsiste plus nulle part aujourd’hui de sorte qu’il faille la tenir seulement pour une fin à rechercher par toutes les Eglises en commun ». En effet, « les éléments de cette Eglise déjà donnée existent, unis dans toute leur plénitude, dans l’Eglise catholique et, sans cette plénitude, dans les autres Communautés ». « En conséquence, ces Eglises et Communautés séparées, bien que nous les croyions souffrir de déficiences, ne sont nullement dépourvues de signification et de valeur dans le mystère du salut. L’Esprit du Christ, en effet, ne refuse pas de se servir d’elles comme de moyens de salut, dont la force dérive de la plénitude de grâce et de vérité qui a été confiée à l’Eglise catholique ». 

Le manque d’unité entre les chrétiens est certes une blessure pour l’Eglise, non pas comme privation de son unité, mais « en tant qu’obstacle pour la réalisation pleine de son universalité dans l’histoire ». 

Déclaration Dominus Jesus, 2000, chap. IV « Unicité et unité de l’Eglise », §§ 16-17 

 

[Nos frères séparés] soit eux-mêmes individuellement, soit leurs communautés ou leurs Eglises, ne jouissent pas de cette unité que Jésus Christ a voulu dispenser à tous ceux qu’il a régénérés et vivifiés pour former un seul Corps en vue d’une vie nouvelle, et qui est attestée par l’Ecriture sainte et la vénérable Tradition de l’Eglise. C’est, en effet, par la seule Eglise catholique du Christ, laquelle est le « moyen général de salut », que peut s’obtenir toute la plénitude des moyens de salut. Car, c’est au seul collège apostolique, présidé par Pierre, que furent confiées, selon notre foi, toutes les richesses de la Nouvelle Alliance. 

[...] 

Rendant grâce à Dieu de ce que beaucoup d’Orientaux, fils de l’Eglise catholique, qui gardent ce patrimoine et désirent en vivre plus purement et pleinement, vivent déjà en pleine communion avec leurs frères qui observent la tradition occidentale, le saint Concile déclare que tout ce patrimoine spirituel et liturgique, disciplinaire et théologique, dans ses diverses traditions, fait pleinement partie de la catholicité et de l’apostolicité de l’Eglise. 

Décret conciliaire Unitatis redintegratio, 1964, § 17 

Nous sommes disposés à poursuivre cordialement [le dialogue œcuménique]. Nous dirons plus : que sur de nombreux points qui nous différencient, en fait de tradition, de spiritualité, de lois canoniques, de culte, Nous sommes prêts à étudier comment répondre aux légitimes désirs de nos frères chrétiens, encore séparés de nous. Rien ne peut nous être plus désirable que les embrasser dans une parfaite union de foi et de charité. Mais Nous devons dire aussi qu’il n’est pas en notre pouvoir de transiger sur l’intégrité de la foi et sur les exigences de la charité. Nous entrevoyons des défiances et des résistances à cet égard. Mais maintenant que l’Eglise catholique a pris l’initiative de recomposer l’unique bercail du Christ, elle ne cessera d’avancer en toute patience et avec tous les égards possibles ; elle ne cessera pas de montrer comment les prérogatives qui tiennent encore éloignés d’elle les frères séparés ne sont pas le fruit d’ambitions historiques ou d’une spéculation théologique imaginaire, mais qu’elles dérivent de la volonté du Christ et que, comprises dans leur véritable signification, elles tournent au bien de tous, servent à l’unité commune, à la liberté commune et à la commune plénitude chrétienne. [...] 

Une pensée à cet égard Nous afflige, celle de voir que c’est précisément Nous, défenseur de cette réconciliation, qui sommes considéré par beaucoup de nos frères séparés comme l’obstacle, à cause du primat d’honneur et de juridiction que le Christ a conféré à l’apôtre Pierre, et que nous avons hérité de lui. Certains ne disent-ils pas que si la primauté du Pape était écartée, l’union des Eglises séparées avec l’Eglise catholique serait plus facile ? Nous voulons supplier les frères séparés de considérer l’inconstance d’une telle hypothèse. [...] 

Et il faut aussi considérer que ce pivot central de la sainte Eglise ne veut pas constituer une suprématie d’orgueil spirituel et de domination humaine, mais une supériorité de service, de ministère et d’amour. 

Encyclique Ecclesiam suam, 1964, §§ 113-114 

 

Quand bien même nous n’aurions pas ces textes, nous avons notre raison. Et celle-ci peut nous inspirer les réflexions suivantes. 

 

1° Supposons qu’un chrétien séparé se rende compte de l’état de schisme dans lequel il vit malgré lui et de son inadéquation avec le plan de Dieu. Sa conscience lui impose alors de rejoindre l’Eglise catholique en se rangeant sous la houlette d’un évêque en communion avec le successeur de Pierre et donc en quittant la houlette de l’évêque séparé qu’il suivait jusque-là – indépendamment de la sainteté ou des qualités pastorales respectives de ces évêques. Autrement dit, ce chrétien devient uniate. 

Si l’uniatisme est « du passé », alors que reste-t-il à ce chrétien désireux de quitter le schisme ? 

Soit il abandonne son rite, ce qui lui serait à la fois très difficile et fort dommage et que l’Eglise, à ma connaissance, n’a jamais encouragé, encore moins exigé (sauf cas de mariage). 

Soit – et cela semble être l’opinion des pères Destivelle et Escudier – il attend patiemment que la patriarcat séparé dont il dépend redevienne catholique. Il va peut-être attendre longtemps… 

 

2° Si l’uniatisme est mauvais ou, du moins, mauvais pour notre époque, alors pourquoi notre magazine favori se félicite-t-il de la création d’un statut particulier pour les anglicans désireux d’être en communion avec le siège de Pierre ? pourquoi salue-t-il les prêtres de la fraternité Saint-Pie X qui l’ont quittée par fidélité à l’Eglise et ont fondé la fraternité Saint-Pierre en 1988 ou l’institut du Bon Pasteur plus récemment ? 

Qu’est-ce là sinon de l’uniatisme qui n’en a pas le nom ? 

 

Mais dans le fond, que reproche-t-on aux uniates ? 

D’être catholiques ? – Certainement pas. 

D’être de rite byzantin ? – Pas davantage. 

Ce qu’on leur reproche, c’est de déplaire aux orthodoxes. 

Et pourquoi leur déplaisent-ils ? – Parce qu’ils sont la preuve vivante de l’absence de fondement de leur schisme : ils montrent par leur seule existence que les Eglises orthodoxes n’ont rien à perdre à revenir à l’Eglise catholique, ni leur liturgie, ni leur discipline, ni leur spiritualité, juste un peu de fierté mal placée. 

C’est pourquoi, il me paraît important de ne pas entretenir la confusion mentionnée plus haut entre latins et catholiques, d’une part, byzantins et orthodoxes, d’autre part. Bien que cette confusion ne soit généralement le fait que de l’ignorance ou d’une volonté de simplification, l’entretenir entretient le schisme et donc dessert le plan de Dieu sur son Eglise. 

 

En fait, les uniates partagent la foi du patriarcat de Constantinople pendant près de mille ans, soit la moitié de son existence à ce jour. Ils partagent la foi de saint Jean Chrysostome et des saints Cyrille et Méthode, pour ne citer qu’eux parmi les nombreux saints catholiques de rite byzantin. Ils partagent également la foi de l’Eglise italo-albanaise, qui a toujours été catholique et a toujours suivi le rite byzantin. 

 

Ce qui est vrai, ce n’est pas que l’Eglise catholique réprouverait l’uniatisme en tant que tel, c’est que ce n’est plus son approche pastorale principale : elle privilégie le dialogue au niveau de la tête, le patriarcat (de Moscou ou de Constantinople selon le cas), et non au niveau des membres, le chrétien ou la communauté locale. Mais l’objectif final de cette approche est le même : permettre aux chrétiens séparés de revenir à la pleine communion avec le successeur de Pierre, qui est – que ça nous plaise ou non – celui que Jésus, chef de l’Eglise, a établi comme chef en son nom sur l’Eglise terrestre. 

 

Deux histoires avant de conclure : 

1° Saint Jean Chrysostome, archevêque de Constantinople, a connu l’exil et quasiment le martyre de la part des autorités politiques de l’époque. Le clergé qui lui restait fidèle a été destitué et remplacé par un autre à la solde de l’Etat. Il s’en est suivi l’excommunication de l’Eglise de Constantinople par le pape, excommunication qui n’a été levée qu’à la réhabilitation de saint Jean Chrysostome par sa propre Eglise, plus de trente ans plus tard. 

Le clergé et les fidèles restés clandestinement fidèles à leur archevêque saint Jean Chrysostome pendant ces trente années sont dans une situation bien proche de celle des uniates aujourd’hui. Actuellement, on peut dire que l’histoire leur a donné raison. 

 

2° Une bien belle histoire parue dans la revue de l’Aide à l’Eglise en détresse, Eglise dans le monde, n° 138, citant elle-même Correspondances européennes du 17 janvier 2008. 

[Dans] un village de Roumanie était posée la première pierre de la première église dédiée [à saint Pio de Pietrelcina]. L’événement a eu lieu à Pescana, dans la région de la Valcea, en Roumanie centre-méridionale, grâce au père Victor Tudor, prêtre orthodoxe qui, après avoir été témoin d’un miracle réalisé par Dieu grâce à l’intercession du saint capucin, a voulu entrer dans l’Eglise catholique, suivi de tous ses paroissiens. 

Les faits remontent à 2002. A Lucrecia Tudor, mère du père Victor, à l’époque âgée de soixante et onze ans, on avait diagnostiqué une tumeur au poumon gauche. Les médecins roumains lui déclarèrent qu’il lui restait seulement quelques mois à vivre et qu’une intervention chirurgicale ne pouvait pas même être tentée. Le père Victor demanda donc l’aide de son frère, Mariano Tudor, jeune peintre roumain, expert en iconographie, vivant et travaillant à Rome, dans l’espoir qu’il connaîtrait quelque médecin italien capable de réaliser l’impossible. 

A ce moment-là, sa mère vint donc à Rome pour consulter un chirurgien, qui déclara inutile toute intervention. A cette époque, Mariano travaillait à la réalisation d’une mosaïque dans une église et sa mère l’accompagnait. 

Il y avait là une statue du Padre Pio. Elle demanda à son fils de qui il s’agissait. Les jours suivants, elle passa de nombreuses heures devant la statue. Quinze jours après, lors d’un contrôle, les médecins constatèrent avec stupeur que la tumeur avait disparu. 

« La guérison prodigieuse de ma mère, accomplie par le Padre Pio en faveur d’une femme orthodoxe, me toucha profondément » a raconté le père Victor. « Je commençai alors à lire la vie de ce saint italien et je racontai à mes paroissiens ce qui m’était arrivé… Ce fut ainsi que, dans ma paroisse, on commença à connaître, à aimer et à recevoir des grâces du Padre Pio », si bien que tous décidèrent de devenir catholiques. Ils décidèrent de construire une église dont la première pierre fut posée par Mgr Muresan, le métropolite. 

 

Et deux remarques pour clore le sujet : 

1° J’ai repris le terme « uniate » utilisé dans votre article ; c’est surtout par commodité. En fait, ce terme est souvent revêtu d’une connotation péjorative. Il n’est utilisé, à ma connaissance, ni par les catholiques de rite oriental, ni par les documents officiels romains. 

De la même façon, le terme « orthodoxe » désigne ici les chrétiens séparés reconnaissant les sept premiers conciles œcuméniques et suivant le rite byzantin. Mais ces réflexions peuvent, bien sûr, s’étendre aux autres rites orientaux. 

 

2° La remarque qui suit est un peu incisive, mais malheureusement vraie. 

Fallait-il attendre du père Destivelle une position conforme à la doctrine de l’Eglise, alors que, un paragraphe plus haut, il laisse entendre qu’il ne reçoit pas intégralement l’enseignement d’un concile œcuménique (Vatican I en l’occurrence) ? 

 

Le développement du christianisme en Gaule

Posté : 30 novembre, 2009 @ 5:21 dans Histoire de l'Eglise | Pas de commentaires »

A. Les Evêques

B. Le Clergé rural

C. Les fidèles

D. Les moines

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Les débuts de la conquête chrétienne en Gaule

Posté : 3 octobre, 2009 @ 3:45 dans Histoire de l'Eglise | Pas de commentaires »

I La Gaule chrétienne avant les invasions barbares

II Les invasions germaniques

III Moeurs et religion des germains

IV La conversion de Clovis

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Chapitre IV : les premières hérésies

Posté : 11 mai, 2009 @ 2:25 dans Histoire de l'Eglise | Pas de commentaires »

Dès les premiers temps, le message du Christ entraîna des discussions, et des erreurs qu’on appelle des hérésies. Les hérésies sont des doctrines erronées issues du christianisme, contraires à la foi et condamnées par l’Eglise. L’Eglise eut donc à lutter non seulement contre les persécutions extérieures, mais aussi contre les hérésies. En effet, le pape et l’Eglise doivent conserver et transmettre le dépôt de la foi (la Révélation) et donc lutter contre les erreurs. 

« Les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre l’Eglise ».

  

 I Les Judaïsants

II Le gnosticisme ou la gnose

III Le marcionisme ou docétisme

IV L’arianisme et le concile de nicée (325)

V Les macédoniens et le concile de Constantinople (381)

VI Le pelagianisme et le concile de carthage

VII Le Nestorianisme et le concile d’Ephèse (431)

VIII Les autres hérésies et le concile de Chalcédoine (451)

Conclusion : les conséquences des hérésies

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L’empire chrétien 313-476 (suite et fin)

Posté : 13 avril, 2009 @ 1:28 dans Histoire de l'Eglise | Pas de commentaires »

IV Une tentative éphémère de restauration du paganisme : Julien l’Apostat
V Théodose le Grand
VI La chute de l’empire romain d’Occident en 476 : la fin de l’Antiquité
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Chapitre III L’empire chrétien 313-476

Posté : 11 mars, 2009 @ 11:52 dans Histoire de l'Eglise | Pas de commentaires »

I La conversion de l’Empereur Constantin

A. la Bataille du Pont Milvius

B. L’édit de Milan en 313

C. Les conséquences de la liberté de culte

II Constantinople, capitale de tout l’empire

III L’empire devint Chrétien

A. L’influence chrétienne dans les lois

B. L’oeuvre de Constantin

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Chapitre II : Le christianisme dans l’Empire païen. Le temps des persécutions (7) II Les premières persécutions

Posté : 30 novembre, 2008 @ 5:05 dans Histoire de l'Eglise | Pas de commentaires »

II Les premières persécutions 

Après avoir été persécutés par les Juifs, les Chrétiens furent persécutés par les Romains qui adoraient de faux dieux. Ils vont persécuter l’Eglise pendant trois siècles, mais l’Eglise en sortira plus forte que jamais. 

A. Causes

B. Le déroulement d’un procès

C. Les persécutions des premier et deuxième siècles

D. Les persécutions du troisième siècle.

(more…)

Chapitre II : le christianisme dans l’empire païen. Le temps des persécutions.(6) I La vie des premières Eglises

Posté : 13 novembre, 2008 @ 3:49 dans Histoire de l'Eglise | Pas de commentaires »

A. Le gouvernement de l’Eglise 

B. Les sacrements : le baptême, la messe, la pénitence

C. Les fêtes  

D. La vie religieuse et morale 

E. Les lieux de culte et les images 

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Les origines de l’Eglise (5)

Posté : 20 octobre, 2008 @ 10:24 dans Histoire de l'Eglise | Pas de commentaires »

VI L’expansion du christianisme dans les cités grecques, chez les païens. 

A. La conversion de saint Paul en 35 

B. Ses missions 

C. Le Concile de Jérusalem (vers 49 – 52).

D. Troisième mission (54-58)

VII Les martyres de Saint Pierre et de Saint Paul à Rome

VIII L’expansion chrétienne dans les Gaules

(more…)

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