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Le prétendu silence de Pie XII

Posté : 29 octobre, 2010 @ 8:00 dans Histoire, Sujets qui fâchent | Commentaires fermés

Les lignes qui suivent sont à la base un support d’exposé, ce qui explique leur style parfois télégraphique ou du moins dépouillé. 

Préambule : Certains ennemis de Dieu utilisent l’histoire de l’Eglise, soit en n’en montrant que ce qu’ils veulent y montrer, plus souvent en exagérant le mal qui a été commis, parfois même en fabriquant une légende de toutes pièces. I. L’accusation 

Pie XII n’aurait rien fait pour empêcher le génocide juif. Sous-entendu : Pie XII ne se souciait pas des juifs, voire était plus ou moins antisémite, voire éprouvait une certaine sympathie pour le nazisme. II. Même si je ne connais rien à l’histoire, qu’en dit ma raison ? 

Supposons ces allégations vraies. L’inaction supposée du pape ne serait-elle plutôt pas due : – à l’impuissance, – au souci de ne pas déclencher de représailles de la part des persécuteurs, 

– à l’absence de directives écrites et donc à l’absence de traces ? Les grands de ce monde, qui disposaient de plus de moyens, Roosevelt et Staline, notamment, ont-ils fait plus ? Leur en tient-on grief ? Les juifs eux-mêmes se sont-ils entraidés ? 

III. Que me dit la recherche historique ? 1° Pie XII remercié de toute part pour son action, notamment par des juifs a. Témoignages de reconnaissance :  Pendant la guerre Albert Einstein en 1940 

Lorsque la révolution nazie survint en Allemagne, c’est sur les universités que je comptais pour défendre la liberté, dont j’étais moi-même un amoureux, car je savais qu’elles avaient toujours mis en avant leur attachement à la cause de la vérité ; mais non, les universités furent immédiatement réduites au silence. Alors je me tournai vers les grands éditeurs de journaux, dont les éditoriaux enflammés des jours passés avaient proclamé leur amour de la liberté ; mais eux aussi, en quelques courtes semaines et comme les universités, furent réduits au silence. Dans la campagne entreprise par Hitler pour faire disparaître la vérité, seule l’Eglise catholique se tenait carrément en travers du chemin. Je ne m’étais jamais spécialement intéressé à l’Eglise auparavant, mais maintenant je ressens pour elle grande affection et admiration, parce qu’elle seule a eu le courage et la persévérance de se poser en défenseur de la vérité intellectuelle et de la liberté morale. Je suis donc bien forcé d’avouer que, maintenant, c’est sans réserve que je fais l’éloge de ce qu’autrefois je dédaignais. Albert Einstein, in Time, 1940 

D’autres témoignages 

Le peuple d’Israël n’oubliera jamais ce que Pie XII et ses éminents délégués [...] sont en train de faire pour nos malheureux frères et sœurs, au moment le plus tragique de notre histoire. C’est une preuve vivante de la divine providence dans ce monde. Isaac Herzog, grand rabbin de Jérusalem, 1944 

Le Saint-Siège prête son puissant soutien partout où il peut pour adoucir le sort de mes coreligionnaires persécutés. Chaïm Weizmann, futur premier président d’Israël, 1943 Les interventions répétées du Saint-Père en faveur des communautés juives d’Europe ont suscité chez les juifs du monde entier les plus profonds sentiments de reconnaissance et de gratitude. Rabbin Maurice Perlzweig, représentant le Congrès juif mondial, 1944 Nous avons entendu parler [...] de la part, ô combien importante, que le Saint-Père [a prise] dans le salut des juifs réfugiés en Italie, et nous savons de source sûre que ce grand pape a tendu sa main puissante et protectrice pour venir en aide aux populations opprimées de Hongrie. 

Joseph Proskauer, président de l’American Jewish Committee, 1944 Il n’y eut pas de paroles de réprobation du nazisme plus percutantes que celles du pape Pie XI et de son successeur Pie XII. Rabbin Louis Finkelstein, chancelier du Jewish Theological Seminary of America 

[J’ai dit au pape] que mon premier devoir était de le remercier, et à travers lui l’Eglise catholique, de la part des juifs, pour tout ce qu’ils avaient fait, dans divers pays, pour sauver nos coreligionnaires [...] Nous sommes profondément reconnaissants envers l’Eglise catholique. Moshé Sharett, futur ministre de l’Etat d’Israël, dans les derniers jours de la guerre 

Le président de la communauté israélite de Roumanie [...] est déjà venu deux fois me remercier de l’assistance et de la protection du Saint-Siège en faveur de ses coreligionnaires, me priant de transmettre au Saint-Père l’expression de la gratitude de toute sa communauté qui, en ces temps difficiles, avait trouvé dans la nonciature un appui efficace. Rapport du nonce en Roumanie Le rabbin de Zagreb m’a prié d’exprimer ses remerciements les plus vifs au Saint-Siège pour l’aide efficace qu’il a apportée au transport d’un groupe d’enfants juifs. Rapport du représentant du Saint-Siège en Croatie 

A la fin de la guerre Quelques mois après la fin de la guerre, le Congrès juif mondial fit un don de vingt mille dollars aux œuvres de charité du Vatican 

en reconnaissance des actions du Saint-Siège pour sauver les juifs des persécutions fascistes et nazies. 

En 1945, Maurice Edelman, président de l’Association anglo-juive, alla voir le pape pour le remercier de la part de la communauté juive d’Angleterre d’avoir sauvé des dizaines de milliers de juifs.  Le grand rabbin de Rome, Israël Zolli, se convertit à la religion catholique et entre dans l’Église avec sa femme et sa fille, le 13 février 1945, en choisissant pour prénom de baptême Eugène (Eugenio), c’est-à-dire le propre prénom du pape. Il désirait ainsi manifester l’importance qu’a eue le pape dans sa conversion, à commencer par son exemple de charité auprès des juifs. Après sa conversion, on lui a souvent demandé s’il s’était converti par gratitude envers le pape Pie XII. Il a toujours répondu négativement, ajoutant toutefois 

On pourrait dire du règne de Pie XII qu’il est inspiré par les paroles du prophète Isaïe : « La paix est l’harmonie, la paix est le salut pour ceux qui sont proches comme pour ceux qui sont loin, je veux tous les guérir » (Is. 57, 19). L’Église catholique aime toutes les âmes. Elle souffre avec tous et pour tous ; elle attend avec amour tous ses enfants sur le seuil sacré de Pierre, et ses enfants sont tous les hommes… Il n’existe pas de lieu de souffrances que l’esprit d’amour de Pie XII n’ait atteint… Au cours de l’histoire, aucun héros n’a commandé une telle armée. Aucune force militaire n’a été plus combattante, aucune n’a été plus combattue, aucune n’a été plus héroïque que celle menée par Pie XII au nom de la charité chrétienne. 

David de Sola Pool, rabbin de New York, présidant la commission des aumôniers israélites américains : 

Nous avons reçu de nos aumôniers militaires en Italie des rapports sur l’aide et la protection accordées à tellement de juifs italiens par le Vatican et les prêtres et institutions de l’Eglise pendant l’occupation du pays par les nazis. Nous sommes profondément émus par cette extraordinaire manifestation de la charité chrétienne, d’autant plus que nous savons les risques encourus par ceux qui se permettaient de protéger des juifs [...] Du plus profond de nos cœurs nous vous assurons de notre gratitude éternelle. 

L’aumônier israélite de la 5e Division américaine, stationnée en Italie : 

Sans les secours et l’aide considérables apportés aux juifs par le Vatican et les autorités ecclésiastiques de Rome, des milliers de réfugiés juifs auraient certainement péri avant que la ville ne fût libérée. 

Le docteur Raphaël Cantoni, futur président de l’Union des communautés juives italiennes : 

Six millions de mes coreligionnaires ont été assassinés par les nazis, mais il aurait pu y avoir beaucoup plus de victimes sans l’intervention efficace de Pie XII. 

A l’occasion du dixième anniversaire de la fin de la guerre En 1955, l’Union des communautés juives d’Italie proclama le 17 avril jour de reconnaissance pour le soutien du pape qui avait défié les nazis pendant la guerre. Toujours en 1955, l’orchestre philharmonique d’Israël se déplaça au Vatican pour y donner un concert. Son chef d’orchestre Paul Klecki avait demandé que, lors de sa première visite en Italie, 

l’orchestre joue pour le pape en signe de gratitude pour l’aide que son Eglise a donnée à toutes les victimes du fascisme nazi. 

A la mort de Pie XII, en 1958, Golda Meir, ministre des Affaires étrangères d’Israël, envoya au Vatican le télégramme suivant : 

Nous partageons la grande douleur de l’humanité [...] A l’heure où un terrible martyre s’abattit sur notre peuple, pendant la décennie de la terreur nazie, s’éleva la voix du pape pour les victimes. Notre époque se trouva enrichie par cette voix qui, avec véhémence, parlait des grandes vérités morales en dominant le tumulte des conflits quotidiens. Nous portons le deuil d’un grand serviteur de la paix. 

Avant le début d’un concert de l’orchestre philharmonique de New York, le chef d’orchestre Leonard Bernstein fit faire une minute de silence 

pour la disparition d’un très grand homme, le pape Pie XII. 

William Zuckerman, dans un journal juif canadien : 

[Aucune autre autorité] n’en a fait plus que le défunt pape pour aider les juifs à l’heure où ils vivaient leur plus grande tragédie, pendant l’occupation de l’Europe par les nazis. 

Des lecteurs de journaux israéliens avaient proposé 

[que l’on plante] une forêt Pie XII [en Israël] afin de perpétuer comme il convient les services pleins d’humanité rendus à la communauté juive européenne par le défunt pontife. 

b. Attaques des nazis ou de leurs alliés  En 1939, suite à élection de Pie XII, le Morgenpost écrit 

L’Allemagne ne voit pas d’un œil favorable l’élection du cardinal Pacelli, parce qu’il s’est toujours opposé au nazisme et que c’est lui qui orientait la politique [pro-juive] de son prédécesseur. 

Le Frankfurter Zeitung

Nombre de discours [de Pacelli] montre clairement qu’il ne comprend pas vraiment les motivations politiques et idéologiques qui ont commencé victorieusement à faire leur chemin en Allemagne. 

Allemagne seul pays d’Europe à ne pas envoyer de représentant au couronnement du pape. − En 1939, pape depuis quelques mois, Pie XII publie sa première encyclique Summi pontificatus. Réaction de von Bergen : 

[C’est une] attaque directe contre le IIIe Reich 

Réaction de Müller, chef de la Gestapo :

Cette encyclique est exclusivement dirigée contre l’Allemagne, tant du point de vue idéologique qu’à l’égard du conflit germano-polonais. On ne peut contester à quel point elle est dangereuse pour nos relations internationales et pour nos affaires internes.

En 1940, suite à l’envoi de télégrammes de condoléances aux souverains de Belgique, des Pays-Bas et du Luxembourg après l’invasion de leurs Etats. 

Avec un télégramme du pape, on a poussé le catholique roi de Belgique à faire répandre le sang de son peuple pour la cause des juifs, des francs-maçons et des banquiers de [Londres]. Organe du parti fasciste 

Suite au radiomessage de Noël 1942, dans lequel il cite « les populations vouées à l’extermination du seul fait de leur race », commentaire des services de sécurité allemands : 

[Cette déclaration] est dirigée contre le nouvel ordre européen représenté par le national-socialisme. [Pie XII] accuse virtuellement le peuple allemand d’injustice envers les juifs. Il s’est fait le porte-parole des juifs, criminels de guerre. 

En 1943, Heydrich : 

Le pape est un ennemi du national-socialisme bien pire que Churchill et Roosevelt. 

2° Pie XII a clairement condamné le nazisme et notamment ses théories raciales a. Avant la guerre  − Futur Pie XII participe au texte de Benoît XV condamnant l’antisémitisme (suite à pogroms en Pologne) Futur Pie XII nonce en Allemagne, puis secrétaire d’Etat du pape avant d’être lui-même élu quelques mois avant la guerre. Met en garde contre Hitler et son parti dès 1923. Soutient ouvertement plusieurs évêques allemands en opposition avec le régime, et notamment l’archevêque de Munich quand il dénonce l’antisémitisme nazi. Prépare concordat avec l’Allemagne. Ambassadeur britannique dans un rapport à son pays : 

Le cardinal secrétaire d’Etat, avec une extrême franchise ne fit aucun effort pour masquer son écœurement face aux méthodes du gouvernement d’Hitler. [...] [Il] déplora l’action du gouvernement à l’intérieur du pays, la persécution des juifs, [...] le régime de terreur auquel la nation entière était soumise. 

Prépare, en liaison avec évêques allemands, l’encyclique Mit brennender Sorge, diffusée aux Allemands en 1937. 

Mit brennender Sorge Quiconque prend la race ou le peuple ou l’Etat ou la forme de l’Etat ou les dépositaires du pouvoir ou toute autre valeur fondamentale de la communauté humaine [...] et les divinise par un culte idolâtrique, celui-là renverse et fausse l’ordre des choses créé et ordonné par Dieu : celui-là est loin de la vraie foi en Dieu. [Dieu] a en souverain maître donné ses commandements. Ils valent indépendamment du temps et de l’espace, du pays et de la race. De même que le soleil de Dieu luit sur tout visage humain, de même sa loi ne connaît ni privilège ni exception. Gouvernants et gouvernés, couronnés et non couronnés, grands et humbles, riches et pauvres sont également soumis à sa parole. Livrer la morale à l’opinion subjective des hommes, qui change suivant les fluctuations des temps, au lieu de l’ancrer dans la sainte volonté du Dieu éternel et dans ses commandements, c’est ouvrir la porte toute gde aux forces destructrices. L’abandon, qui en résulte, des éternels principes d’une morale objective [...] est un péché contre l’avenir du peuple, un péché dont les générations futures devront goûter les fruits amers. 

Le croyant a un droit inaliénable à professer sa foi et à la vivre comme elle veut être vécue. Des lois qui étouffent ou rendent difficile la profession et la pratique de cette foi sont en contradiction avec le droit naturel.  Des parents sérieux, conscients de leur devoir d’éducateurs, ont un droit primordial à régler l’éducation des enfants que Dieu leur a donnés, dans l’esprit de leur foi, en accord avec ses principes et ses prescriptions. Aux prêtres et aux religieux Ne vous lassez pas [...] d’exercer à la suite de Jésus Christ la charité et la sollicitude du bon samaritain. [...] . Soyez les consolateurs des affligés, les aides et les conseillers désintéressés de tous. 

− 1938. A l’occasion de la visite du caporal-président à Rome, quitte la ville avec le pape. b. Pendant la guerre  Elu pape quelques mois avant la guerre. Dénonce crimes nazis en Pologne, sans mention de l’appartenance religieuse des victimes (moitié catho, moitié juifs). 

Nous avons dû, hélas ! assister à un série d’actes inconciliables aussi bien avec les prescriptions du droit international qu’avec les principes du droit naturel et même les sentiments les plus élémentaires d’humanité. Ces actes exécutés au mépris de la dignité, de la liberté, de la vie humaine crient vengeance devant Dieu. Message de Noël 1939 

Dénonce spécifiquement crimes racistes : 

Le vœu [de la fin des combats], l’humanité le doit aux centaines de milliers de personnes qui, sans aucune faute propre, parfois uniquement en raison de leur nationalité ou de leur race, sont destinés à la mort ou à l’extermination progressive. Message de Noël 1942 

Soutient nommément les juifs : 

Quiconque établit une distinction entre les juifs et les autres hommes est infidèle et se trouve en contradiction avec les commandements. Message du 26 juin 1943 

1944. Guerre non terminée mais Rome libérée. Pie XII à un groupe de juifs romains venus le remercier de sa protection : 

Pendant des siècles, les juifs ont été méprisés et injustement traités. Il est temps qu’ils soient traités avec justice et humanité ; Dieu le veut et l’Eglise le veut. Saint Paul nous dit que les juifs sont nos frères. Il faut aussi les accueillir comme nos amis. 

3° Il s’est retenu de parler davantage  Réaction nazie très violente suite à lecture de Mit brennender SorgeAutres réactions violentes sur différents évêques allemands : plusieurs évêchés mis à sac, plusieurs prêtres tabassés, un évêque exilé. Demande de silence de l’épiscopat polonais après message de Noël 1939, de peur de redoublement de violence. Rafle de chrétiens et de juifs en 1942 aux Pays-Bas suite à protestation des évêques. 

[A propos des persécutions], toute parole de notre part, toute allusion publique, doivent être considérées et pesées avec un sérieux profond, dans l’intérêt de ceux-mêmes qui souffrent, de façon à ne pas rendre leur position encore plus difficile et intolérable. Discours du 2 juin 1943 Après bien des alarmes et des prières, j’ai jugé qu’une protestation de ma part, non seulement n’aurait bénéficié à personne, mais aurait provoqué les réactions les plus féroces contre les juifs et multiplié les actes de cruauté. Peut-être une protestation solennelle m’aurait apporté les louanges du monde civilisé, mais elle aurait valu aux malheureux juifs une persécution encore plus implacable que celle dont ils souffrent. J’aime les Hébreux, c’est justement parmi eux, le peuple élu, qu’est venu naître le Rédempteur. Je n’ai pas manqué non plus de faire remarquer à plusieurs reprises, en particulier à des diplomates de l’Amérique du sud, qu’il n’est pas vrai que le Saint-Siège se soit renfermé dans le silence en face d’une persécution aussi inhumaine, car plusieurs fois le Saint-Père y a fait une allusion très claire pour la condamner, tandis que, d’autre part, le danger de nouvelles rigueurs et d’une extension de mesures draconiennes à d’autres parties de l’Europe, comme par exemple à l’Italie et à la Hongrie, peuvent le conduire à une attente prudente et à une sage réserve. Nonce en France 

Au cours d’une audience, l’ambassadeur d’Italie fit remarquer au pape que les messages de condoléances qu’il avait envoyés aux souverains des pays neutres envahis par l’Allemagne avaient vivement mécontenté le chef du gouvernement italien. Devant les intimidations de l’ambassadeur, le pape répondit : 

Nous n’avons pas eu peur des revolvers braqués sur Nous une première fois ; Nous aurons moins peur encore une autre fois. [...] Les Italiens savent certainement les choses horribles qui se passent en Pologne. Nous devrions dire des paroles de feu contre des choses pareilles, et la seule chose qui Nous retient est le fait de savoir que, si Nous parlions, Nous rendrions encore plus dure la condition de ces malheureux. 

4° Il a agi a. Principalement par la voie diplomatique – Avant la guerre 

Quelques mois avant la guerre, le futur Pie XII écrit aux représentants de l’Eglise des Etats-Unis et du Canada pour attirer leur attention sur le sort des savants et professeurs juifs chassés d’Allemagne.  Pendant la guerre L’action diplomatique contre l’Allemagne et les pays occupés par elle était inutile voire néfaste. En revanche, le Saint-Siège a mené une action beaucoup plus soutenue auprès des pays vassaux ou alliés de l’Allemagne, en raison de la petite marge de liberté dont ils bénéficiaient. En Slovaquie : 

C’est avec une vive douleur que le Saint-Siège a appris que, en Slovaquie, dont la population est dans sa quasi-totalité catholique, on a publié une législation raciale contenant diverses dispositions directement opposées aux principes catholiques. Message de la secrétairerie d’Etat, 1941 

[Le Saint-Siège] se plaît à espérer que [les nouvelles de projet de déportation de juifs par le gouvernement slovaque] ne correspondent pas à la vérité, ne pouvant croire que, dans un pays qui entend s’inspirer des principes catholiques, on aille prendre des mesures aussi graves, et qui entraîneraient des difficultés pour tant de familles. 1942 

[J’ai redit au premier ministre slovaque] la pensée du Saint-Siège, qui lui avait été exprimée à plusieurs reprises. [...] Je lui ai dit que de telles actes sont une honte, spécialement pour un pays catholique. Cardinal Maglione, 1942 

En Roumanie : Lettre du représentant des juifs de Transylvanie du nord au Saint-Siège 

[Je sais] ce que l’Eglise catholique a fait jusqu’à présent pour les israélites de tous les pays. Je suis convaincu qu’aussi dans ces circonstances nous aurons son aide. Dr Ernest Grossman 

En Hongrie : 

Hier encore, j’ai réclamé sérieusement auprès du secrétaire général du ministère des Affaires étrangères contre une mesure du gouvernement, en soulignant encore une fois tout ce qu’il y avait d’inhumain et d’antichrétien dans la manière et dans l’étendue de la lutte menée contre les juifs. J’ai dit que le Saint-Père ne pourrait qu’être profondément attristé de voir que la Hongrie aussi, qui s’était jusqu’alors glorifiée d’être une nation chrétienne, s’était engagée sur une voie qui conduisait à se mettre en contradiction avec la doctrine de l’Evangile. Rotta, nonce en Hongrie 

De plusieurs côtés, on Nous supplie de tout mettre en œuvre pour que, dans cette noble et chevaleresque nation, ne soient étendues et aggravées les souffrances déjà si lourdes, endurées par un grand nombre de malheureux à cause de leur nationalité ou de leur race. Notre cœur de Père ne pouvant demeurer insensible à ces instantes supplications en raison de Notre ministère de charité qui embrasse tous les hommes, Nous Nous adressons personnellement à Votre Altesse, faisant appel à ses nobles sentiments, dans la pleine confiance qu’elle voudra bien faire tout ce qui est en son pouvoir pour que soient épargnées à tant de malheureux d’autres deuils et d’autres douleurs. Lettre de Pie XII à l’amiral Horthy, régent de Hongrie 

D’un point de vue humanitaire, mais aussi pour la sauvegarde de la morale chrétienne, le Saint-Siège élève sa protestation contre l’attitude inhumaine adoptée vis-à-vis des juifs [...] et prie le gouvernement d’intervenir avec la plus grande décision. Message du nonce au ministre des Affaires étrangères de Hongrie 

En France : Quand le gouvernement de la France occupée définit un statut de juif, le nonce réagit directement auprès du maréchal Pétain. Deux témoignages de cette prise de position : – compte rendu du nonce lui-même au secrétaire d’Etat : 

Je réagis assez vivement, déclarant que le Saint-Siège avait déjà manifesté ses idées sur le racisme, qui est à la base de toutes les dispositions prises vis-à-vis des juifs. 

– compte rendu de l’ambassadeur du Portugal, présent à cette entrevue : 

[Le nonce déclara :] le pape est absolument opposé aux mesures injustes qui ont été prises. Et je demande la permission au héros de Verdun [de savoir] si beaucoup de soldats qui sont morts glorieusement pour la France n’étaient pas juifs, et s’il est sûr que le soldat inconnu qui repose sous l’Arc de triomphe n’était pas juif. 

J’ai parlé plusieurs fois au ministre des Affaires étrangères [...] et avec le chef de l’Etat lui-même, du très douloureux problème. Nonce en France 

b. Mais aussi par l’aide directe en Italie et surtout à Rome  Témoignages 

Tous les réfugiés évoquent l’aide louable du Vatican. Des prêtres ont mis leur propre vie en danger pour cacher et sauver des juifs. Le pape lui-même a participé à l’opération de sauvetage des juifs. Lettre du soldat Eliyahu Lubisky, publiée le 4 août 1944 Des milliers de nos frères ont été sauvés dans les couvents, les églises, les zones extraterritoriales. Rapport du commissaire extraordinaire des communautés juives de Rome, Silvio Ottolenghi, 15 octobre 1944 

Le pape a été le seul à intervenir pour empêcher la déportation de juifs le 16 octobre 1943 et il a fait énormément pour cacher et sauver des milliers d’entre nous. [...] La confusion régnait en ces jours-là mais tout le monde savait que le pape et l’Eglise allait nous aider. Après le coup de force des nazis, le pape, qui avait déjà ordonné l’ouverture des monastères, écoles et églises pour sauver les persécutés, ouvrit également les couvents cloîtrés pour leur permettre de se cacher. Michael Tagliacozzo, juif 

Etat d’Israël veut honorer publiquement le cardinal Montini pour ses actions en faveur des juifs. Réponse : 

Je n’ai fait que mon devoir. Et, de plus, j’ai agi sous les ordres du Saint-Père. 

Réponse similaire du cardinal Roncalli. – Directives écrites de Pie XII, parfois autographes : 

Le Saint-Père veut sauver ses enfants, y compris les juifs, et ordonne aux monastères d’accorder l’hospitalité aux persécutés. 

En raison de la situation, la plupart des directives de ce genre ont vraisemblablement été orales et n’ont donc laissé d’autres traces que des témoignages de survivants. IV. Mais alors, d’où vient cette légende ? 1° Rolf Hochhuth, Der Stellvertreter (le Vicaire), 1963 

Auteur dont la principale préoccupation semble être de disculper l’Allemagne des crimes nazis ou de lui faire partager cette responsabilité avec d’autres. Histoire reprise par le film de Constantin Costa-Gravas, Amen, 2002. Œuvres de fiction. Origine connue depuis 2007 par révélation faite par général Pacepa, ancien des services secrets roumains, recruté ensuite par les services secrets américains : pièce écrite et diffusée à la demande des services secrets soviétiques et roumains. 

2° John Cornwell, Hitler’s pope, 1999 Auteur contesté pour des ouvrages sur d’autres sujets Rétractation partielle en 2004 

Conclusion – En résumé : - Pie XII n’a rien de nazi dans ses opinions. Il l’a manifesté ouvertement et plusieurs fois. Il est l’un des premiers en Europe à avoir mis en garde contre le péril nazi. Il n’a même pas considéré le nazisme comme un moindre mal par rapport au communisme. 

- Pie XII a agi en faveur des persécutés, catholiques ou non, principalement par l’action diplomatique hors d’Italie, et par des aides directes à Rome et en Italie. – Au-delà de cette prétendue affaire Pie XII, - Il est petit de se donner bonne conscience aux frais des générations passées. « Malheur à vous, qui dites : Si nous avions vécu du temps de nos pères, nous n’aurions pas versé comme eux le sang des prophètes ! » Matthieu XXIII, 30 - Garder tête froide et esprit critique. 

* Le communisme en diffusant cette légende ne chercherait-il pas à faire oublier ses propres persécutions ou son alliance avec le nazisme ? * La plupart des associations juives n’apportaient aucun soutien aux juifs devenus chrétiens, alors qu’ils étaient victimes eux aussi de la persécution et en certains pays nombreux. Il y aurait long à dire aussi sur l’absence de soutien voire le dédain des juifs séfarades envers les ashkénazes, notamment entre les juifs français, souvent socialement bien placés et peu pratiquants et les juifs originaires d’Europe centrale et orientale, très différents d’eux d’un point de vue social, culturel et religieux.  * Les gens qui reprochent au pape son silence sont curieusement ceux qui ne l’écoutent pas… – Il est normal que le monde s’attaque à Dieu en s’attaquant à l’Eglise et notamment au pape. « S’ils ont traité le maître de Béelzéboul, comment traiteront-ils donc les siens ! » Matthieu X, 25 « Si le monde vous hait, sachez qu’il m’ont haï avant vous. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi. » Jean XV, 18. 20 

« Heureux serez-vous quand on vous insultera, qu’on vous persécutera et qu’on dira faussement toute sorte de mal contre vous à cause de moi. Soyez dans la joie et l’allégresse, car votre récompense sera grande dans les cieux ; c’est ainsi en effet qu’on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés » Matthieu V, 11-12

Bibliographie

Pierre BLET, Pie XII et la seconde guerre mondiale d’après les archives du Vatican, 1997. Cet ouvrage est un résumé de l’ensemble du travail de recherche réalisé dans les archives du Vatican par une équipe d’historiens à la demande de Paul VI. Les étudiants et diplômés en histoire se retrouveront dans un tel ouvrage, mais le grand public le trouvera peut-être aride et trop détaillé. C’est à ma connaissance  le meilleur livre sur le sujet.

David DALIN, Pie XII et les juifs. Le gros avantage de cet ouvrage est qu’il est écrit par un rabbin, donc un personnage peu suspect de complaisance envers un ennemi du peuple juif. Il déborde du sujet en donnant de nombreux exemples de la protection des juifs par les papes au fil des siècles, mais aussi de la prise de position pronazie du grand mufti de Jérusalem pendant la guerre. Le gros inconvénient du livre est qu’il se départit souvent de l’impartialité que l’on est en droit d’attendre d’un ouvrage historique. Un esprit critique repèrera vite l’amalgame entre antisémitisme et antisionisme, entre monde arabe et monde musulman dans le dernier chapitre.

Pie XI, Mit brennender Sorge. L’encyclique condamnant le nazisme est éditée par l’Homme nouveau et vendue à un prix modique. Les autres textes pontificaux, s’ils ne sont plus publiés en France, sont faciles à trouver sur le site du Saint-Siège vatican.va

Les débuts de la Troisième République (1870 – 1879)

Posté : 26 mai, 2009 @ 2:40 dans Histoire | Pas de commentaires »

 

 

La IIIeme république a duré de 1870 à 1940 (avec le régime de Vichy). La IIIe république met 9 ans à s’installer.

 

i Une république née de la guerre. 

 

A.    Le désir de paix ramène les monarchistes au pouvoir 

 

Gambetta décide de continuer la guerre (la Prusse a atteint la Loire, Paris est encerclé…) en levant 600 000 hommes. 

Les Prussiens firent le siège de Paris. Les tentatives de briser le siège furent vaines. L’hiver fut très dur pour les Parisiens, on mangea même les animaux du jardin des plantes ! Pressé par la famine et menacé par les tentatives révolutionnaires, Paris capitula et signa l’armistice le 28 janvier 1871.

 

 Vierge apparaît à Pontmain 

 

Tandis que les armées ennemies continuaient à progresser vers l’ouest, voici que la Vierge Marie se manifesta à Pontmain, une bourgade au nord-ouest de Laval. C’était le 17 janvier 1871, dans la soirée.

La Vierge apparut dans le ciel, sur lequel on vit s’inscrire ce message :

« Mais priez mes enfants, Dieu vous exaucera en peu de temps ». 

De fait, en réponse aux ferventes prières qui lui furent adressées, la Vierge ne tarda pas à manifester sa protection : on vit des chevaux de l’armée ennemie se cabrer et refuser d’avancer, et les troupes prussiennes cessèrent leur progression…

Quelques semaines après, la défaite française étant consommée, c’était la paix.

 

Le 18 janvier, l’Empire allemand fut proclamé à Versailles. 

 

En février 1871 eurent lieu des élections d’une assemblée au suffrage universel (mais dans un contexte de guerre, de peur, de lassitude) : les monarchistes étaient pour la paix, les républicains pour la guerre, et les monarchistes obtinrent les 2/3 des sièges. Thiers est le chef du pouvoir exécutif de la république française. C’est le retour des légitimistes, des monarchistes. 

 

B.     La Commune : une guerre civile. 

 

(more…)

Le Second Empire (1er décembre1852-1er septembre 1870)

Posté : 16 mai, 2009 @ 1:01 dans Histoire | Pas de commentaires »

 

 I L’empire autoritaire : 1852-1860

II De l’empire autoritaire à l’empire libéral : 1860-1870

III L’oeuvre économique IV L’oeuvre sociale

V La politique extérieure

(more…)

La Deuxième République (24 février 1848-1er décembre 1852)

Posté : 5 mai, 2009 @ 2:20 dans Histoire | Pas de commentaires »

 I Le gouvernement provisoire et l’échec du socialisme

II Louis-Napoléon président de la République

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Les révolutions de 1848 en Europe : le « printemps des peuples »

Posté : 1 mai, 2009 @ 2:53 dans Histoire | Pas de commentaires »

 

I Libéralisme et nationalisme de 1830 à 1848 

 

Suite au Congrès de Vienne, en 1830, les Belges avaient proclamé leur indépendance, mais les Polonais n’y étaient pas parvenus, vaincus par les Russes.

 

-  L’agitation en Autriche 

L’Autriche était composée des peuples allemand et hongrois. Les allemands dominaient les Italiens et des peuples slaves (Tchèques, Polonais, Slovènes), les Hongrois dominaient les Roumains, les Slovaques et les Croates.

Les peuples allemands et hongrois demandaient l’autonomie administrative et l’usage de leur langue, mais Metternich refusait de céder à leurs demandes. Les nationalistes hongrois (Kossuth) demandaient une autonomie plus large.

 

-  L’agitation en Allemagne 

Les patriotes allemands voulaient une fédération des Etats allemands, (au dessus des 39 gouvernements, il y aurait un gouvernement fédéral) mais Metternich refusait de réformer la Confédération germanique.

Et pour réaliser l’unité, les patriotes comptaient sur la Prusse, dirigée par le roi Frédéric-Guillaume IV, qui était composée de plus d’Allemands que l’Autriche, et avait déjà composé une Union douanière (Zollverein) qui groupait les Etats de la Confédération germanique, sauf l’Autriche. Mais les libéraux lui reprochaient son refus d’accorder une Constitution.

 

- L’agitation en Italie 

Par le mouvement (commencé dès la fin du XVIIIème siècle) du Risorgimento (résurrection), les écrivains et les historiens voulaient ressusciter la grandeur politique et spirituelle de l’Italie dans le passé.

Les Italiens voulaient aussi chasser les Autrichiens du territoire italien et réunir les huit Etats en une confédération sous la direction du pape ou du roi de Sardaigne, mais certains voulaient une république.

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L’INQUISITION MEDIEVALE (XIIÈME-XIIIÈME SIÈCLES)

Posté : 9 avril, 2009 @ 1:12 dans Dossiers, Histoire, Sujets qui fâchent | Pas de commentaires »

Aujourd’hui, l’inquisition est universellement condamnée, sans appel. L’iconographie des manuels d’histoire, lancée par les encylopédistes du XVIIIème siècle amplifie la légende noire de l’Inquisition : les tableaux de Jean-Paul Laurens, sous la IIIème République, montrent des cachots, torture, bûcher, fanatisme, intolérance. En fait, ces images ont le grave inconvénient de transformer l’exception en la règle. (Bartholomé Bennassar) La légende noire de l’Inquisition s’est surtout faite à partir du siècle des Lumières. L’Encyclopédie la définit ainsi : « un tribunal fanatique, éternel obstacle au progrès de l’esprit, de la culture et des arts, à l’introduction du bonheur. » et Voltaire, dans son Dictionnaire philosophique : « L’Inquisition est, comme on sait, une invention admirable et tout à fait chrétienne pour rendre le Pape et les moines plus puissants et pour rendre tout un royaume hypocrite ». Michelet a confirmé cette légende noire qui fit de l’Inquisition une pourvoyeuse de bûcher.

Après, avec l’Inquisition espagnole, elle a été à l’inspiration d’opéras (Verdi, Don Carlos – Landowski, Montségur – Dallapiccola, Il prigionero), de livres et de poèmes de Dostoïevsky (La légende du grand Inquisiteur), Victor Hugo (La légende des siècles), Edgar Poe,…

« Tout cela n’a rien à voir avec la réalité historique, l’Inquisition est un prétexte et l’inquisiteur un archétype. » dit Jean-Pierre Dedieu. L’inquisiteur est devenu un type littéraire : un fanatique borné, un fourbe sadique, hypocrite…

«  Ce qui est exagéré est insignifiant » disait Talleyrand.

- D’un côté, Saint Hilaire de Poitiers proteste dès 365 contre la législation mise en œuvre par les empereurs romains en faveur de la vraie foi, rappelant que la persuasion avait été la seule arme du Christ et de ses apôtres. « Fides suadenda, non imponenda ». A la fin du IVème siècle, Saint Martin et Saint Ambroise protestent fortement contre la mise à mort de l’hérétique Priscillien sur ordre de l’empereur Maxime. Saint Jean Chrysostome, un peu plus tard : « Mettre à mort un hérétique, ce serait introduire sur la terre un crime inexplicable. »

- Et pourtant, l’inquisition a été pensée, animée, louée par des saints : Saint Dominique, Saint Raymond de Penafort, Saint Thomas d’Aquin, Saint Jean de Capistran…

Qu’en penser ?

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La monarchie de juillet (1830-1848)

Posté : 19 mars, 2009 @ 9:16 dans Histoire | Pas de commentaires »

I L’avènement de Louis-PhilippeII Le triomphe de la bourgeoisie

III le ministère GuizotIV La révolution de 1848

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La Restauration (1814-1830)

Posté : 14 mars, 2009 @ 11:35 dans Histoire | Pas de commentaires »

I Louis XVIII (1814-1824)

A. Louis XVIII et la charte

B. Le ministère Richelieu et la chambre introuvable (1814-1816)

C. Le gouvernement des modérés (1816-1820) : Decazes

D. L’assassinat du Duc de Berry et le ministère Villèle

II Charles X

A. Le ministère Villèle

B. Le ministère Polignac

C. La conquête de l’Algérie

D. La révolution de juillet 1830 : les trois glorieuses (27, 28, 29 juillet 1830)

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Le Congrès de Vienne 1814-1815

Posté : 5 mars, 2009 @ 11:04 dans Histoire | Pas de commentaires »

I Le congrès de Vienne et ses conséquences

 

 A. Les quatre vainqueurs

B.L’Allemagne et l’Italie

C. Les autres Etats

 

 II La Sainte Alliance et les Congrès

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Madame Elisabeth : la fin d’une sainte

Posté : 3 mars, 2009 @ 5:06 dans Histoire | Pas de commentaires »

Il s’agit d’un texte qui avait/a pour but d’introduire sa cause de béatification à Rome en vue de sa canonisation.  

    Le supplice de Madame Elisabeth  (par G.Gautherot)

Madame Elisabeth, Philippine-Marie-Hélène de France (3 mai 1764, Versailles- 10 mai 1794, Paris)

      Le 9 mai 1794, au Temple, vers 8 heures du soir, au moment où Madame Elisabeth, soeur de Louis XVI, et sa nièce, Madame Royale, allaient se coucher, on poussa leurs verrous et on heurta à leur porte.

     Ma tante, raconte la fille de Louis XVI, dit qu’elle passait sa robe; on lui répondit que cela ne pouvait pas être si long, et on frappa si fort qu’on pensa enfoncer la porte (sic). Elle ouvrit quand elle fut habillée.

     On lui dit:

     - Citoyenne, veux-tu bien descendre ?

     – Et ma nièce ?

     – On s’en occupera après.

     Ma tante m’embrassa et me dit de me calmer, qu’elle allait remonter.

     – Non, citoyenne, tu ne remonteras pas, lui dit-on; prends ton bonnet et descends.

     On l’accabla alors de grossièretés et d’injures; elle les souffrit avec patience, prit son bonnet, m’embrassa encore et me dit d’avoir du courage et de la fermeté, d’ésperer toujours en Dieu, de me servir des bons principes de religion que mes parents m’avaient donnés, et de ne point manquer aux dernières recommandations de mon père et de ma mère. Elle sortit.

     En bas, on visite ses poches, on lui fait traverser les cours sous une pluie battante et on la mène en fiacre à la Conciergerie. A dix heures du soir, on l’introduit dans la salle du Conseil, où le juge Deliège, en compagnie de Fouquier-Tinville, lui inflige un premier interrogatoire :

     – Avez-vous, avec le dernier tyran, conspiré contre la sûreté et la liberté du peuple français ?

     – J’ignore à qui vous donner ce titre, mais je n’ai désiré que le bonheur des Français.

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