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Le développement du christianisme en Gaule

Classé dans : Histoire de l'Eglise — 30 novembre 2009 @ 17 05 21

A. Les Evêques

B. Le Clergé rural

C. Les fidèles

D. Les moines

A. Les évêques 

Après la conversion de Clovis, les Francs et les Gallo-romains partageant la même foi catholique, l’unité fut plus facile. 

L’Église des Gaules se lie à la monarchie franque. Les rois ont une influence dans la nomination des évêques, mais pas dans la doctrine (contrairement aux empereurs byzantins). 

Les évêques sont élus par le clergé et par le peuple au cours de conciles. L’évêque métropolitain (on dira plus tard l’archevêque, élu avec l’approbation des évêques de sa province ecclésiastique) et le roi donnent leur consentement. 

En fait, le roi choisissait souvent parmi leurs familiers pour pouvoir compter sur leur fidélité. 

 

L’évêque était le personnage le plus important de la Cité. Il a le prestige du savoir : il connaît la littérature antique, les Saintes Écritures et des Pères. 

Certains écrivent des oeuvres, beaucoup sont saints : 

- Saint Césaire d’Arles : il a laissé des lettres, des sermons, des règles monastiques, des ouvrages théologiques, en style populaire, pour que tous aient “l’aliment de la doctrine”. 

- Saint Grégoire de Tours : il a le surnom de “Père de notre histoire”, car il nous a laissé l’ “Histoire des Francs”. 

L’évêque vit familièrement au milieu des siens et son diocèse est une grande famille. 

 

B. Le clergé rural 

Le christianisme a conquis d’abord les cités où il pouvait s’organiser (culte, école). 

Les habitants de la campagne, avant cette époque, sont restés longtemps païens : paganus, le paysan, est devenu synonyme de païen. La cathé­drale était d’abord la seule paroisse du diocèse. Les restaient auprès de l’évêque et formaient son presbyterium. De là, ils rayonnaient dans les campagnes, les villages, les bourgs fortifiés. 

 

Quand on avait construit un oratoire ou une basilique, un prêtre ou un diacre s’y rendait, de temps en temps. Certains jours de fête, les fidèles viennent à la cathédrale assister au service divin, que préside l’évêque. Si c’était trop loin ou qu’il y avait trop de fidèles à un endroit, on détachait un prêtre du presbyterium, et on construisait un baptistère à l’endroit de la nouvelle paroisse. 

 

Comme l’Église cathédrale, la paroisse rurale a son école, où elle instruit les enfants, les forme aux fonctions sacrées, parmi lesquels l’évêque choisira les futurs prêtres (sauf s’ils veulent se marier) 

 

Le concile de Vaison (529), présidé par saint Césaire, édicte cette prescription : « Conformément à ce qui se pratique avec fruit dans toute l’Italie, tous les prêtres de la campagne recevront chez eux de jeunes lecteurs qui ne seraient pas mariés, ils les élèveront comme de bons pères, leur faisant apprendre les psaumes, lire l’Ecriture et les instruisant dans la loi de Dieu, afin de se préparer de dignes successeurs. Si, cependant quelqu’un d’eux, lorsqu’il sera en âge, voulait se marier, qu’on lui en laisse la liberté. » 

 

Le prestige du clerc était grand dans la société mérovingienne. Lorsqu’on rencontre un clerc sur sa route, on incline la tête. Si l’un et l’autre sont à cheval, le laïc enlève son casque pour saluer. 

 

L’effort du clergé mérovingien a porté ses fruits :l’arianisme a disparu chez les Burgondes et les Wisigoths. L’Eglise a enseigné, transmis la culture antique, aidée par les moines.

 

 

C. Les fidèles 

Tout homme, dans les cités, avait une foi vive. On vénère particulièrement les Saints et leurs reliques (Les reliques, parcelle des os ou des vêtements du saint, sont placées dans une châsse), auprès desquelles on va en pélerinage. 

On subordonne tout à la vie éternelle dont on comprend l’importance. 

 

D. Les moines 

 

1)      Ce qu’est le monachisme 

Il est : 

-          ou bien érémitique (eremos : désert) vécu seul, 

-          ou bien cénobitique, vécu en communauté. (Avec Saint Benoît, le cénobitisme doit préparer l’érémitisme.) 

 

Depuis saint Martin de Tours (IVème siècle, Ligugé, Marmoutier, 2000 moines à sa mort), les monastères (vie cénobitique) se sont multipliés, à Lérins en 405, à Saint-Victor (Jean Cassien en 410), même s’il restera pourtant longtemps des ermites (comme les stylites [en haut d’une colonne]– qui suivent l’exemple de Siméon Stylite mort en 459). 

 

-Des hommes pieux (pas clercs) se retirent en dehors des villes, se bâtissent des cabanes, mettent en commun leur fortune, et pratiquent des mortifications et des prières, qui varient suivant l’Abbé (“père”) auquel ils obéissent. 

Les femmes (ne forment pas non plus tout de suite des communautés), ne se retrouvent d’abord qu’à l’Église, puis se réunissent dans des couvents, pour y vivre selon une règle précise (règles de saint Cassien, de saint Césaire d’Arles, de saint Honorat). 

 

Ces communautés sont des écoles d’ascèse (discipline de vie, ensemble d’exercices physiques et moraux pratiqués en vue d’un perfectionnement spirituel) et de spiritualité : on y pratique l’humilité, le renoncement, la charité, la prière, pour imiter le Christ

 

- L’Abbé Saint Benoît de Nurcie (530) construit un monastère au Mont-Cassin 

Sa soeur Scholastique fait de même à côté. (Depuis, il y a souvent un monastère de bénédictines à côté de celui des bénédictins). 

et écrit une règle très équilibrée. Elle le premier code complet de la vie monastique. (obligations des moines, attributions de l’Abbé). A la fin du VIIème siècle, presque tous les monastères dépendent de l’ordre bénédictin. 23 Papes ont été bénédictins avant! 

 

Dans la règle de Saint Benoît, l’abbé est élu, il ne peut pas changer la règle. 

“Quel est l’homme qui veut la vie et désire voir des jours heureux? (Ps 33) Qu’il vienne chez nous!”: 

Le novice prend l’habit après un an d’épreuve et prononce ses voeux de chasteté, de pauvreté, d’obéissance (pour cultiver l’humilité), et de stabilité, de façon à favoriser l’esprit de famille. Dans chaque monastère, il y a un maître des novices, un infirmier, un portier, un hôtelier. 

 

Le temps est partagé selon cette devise : “ora et labora.” 

Les moines prient en commun par la liturgie des heures (offices, 3-4 heures par jour), et seuls par la lectio divina (méditation). Ils travaillent 6-7 heures (travail manuel, intellectuel, enluminures) et ont 8 heures de sommeil. 

La nourriture est frugale, il n’y a pas de viande. Les moines dorment en dortoir. 

 

L’Irlandais saint Colomban, à Luxeuil en 590 dans les Vosges, écrit également une règle. Les pratiques ascétiques y sont rudes : rude travail manuel, études (latin, écriture), silence, jeûnes, flagellations, sanctions pour punir les manquements. Ces moines, qui ont pour vocation d’évangéliser, ne font pas voeu de stabilité, et sont en partie des prêtres, ils font donc plus d’études. 

 

2)      Le rôle du monachisme 

-          La christianisation, contre le paganisme dans les campagnes, et le dérèglement des moeurs : 

Par la prière, par leur exemple, par la charité (droit d’asile). Par l’action : ils détruisent les sanctuaires païens dédiés au ciel, au tonnerre, à la lune, aux arbres… De nombreux moines meurent martyrs (comme Saint Boniface). 

C’est pourquoi Pie XII a proclamé en 1947 Saint Benoît “Père de l’Europe”. 

-          Le développement de la culture chrétienne. 

Dans les écoles monastiques, on apprend non seulement l’écriture, mais aussi la culture profane latine: grammaire, rhétorique, géométrie et arithmétique. 

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