Deo Gratias

Pour connaître et aimer

Cours sur la prière

Classé dans : La prière — 27 novembre 2009 @ 13 01 22

 Ce cours est rédigé à partir de diverses sources, et notamment du livre de Saint Alphonse de Ligori « Le grand moyen de la prières ».

Saint Alphonse estime n’avoir rien composé de plus utile que son petit livre sur la prière.

Ce qui est très étonnant, c’est que quand on étudie un peu le sujet, on voit la nécessité absolue de la prière, et d’un autre côté, que les chrétiens s’en préoccupent trop peu!

Toutes les méditations, tous les autres efforts, ne servent à rien du tout si nous ne prions pas. Parce que nous n’aurons pas la force de les faire ou d’y persévérer, car il y faut en plus le secours actuel de Dieu qui n’est accordé qu’à ceux qui prient avec persévérance.

La prière est une élévation de l’âme vers Dieu, en vue de L’adorer, Si Dieu nous admettait à lui présenter nos requêtes une fois par mois, ce serait déjà une grande faveur. Les rois de la terre ne donnent que de rares audiences dans l’année, tandis que Dieu reçoit à tout moment. 

Le remercier, Lui demander Son pardon Isaïe : « Allons ! Discutons ! dit Yahvé. Quand vos péchés seraient comme l’écarlate, comme neige ils blanchiront » (Is l, 18) 

et Ses Grâces. La prière est une élévation de l’âme vers Dieu en vue de nous mettre en contact avec Lui par notre pensée, en même temps que par notre intention et nos sentiments. C’est une rencontre intentionnelle et volontaire avec Dieu, la Vierge-Marie, les Anges, les Saints et les Âmes du Purgatoire.

I Les différentes sortes de prière

 II La nécessité de la prière

 III Commenr prier

 1)Humilité

2)Attention3)Confiance

4)Persévérance

 I Les différentes sortes de prière 

On distingue plusieurs sortes de prières : 

-    La prière publique, qui se fait au nom de l’Eglise, comme : la Messe, la liturgie des heures (ou bréviaire), les bénédictions et les diverses cérémonies de l’Eglise, les signes de croix, les génuflexions, les encensements, etc… Même si elle est dite individuellement, elle est la prière de tous les membres de l’Eglise Universelle qui en reçoivent des grâces.

Il est recommandé de prier en commun (paroisse, famille,…) « Si deux d’entre vous s’unissent sur la terre, tout ce qu’ils demanderont leur sera accordé. Ils l’obtiendront de mon Père qui est dans les Cieux ; car là où deux ou trois personnes sont assemblées en Mon Nom, Je suis au milieu d’eux. » 

-         La prière vocale, ou orale, exprimée par les paroles : le Notre Père, Je vous salue Marie, Je crois en Dieu, les Actes de Foi, d’Espérance, de Charité, de Contrition, Je confesse à Dieu, l’ Angélus, etc. Il faut les connaître « par cœur » et utiliser régulièrement et même souvent.

-         La prière mentale, l’oraison, ou méditation. C’est à s’occuper, en silence, des vérités de la Religion, des besoins et de l’état de notre âme. Pour arriver à la perfection, disait saint Bernard, il faut la méditation et la prière : la méditation nous aide à comprendre ce qui nous fait défaut, et par la prière nous la recevons.

II Nécessité de la prière 

« Sans moi vous ne pouvez rien faire » (Jn 15, 5). Nous ne faisons aucun bien en dehors de celui que Dieu nous fait réaliser par sa grâce, que le Seigneur, selon sa Providence ordinaire, ne l’accorde qu’à ceux qui prient. Un chrétien ne peut pas se sauver s’il ne demande pas à Dieu les grâces nécessaires. Pour faire notre salut nous devons lutter et vaincre : « L’athlète ne reçoit la couronne que s’il a lutté selon les règles » (2 Tm 2, 5).

Or, toutes les grâces que le Seigneur a résolu éternellement de nous accorder, il ne veut nous les donner que par la prière. De même que le Seigneur a fixé que nous nous procurions du pain en semant du blé, et du vin en plantant des vignes. Saint Grégoire : « Par leurs demandes les hommes méritent de recevoir ce que le Dieu tout-puissant a dès toujours résolu de leur donner ».

En effet, sans la prière, il est impossible d’observer les commandements, et donc de rester dans la grâce de Dieu. « Celui qui prie se sauve ; celui qui ne prie pas se damne » Saint Augustin. Tous les élus du ciel, en dehors des enfants, se sont sauvés par la prière. Tous les damnés se sont perdus pour n’avoir pas prié.

 « Veillez et priez pour ne pas entrer en tentation » (Mt 26, 41). Adam est tombé parce qu’il ne s’est pas recommandé à Dieu au moment de la tentation.

Saint Bonaventure : le roi accuserait de trahison le capitaine qui, assiégé dans une place forte, ne l’appellerait pas à son aide. C’est blesser Dieu et lui faire injure de ne pas lui demander les grâces qu’il nous offre. « Venez à moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et moi je vous soulagerai » (Mt 11, 28). 

« Mais justement, il nous ordonne des choses dont nous ne sommes pas capables, pour que nous sachions ce que nous devons lui demander » Saint Augustin.

Saint Grégoire de Nysse : « La prière est la sauvegarde de la pureté ».

Saint Jacques : « Vous ne possédez pas parce que vous ne demandez pas » (Jc 4, 2).

Mais grâce à la prière, « Je puis tout en celui qui me rend fort » (Ph 4, 13). Saint Paul. « Dieu est fidèle ; il ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces, mais avec la tentation, il vous donnera le moyen d’en sortir et la force de la supporter » (1 Co 10, 13). « Dès que j’ai eu ouvert la bouche pour prier, dit David, j’ai reçu le secours du Seigneur. »  (Ps 119 (118), 131). « Invoque-moi, je te délivrerai » (Ps 50 (49),15). Isaïe : « Tu n’auras plus à pleurer car il va te faire grâce à cause du cri que tu pousses ; dès qu’il l’entendra, il te répondra » (Is 30, 19).

Saint Jean Chrysostome : « La prière est une armure, une protection, un port et un trésor ».

Le roi David ne faisait que de prier sans cesse : « Tourne-toi vers moi, pitié pour moi, solitaire et malheureux que je suis » (Ps 25 (24), 16). « Je t’appelle, sauve-moi afin que j’observe tes commandements » (Ps 119 (118), 146). « Je ne suis qu’un pauvre et un mendiant » (Ps 40 (39) 18).

Les Anciens Pères tinrent un jour conseil entre eux pour examiner quel était l’exercice le plus utile et le plus nécessaire pour le salut éternel. Ils conclurent que c’était de répéter fréquemment la brève invocation de David : « Seigneur, viens à mon aide ».

Saint Bonaventure : « On obtient quelquefois plus vite par une courte prière ce que l’on n’obtiendrait que difficilement par de bonnes oeuvres ».

« Comme le petit de l’hirondelle, je crierai », disait le pieux roi Ezéchias (Is 38, 14) : si nous voulons garder la vie de la grâce, il nous faut crier sans cesse, demandant secours à Dieu pour éviter la mort du péché et pour progresser dans son saint amour.

Par la prière, le salut devient assuré et très facile. Il n’est pas nécessaire pour cela d’aller sacrifier notre vie ni de se retirer dans le désert et s’y nourrir d’herbes. Qu’avons-nous à dire ? « Mon Dieu, aide-moi ; Seigneur, assiste-moi ; Aie pitié de moi » ! Est-il rien de plus facile ?

C’est pourquoi il faut prier souvent ; mais surtout le matin et le soir ; le matin pour offrir, le soir pour remercier et demander pardon, dans la journée, par les oraisons jaculatoires, dans les peines et les dangers ; dans les tentations et les moments heureux. 

Il faut aussi prier les saints, comme on se recommande à la prière des vivants : « Frères, priez, vous aussi, pour nous » Saint Paul  (1 Th 5, 25).

Et il faut surtout prier la Sainte Vierge, Médiatrice de grâce, qui nous obtient par son intercession les biens que Jésus Christ nous a mérités. Saint Augustin dit : « Marie mérite à bon droit d’être appelée notre Mère parce qu’elle a coopéré par sa charité à nous faire naître, nous fidèles, à la vie de la grâce, comme membres de notre Chef Jésus Christ. »

Saint Anselme : «Nous adresser à la Vierge, ce n’est donc pas nous défier de la miséricorde de Dieu mais redouter notre propre indignité ».

Saint Antonin : « Celui qui demande sans Marie essaie de voler sans ailes ».

On peut aussi prier les âmes du Purgatoire : nous prions pour elles et elles prient pour nous. Quand sainte Catherine de Bologne désirait quelque grâce, elle recourait aux âmes du Purgatoire, et elle se voyait vite exaucée.

III Comment prier ? 

Dieu nous exauce toujours  : 

« Invoque-moi et je te répondrai » (Jr 33, 3).

 «Demandez et l’on vous donnera ; cherchez et vous trouverez ; frappez et l’on vous ouvrira » (Mt 7, 7).

«Car quiconque demande reçoit, qui cherche trouve » {Lc 1 l,10).

 « Si vous me demandez quelque chose en mon nom, je le ferai » (Jn 14, 14).

« Si vous demeurez en moi… demandez ce que vous voudrez et vous l’aurez » (Jn 15, 7).

« En vérité, en vérité, je vous le dis, ce que vous demanderez au Père, il vous le donnera en mon nom » (Jn 16, 23).

Mais : « Vous demandez et ne recevez pas, parce que vous demandez mal » (Jc 4, 3).

Il faut prier avec : 

1.      Humilité  « Dieu résiste aux orgueilleux (qui se fient à leurs propres forces), et Il donne Sa Grâce aux humbles. » » (St. Jac.4, 6). Parabole du pharisien et du publicain (St. Luc 18,9 à 14). Saint Pierre, au lieu de prendre conscience de sa faiblesse et de demander du secours au Seigneur, présuma de ses forces : « Dussé je mourir avec toi, non, je ne te renierai pas » (Mt 26, 35). Notre corps lui-même doit avoir une attitude digne et même humble (à genoux). 

Il faut être convaincus que « Ce n’est pas que de nous-mêmes nous soyons capables de revendiquer quoi que ce soit comme venant de nous ; non, notre capacité vient de Dieu » Saint Paul (2 Co 3, 5). « Sans la grâce, dit saint Augustin, ils (les hommes) ne font rien de bon, soit par pensée, soit par action ». David : « Si Yahvé ne bâtit la maison, en vain peinent les bâtisseurs » (Ps 127 (126), 1).

Si l’on a fait quelque bien, si l’on n’est pas tombé en de plus grands péchés. Saint Paul : « C’est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis » (I Co 15, 10). « Que celui qui se flatte d’être debout prenne garde de tomber » (I Co 10, 12). Se fiant à ses propres forces, il cesse de craindre et de se recommander à Dieu ; il va donc certainement tomber. Seigneur, si vous ne m’ aviez pas aidé, j’ aurais fait pire. «Travaillez avec crainte et tremblement à accomplir votre salut » (Ph 2, 12). Saint Philippe Néri qui, dès son réveil, disait à Dieu : « Seigneur, protégez bien Philippe aujourd’hui ; sinon, Philippe va vous trahir».

Fût-il coupable de très nombreux péchés, Dieu ne peut mépriser un coeur qui s’humilie : « D’un coeur brisé, broyé, Dieu, tu n’as pas de mépris » (Ps 51 (50), 19).

Les grâces surnaturelles extraordinaires ne sont pas nécessaires pour parvenir à la sainteté. Par contre il en est beaucoup qui les ont obtenues et qui se sont pourtant damnées par la suite.

2.      Confiance : 

 » Si vous demeurez en moi (par la Grâce et l’intention droite) vous demanderez tout ce que vous voudrez et cela vous sera accordé. «  St. Jean 15, 7 « Tout ce que vous demanderez en priant, croyez que vous l’avez déjà reçu, et cela vous sera accordé » (Mc, 1 l, 24). 

Saint Augustin : « C’est le Tout-Puissant que vous sollicitez, demandez-lui quelque chose de grand !».

« Qu’il demande avec foi sans hésitation » (Jc 1, 6). « Tout ce que vous demandez en priant, croyez que vous l’avez déjà reçu et cela vous sera accordé » (Mc 11, 24). 

 « Ceux qui espèrent en Yahvé renouvellent leur force, ils déploient leurs ailes comme des aigles, ils courent sans s’épuiser, ils marchent sans se fatiguer » (Is 40, 31). Notre force consiste à mettre toute notre confiance en Dieu et à rester tranquilles et sereins c’est-à-dire à nous reposer dans les bras de sa miséricorde, sans compter sur nos talents personnels ni sur les moyens humains.

Est-il jamais arrivé que quelqu’un ait mis sa confiance en Dieu et se soit ensuite perdu ? « Qui donc, confiant dans le Seigneur, a été confondu ? » (Si 2, 10). David : « J’ai espéré dans le Seigneur, je ne serai pas confondu » (Ps 31(30), 1). Est-ce que par hasard, demande saint Augustin, Dieu pourrait nous tromper alors qu’il s’offre à nous soutenir dans les dangers, si nous nous appuyons sur lui ?

Si notre confiance est grande, grandes seront aussi les grâces : « Une grande foi mérite de hautes récompenses ». Selon saint Bernard, la divine miséricorde est une fontaine immense : plus ample en fait de confiance est le vase que l’on y porte, plus grande est l’ abondance des biens que l’ on rapporte : « Sur nous soit ton amour, Yahvé, comme notre espoir est en toi » (Ps 33(32), 22).

Et le Seigneur révéla à sainte Gertrude : celui qui le prie avec confiance lui fait en quelque sorte tant de violence qu’il ne peut pas ne pas l’exaucer en tout ce qu’il demande.

Saint Thomas More écrivait un jour à sa fille qui lui avait demandé de l’argent : ” Tu me demandes de l’argent avec trop de timidité. Ton père, tu le sais bien, est toujours prêt à t’en donner, et d’autant plus que ta lettre mériterait deux onces d’or pour chaque syllabe… Pourtant je t’envoie juste ce que tu me demandes. J’aurais bien ajouté quelque chose, mais si j’aime donner, j’aime aussi beaucoup que ma fille chérie me demande gentiment, comme elle sait le faire. Aussi dépêche-toi de dépenser cet argent. Plus tôt tu reviendras à la charge, et plus je serai content “.

Il veut, en effet, que nous recourions à Dieu avec la confiance même d’un enfant pauvre ou malade qui sollicite de son propre père des moyens de subsistance ou quelque remède.

Notre confiance en Dieu, dit David, doit être solide comme une montagne: « Qui s’appuie sur Yahvé ressemble au mont Sion ; rien ne l’ébranle, il est stable pour toujours » (Ps 125 ( 124), 1 ).

La Cananéenne, dont la fille était possédée du démon, priait le Rédempteur de l’en délivrer : « Aie pitié de moi… Ma fille est cruellement tourmentée par le démon » (Mt 15, 22-29). Je ne suis pas envoyé pour les étrangers, lui répondit Jésus, mais uniquement pour les Juifs. Mais elle ne se découragea pas et continua à prier avec confiance : Seigneur, vous pouvez me consoler, vous devez me consoler : « Il ne sied pas de prendre le pain des enfants et de le jeter aux petits chiens ». Mais, mon Seigneur, ajouta -t-elle, justement les petits chiens mangent des miettes qui tombent de la table de leur maîtres ! » Jésus loua cette femme de sa confiance et lui accorda la faveur qu’elle demandait « O femme, grande est ta foi ! Qu’il advienne selon ton désir! ».

Peut-être nous trouverons-nous parfois dans un état d’aridité spirituelle ou serons-nous troublés par quelque faute, et ne ressentirons-nous pas dans la prière la confiance sensible que nous souhaiterions ? Efforçons-nous cependant de prier, parce que Dieu ne manquera pas de nous exaucer, et même d’autant mieux que nous prierons alors en nous défiant davantage de nous-mêmes et en nous appuyant uniquement sur la bonté et la fidélité de Dieu, qui a promis d’exaucer qui le prie. Job : « Il peut me tuer, je n’ai d’autre espoir » (Jb 13, 15).

Quand nous nous sentons faibles et incapables : « Je puis tout en celui qui me rend fort » (Ph 4, 13). Supposons que Dieu dise à quelqu’un : Prends cette montagne sur tes épaules je vais t’aider à la porter. Celui qui répondrait : Non, je n’en ai pas la force, ne serait-il pas un sot ou un infidèle ? « Yahvé est ma lumière et mon salut, de qui aurais-je crainte ? » (Ps 27 (26), 1 ).

Mais je suis un pécheur ! « C’est vrai quand il s’agit d’un pécheur qui fait une prière « de pécheur », c’est-à-dire quand il demande de pouvoir continuer à pécher ou qui demande à Dieu de le sauver mais qui n’a pas le moindre désir de sortir de son état de péché : « Qui se bouche les oreilles pour ne pas entendre la loi, sa prière même est une abomination » (Pr 28, 9): « Quand vous étendez les mains, je détourne les yeux ; vous avez beau multiplier les prières, moi je n’écoute pas » (Is l, 15).

D’autres pèchent par fragilité ou poussés par quelque grande passion et ils appellent le Seigneur à leur secours. S’ils persévèrent dans la prière, ils seront écoutés du Seigneur. En saint Luc, Jésus parle de cet homme qui donna à son ami tous ses pains, non pas tellement par amitié mais plutôt parce que celui-ci l’importunait : « Je vous le dis, même s’il ne se lève pas pour les lui donner en qualité d’ami, il se lèvera du moins à cause de son impudence et lui donnera tout ce dont il a besoin » (Lc 11, 8). Si Dieu n’exauçait pas les pécheurs, dit saint Augustin, ce publicain aurait bien dit pour rien : « Aie pitié de moi, pécheur ! », mais il obtint bel et bien le pardon.

« Prête l’oreille, mon Dieu, et écoute !… Ce n’est pas en raison de nos œuvres justes que nous répandons devant toi nos supplications, mais en raison de tes grandes miséricordes » (Dn 9, 18). 

Saint Jean Chrysostome : « Tu désires bien moins être pardonné de tes péchés que lui ne désire te les pardonner ! » ; « Quelqu’un serait-il coupable de mille péchés, il n’est rien que sa prière ne puisse obtenir, du moment qu’elle est ardente et persévérante ». Celui qui le prie serait-il le plus grand pécheur du monde, du moment qu’il demande au Seigneur une grâce utile à son salut éternel, celui-ci ne va pas lui reprocher les déplaisirs qu’il lui a causés. Au contraire, le Seigneur lui fait aussitôt bon accueil, le console, l’exauce et le comble abondamment de ses dons, comme si jamais il n’avait été offensé.

Nous avons parlé plus haut des biens temporels : il arrive que le Seigneur ne nous les accorde pas parce qu’il voit que ces biens feraient du mal à notre âme. Quant aux biens spirituels, sa promesse est sans conditions ni restrictions.

Aussi saint Augustin : « Il aspire à te dispenser ses bienfaits plus que tu n’ aspires toi-même à les recevoir ». Saint Jean Chrysostome assure : « Le Seigneur ne s’irrite contre nous que lorsque nous négligeons de solliciter ses dons : Il ne s’irrite que lorsque nous ne demandons pas ». Comment Dieu pourrait-il ne pas exaucer quelqu’un qui ne lui demande que des choses qui lui sont agréables ? Voilà quelqu’un qui lui dit : Seigneur, je n’attends pas de vous les biens de ce monde, richesses, plaisirs, honneurs ; je ne vous demande que votre grâce ; délivrez-moi du péché ; accordez-moi de faire une bonne mort ; donnez-moi le Paradis et votre saint amour (la grâce qui est à demander par-dessus tout, dit saint François de Sales), ainsi que la soumission à votre volonté… comment Dieu pourrait-il ne pas l’écouter ?

« Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui l’en prient! » (Lc 11, 13).

3.      Attention 

Bien penser à ce qu’on dit et à éviter toute distraction volontaire, afin de ne pas mériter le reproche de Jésus aux Pharisiens : « Ce peuple M’ honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi. » (St. Matthieu 15,8).

Ne pas s’inquiéter des distractions involontaires, mais ne pas s’y arrêter. Saint Isidore : « C’est surtout lorsque le diable voit quelqu’un en train de prier qu’il lui met le plus des idées dans la tête ». Pourquoi cela ? Parce que l’ennemi voit que nous ne gagnons jamais davantage les trésors du ciel que lorsque nous prions.

La prière n’est pas une tension, mais une attention à sa présence Tout ce qu’on peut faire et dire dans la prière vise à établir notre personne dans la paix, pour qu’elle se tourne vers le foyer divin qui est en elle, comme des mains se tournent vers la chaleur du feu. 

4.      Persévérance 

       « Il vous faut prier sans cesse et ne pas se décourager » (Lc 18, 1).

Saint Paul: « Priez sans cesse » (I Th 5, 17). « Soyez assidus à la prière » (Col 4, 2). « Ainsi je veux que les hommes prient en tout lieu » (I Tm 2).

Pourquoi ? Parce que : « Celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé » (Mt 10, 22 ; 24, 13). Saint Thomas, que la prière soit persévérante et continue : « Après le baptême, pour que l’homme entre au ciel, la prière continuelle lui est nécessaire ».

 La grâce du salut n’est pas une grâce unique mais toute une chaîne de grâces qui ne font ensuite plus qu’un avec la Persévérance finale ; à cette chaîne de grâces doit correspondre, pour ainsi dire, une autre chaîne, celle de nos prières.

Il ne suffit pas, dit Bellarmin, de demander la grâce de la Persévérance une fois en passant ou rarement mais toujours, chaque jour, jusqu’à la mort : « La demander chaque jour pour l’obtenir chaque jour ».

Saint Grégoire : « Dieu veut être appelé, il veut être forcé, il veut être vaincu par une certaine importunité… Dieu n’est pas offensé par la bonne violence mais apaisé ».

Saint Jérôme : « La prière est d’autant plus agréable à Dieu qu’elle est importune plus longtemps ! ». Pourquoi le Seigneur ne me l’accorde-t-il pas une fois pour toutes la persévérance quand je la lui demande ? 

- C’est là la marque de notre confiance en Dieu. Dieu peut aussi nous mettre à l’épreuve en n’accédant pas immédiatement à nos demandes : l’aveugle de Jéricho, la Cananéenne de l’Evangile, la parabole de la veuve qui importune le juge, et le solliciteur qui, de nuit, réveille son voisin pour lui demander du pain…

- Les grandes grâces doivent faire l’objet d’un grand désir. Ce qui est longtemps désiré est reçu avec d’autant plus de joie.

- Pour que nous ne l’oublions pas. Le besoin amène les pauvres à fréquenter les maisons des riches. Et puis : «  La prière, ajoute saint Jean Chrysostome, n’est pas un mince lien d’amour avec Dieu : elle nous habitue à dialoguer avec lui ».

Mais jusqu’à quand doit-on prier ? Toujours, jusqu’à la mort : « Ne t’ arrête pas, continue-t-il, tant que tu n’ as pas reçu ! ». Saint Paul écrit : « Ne savez-vous pas que, dans les courses du stade, tous courent mais un seul obtient le prix ? Courez donc de manière à le remporter ! » (I Co 9, 24), jusqu’au bout !

David : « Je poursuis mes ennemis et les atteins, je ne reviens pas qu’ils ne soient achevés » (Ps 18( 17), 38). « Malheur à ceux qui ont perdu la patience » (Si 2, 14).

Le Père Ippolito Durazzo avait décidé de quitter la prélature romaine et de se consacrer tout entier à Dieu pour entrer dans la Compagnie de Jésus. Il craignait d’être infidèle à cause de sa faiblesse : « Ne m’abandonnez pas Seigneur, disait-il, maintenant que je me suis donné tout à vous ; par pitié ne m’abandonnez pas ! » Mais il entendit Dieu lui dire au fond du coeur : « C’est bien plutôt toi qui ne dois pas m’abandonner ». Confiant en la bonté de Dieu et en sa grâce, le Serviteur de Dieu finit par dire : « Vous ne m’abandonnerez donc pas. Eh bien, moi non plus je ne vous abandonnerai pas ! ».


La prière n’est pas une magie, ni une espèce de « porte-bonheur » ou un talisman. Elle n’a de valeur et d’efficacité que si elle exprime des dispositions réelles et bonnes.

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