Deo Gratias

Pour connaître et aimer

La grâce

Classé dans : Instruction religieuse,Sacrements — 29 septembre 2009 @ 15 03 41

 

 

Nous étudions à présent les sacrements, qui sont les moyens particuliers que le Christ nous donne pour permettre de recevoir sa grâce, d’être ainsi rendus capables de vivre ses commandements pour finalement accéder au Ciel. Pour pouvoir bénéficier de ce bonheur éternel avec Dieu, il faut évidemment être son ami. La grâce est cette amitié que Dieu veut bien nous accorder et qu’Il nous donne principalement par les sacre­ments, et aussi, mais d’une façon moins «visible», par la prière, les sa­crifices et les bonnes oeuvres. Cette amitié est comme la vie de notre âme : il est nécessaire de faire ce qui dépend de nous pour l’entretenir et la fortifier, sous peine de la voir s’amoindrir ou même disparaître.

 

I. La Grâce en général

II La Grâce sanctifiante : l’état de Grace

II Les grâces actuelles

 I- La grâce en général 

 

En plus de la vie naturelle, 

Il y a dans la nature différentes formes de vie : Dieu a donné aux pierres l’existence inerte, sans vie (= les minéraux) ; puis aux plantes (= les végétaux) la simple vie végétative ; aux bêtes (= les animaux) la vie d’instinct ; et enfin aux humains, la vie de raison. 

nous avons une autre vie, la vie surnaturelle.

L’être humain n’a pas été créé par Dieu pour vivre ici-bas pendant quelques temps et disparaître bien vite pour toujours : L’âme est faite pour une vie meilleure et immortelle à laquelle, d’ailleurs, elle aspire ardemment. 

Une nuit, un des notables juifs, membre du Grand Conseil, vint trouver Jésus pour lui demander le moyen d’aller au Ciel (cf. Jn 3, 1-7). Jésus lui parla d’une nouvelle nais­sance et Nicodème ne comprit pas. Jésus ne parlait pas alors de la nais­sance à la vie naturelle (union de l’âme et du corps), mais il parlait de la naissance à une vie plus haute, à la vie de la grâce. 

- La vie naturelle nous permet de travailler sur terre pour y vivre. L’homme est composé d’un corps matériel et d’une âme immatérielle. La vie (naturelle) résulte de l’union de l’âme et du corps. Si l’âme est séparée du corps, il n’y a plus de vie, c’est la mort.

C’est par notre âme douée d’intelligence et de volonté que nous sommes à l’image de Dieu.

 

- La vie surnaturelle provient de l’union de l’âme avec Dieu par la grâce sanctifiante. 

Saint Augustin : «  La Grâce Divine constitue la vie de notre âme, comme l’âme constitue la vie de notre corps.  » 

 

La Grâce sanctifiante, c’est la présence de Dieu dans l’âme réceptive.

Cette Vie de la Grâce, ne consiste pas dans le fait «  négatif  » de n’avoir aucun péché mortel sur la conscience, mais dans la possession «  positive  » d’une Force Vivante qui épanouit et divinise notre vie d’ici-bas. C’est cette Force Vivante que nous appelons : «  la Grâce Sanctifiante.  » 

Dieu nous élève au dessus de notre nature, comme le rosier sauvage (églantier) qui, une fois greffé, produit de très belles roses.

 

La vie surnaturelle, la vie de la grâce, nous permet de travailler pour aller au Ciel. Sans la grâce, nous ne pouvons rien pour le Ciel. « Ce n’est pas que de nous-mêmes nous soyons capables de revendiquer quoi que ce soit comme venant de nous ; non, notre capacité vient de Dieu » (2 Co 3, 5). Et avant lui David l’ avait affirmé : « Si Yahvé ne bâtit la maison, en vain peinent les bâtisseurs » (Ps 127 (126), 1).

 

Définition : La grâce est un don surnatu­rel que Dieu nous accorde par pure bonté et à cause des mé­rites de Jésus-Christ pour nous aider à faire notre salut. «  Je suis venu pour qu’ils aient la Vie et qu’ils l’aient en abondance !  » (en St. Jean chap. 10). 

 

La grâce est un don gracieux : c’est-à-dire quelque chose que nous recevons gratuitement, qui nous est donné sans que nous l’ayons gagné. La grâce est gratuite. En nous donnant sa grâce, Dieu offre une aide, un secours à notre âme, c’est un don surnaturel.

 

Et de plus, Dieu nous aide : 

- à conserver en nous cette vie di­vine (en évitant le mal) ;

- à la développer en faisant le bien ;

- à la faire revivre si nous si nous l’avons perdue par le péché qui la tue en nous (le péché appelé « mortel ») ; ou bien à la réparer si nous l’avons abîmée par le péché véniel. 

 

Le saint curé d’Ars comparait la beauté de l’âme purifiée (par la grâce) à une très belle rose dont les personnes di­vines viennent respirer le doux par­fum, et il opposait à ce merveilleux état de l’âme pure les ravages causés par le péché mortel en décrivant la décomposition d’un cadavre.

 

Dieu nous aide de deux manières dans la faculté de travailler pour le Ciel : 

 

- Par la grâce sanctifiante ou habituelle: c’est un état qui rend notre âme sainte.

 

- Par des grâces actuelles : ce sont des secours passagers qui sont des lumières et des forces surnaturelles et passagères destinées à nous éclairer et à nous aider à faire le bien.

 

II La grâce sanctifiante : l’état de grâce 

 

Définition : la Grâce sanctifiante, ou habituelle, est le don que les Trois Personnes divines nous font de la Vie Surnaturelle en venant habiter dans notre âme. 

Par la Grâce Sanctifiante, l’âme réceptive devient la demeure de la Sainte Trinité.

La Grâce «  imbibe  » en quelque sorte l’âme en état de Grâce, à la manière d’un fil électrifié en lequel, invisiblement mais réellement, circule le courant électrique qui fera briller une ampoule de sa belle lumière. 

 

Cette intimité avec Dieu, «  d’amicale  » qu’elle était au moment de notre création, mais devenue «  familiale  » depuis et par l’œuvre rédemptrice du Sauveur-Jésus, nous a faits enfants adoptifs de Dieu, et donc membres adoptés de la Famille Divine, au sein-même de la Sainte Trinité qui S’est insinuée dans l’âme fidèle. 

Nous participons alors à la vie divine. La Vie Surnaturelle reçue par la Grâce Sanctifiante fait de nous les enfants adoptifs de Dieu, les frères de Jésus-Christ, et les temples vivants du Saint-Esprit. Nous sommes donc héritiers de tout ce qui Lui appartient, nous avons droit au Ciel, c’est-à-dire à Lui-même. 

 

Nos actions n’ont une valeur surnaturelle, ne méritent le Ciel, que si nous sommes en état de grâce. 

Si nous ne sommes pas en état de grâce, si nous ne sommes pas greffés à Jésus, nous ne pouvons pas produire de bons fruits pour le Ciel. Un églantier non greffé ne peut pas produire de belles roses.

Demeurez en moi comme moi en vous. De même que le sarment ne peut porter de fruit par lui-même s’il ne demeure sur le cep, ainsi vous non plus, si vous ne demeurez en moi. Je suis le cep et vous les sar­ments. Celui qui demeure en moi et moi en lui, celui-là porte beaucoup de fruits ; car hors de moi vous ne pouvez rien faire. Si quelqu’un ne demeure pas en moi, on le jette dehors comme un sarment et il sèche ; et les sarments secs on les ramasse, on les jette au feu et ils brû­lent. Si vous demeurez en moi et que mes paroles demeurent en vous, demandez ce que vous voudrez et vous l’aurez. Jn 15, 4-7 

Cf. aussi la parabole des vierges sages et des vierges folles : l’huile représente l’état de grâce qu’on ne peut pas partager. 

 

 

 

 

 

 

 

On reçoit la vie surnaturelle (la grâce sanctifiante) par le baptême : c’est la greffe, l’acte d’adoption. On peut la perdre par le péché mortel (qui provoque la mort de la grâce en notre âme) : on se sépare du cep, du tronc.

C’est pourquoi Blanche de Castille disait à son fils qu’elle préférait le voir mort à ses pieds que le savoir coupable d’un seul péché mortel.

«Il advint que le Saint Roi demanda une fois au chevalier (de Joinville) s’il préférait avoir fait un péché mortel ou être lé­preux ; le chevalier répondit qu’il préférait avoir fait trente péchés mortels que d’être lépreux. Le Saint Roi l’en blâma beaucoup et lui montra que mieux vaudrait être lépreux, car le péché mortel est la lèpre de l’âme de laquelle l’homme ne sait comment être guéri, car il ne sait pas quand il doit mourir, s’il meurt sans droi­te contrition et sans vraie confession, qu’il ne sait s’il pour­ra avoir, puisque cette chose dé­pend et vient de la grâce de Dieu, l’âme restera toujours lé­preuse et semblable au diable s’il meurt en état de péché mor­tel. Par contre, chacun doit être certain qu’il doit être guéri de la lèpre du corps par la mort corporelle, c’est pourquoi le Saint Roi disait que de très loin il vaut mieux être lépreux que d’avoir fait un péché mortel.» 

Guillaume de Saint-Pathus, La vie et les miracles de Monsei­gneur Saint Louis, ch.9. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La séparation avec Dieu peut être réparée, comme le jardinier refait la greffe, par le sacrement de pénitence (ou la contrition parfaite). 

 

III Les grâces actuelles 

 

La grâce sanctifiante est comme la sève qui passe du cep dans les sarments. C’est à cause de cette sève que la vigne produit les raisins.


Mais lorsque la sève commence à monter, le vigneron retire les mau­vaises herbes, il lie la vigne sur l’échalas (tuteur), puis il la traitera, non pas pour lui donner la sève, mais pour lui per­mettre d’en profiter plus et de por­ter beaucoup plus de fruits.

 

Définition : la Grâce Actuelle est un don passager que Dieu nous fait pour nous encourager à faire le bien et à résister au mal. 

 

Dieu fait de même pour nous lorsqu’Il nous donne des grâces ac­tuelles qui sont des lumières et des forces surnaturelles et passagères destinées à nous éclairer et à nous aider à faire le bien en vue de nous inciter à poser tel ou tel acte utile à notre salut ; d’où l’adjectif actuelle. Ainsi, la grâce sanctifiante grandit en nous. 

Comme les parents qui soignent et éduquent leurs enfants, Dieu, qui nous a donné la vie surnaturelle continue de s’occuper de nous pour conserver et développer cette vie divine en nous. Dieu est le père de notre âme, Il éclaire notre intelligence pour qu’elle discerne le bien et le mal, nous aide à vouloir faire le bien malgré les difficultés, nous permet­ de résister à la tentation, ou de revenir à Lui quand nous avons péché. 

La Grâce Actuelle agit parfois spontanément, comme une force puissante ; parfois il peut même aller à pousser à une véritable conversion intérieure ou à un acte supposant un singulier et exceptionnel courage. Mais d’autres fois, cette Grâce agit comme une sorte d’inspiration, ou de bonne pensée, de crainte, voire de remords selon les cas. 

Si un enfant propose à un autre de voler des pommes et que l’autre refuse, c’est Dieu qui a éclairé son intelligence et qui lui a donné la force de dire non. Quand l’autre se repent ensuite, c’est Dieu qui le pousse à demander pardon.

Ces Grâces sont souvent occasionnées par des influences extérieures : notre famille, le catéchisme, le scoutisme, l’enseignement des Prêtres ; de prières ; d’une lecture ; d’une rencontre ; d’une épreuve plus ou moins pénible ; d’un exemple ; voire même d’un échec. Etc. Dieu, tantôt nous prévient ; tantôt Il nous encourage. C’est à nous de nous consulter, de discerner en cherchant à comprendre, puis à correspondre à la volonté ou à la simple invite de Dieu

 

Dieu donne ses grâces actuelles à tous les hommes, pas dans la même proportion, mais toujours suffisamment.

Dieu donne sa Grâce actuelle : 

a) Universellement, même aux pécheurs (pour qu’il puisse se convertir). «  Dieu veut que tous les hommes soient sauvés !  » (Ière Tim.2, 4) «  Dieu ne veut pas la mort de l’impie ; mais que celui-ci se convertisse de sa mauvaise vie, et qu’il vive !  » Ézéchiel (33, 11) 

 b) Inégalement : C’est ce qui ressort de la Parabole des Talents (St. Matth. 24, 14). Dieu proportionne ses dons en fonction de l’accueil qui est sensé pouvoir leur être fait. 

c) Suffisamment : «  Dieu ne veut pas que nous soyons tentés au-dessus de nos forces  » St. Paul. 

 

Si nous résistons à la Grâce actuelle en ne suivant pas les bonnes pensées ou intentions, ou en s’habituant au pécher, nous gâchons un précieux moyen de résister au mal, ou à des encouragements en faveur du bien. Nous nous exposerions à s’habituer au péché, à perdre la Grâce Sanctifiante, puis la Vie Éternelle en Dieu. 

Dieu nous a donné une certaine liberté pour que nous ayons le mérite de l’utiliser toujours dans le sens du bien. Cette résistance à la Grâce actuelle n’est pas forcément un péché ; mais c’est un abus de notre part, qui peut nous conduire à la soustraction d’autres Grâces, ou à un endurcissement dans le mal. 

«  Nous vous exhortons à ne pas recevoir en vain la Grâce de Dieu !  » (St. Paul  2 Corinthiens 6,1). 

«  Si vous entendez aujourd’hui sa Voix (du Seigneur) gardez-vous d’endurcir vos cœurs !  » (Ps 94,8)  

Nous devons ne pas résister aux grâces actuelles, mais au contraire y coopérer : «  Dieu nous a créés sans nous, mais Il ne nous sauvera pas sans nous !  » St. Augustin. 

 

Si nous allons au Ciel, ce sera par la grâce ; si nous allons en enfer, ce sera parce que nous aurons résisté volontairement à la grâce, comme Judas.

Il ne faut pas résister à la grâce, car si nous résistons à nos bons désirs, nous en prendrons l’habitude et nous serons comme le figuier stérile qu’on finit par couper parce qu’il ne porte pas de fruit (Lc 13, 6-9).

 

Les moyens ordinaires par lesquels Dieu nous accorde ses Grâces sont : la prière, le devoir d’état bien accompli, la justice et la charité envers le prochain, les sacrifices, et surtout les Sacrements reçus dans de bonnes dispositions. 

 

Demandons la grâce de vouloir garder et augmenter la grâce de Dieu dans notre âme. 

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