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Le Second Empire (1er décembre1852-1er septembre 1870)

Classé dans : Histoire — 16 mai 2009 @ 13 01 01

 

 I L’empire autoritaire : 1852-1860

II De l’empire autoritaire à l’empire libéral : 1860-1870

III L’oeuvre économique IV L’oeuvre sociale

V La politique extérieure

 

Napoléon III épousa Eugénie de Montijo, (issue d’une famille de l’aristocratie espagnole) qui l’aida à créer une cour brillante. Elle était une catholique fervente et souhaitait que son fils (qui naquit en 1856) régnât.

 

I L’Empire autoritaire : 1852-1860 

 

- Le suffrage universel et les plébiscites (en république, on élit les personnes qui font les lois, ici, on fait les lois et on demande aux citoyens si ils sont d’accord) donnent une apparence démocratique au gouvernement. 

- Cependant, la constitution n’est pas rédigée par une assemblée constituante élue, mais par Rouher (un proche de Napoléon III) ; pour l’élection du corps législatif, le gouvernement désignait les « candidats officiels », favorables à l’Empire, qui bénéficie d’affiches, de tracts payés par l’Etat, qui peut d’organiser des réunions… Si c’est un autre est élu, il doit prêter serment de fidélité au régime (généralement il démissionnait). Au début, les électeurs suivaient les indications, jusqu’en 1857.

- C’est Napoléon III qui nomme les ministres, propose les lois qui sont ensuite mises en forme par le Conseil d’Etat (nommé par Napoléon III), puis votées par le corps législatif (élu et qui peut être dissout par l’empereur). Le sénat (haute armée + haute Eglise + hommes nommés par Napoléon III), surveille la morale de la vie politique. 

 

- Toute opposition était étouffée par la surveillance des préfets dans chaque département. (Les préfets surveillent la police, la presse, les opposants dans le département et transmettent tout cela au ministre de l’Intérieur. Ils doivent aussi réunir les hommes d’influence pour donner une image positive du pays.) Les fonctionnaires républicains sont remplacés.

- La presse était surveillée bien qu’il n’y eût pas de censure : les journaux peuvent recevoir des avertissements; au bout de 3, il y a une suspension du journal et le paiement d’une forte amende. Alors, les journaux se censurent eux-mêmes.

- L’enseignement était contrôlé, les agrégations d’histoire et de philosophie sont suspendues (cela fait trop réfléchir), les cours de Jules Michelet, Guizot… sont suspendus.

 

Cela assurait la stabilité et la paix, la prospérité économique était revenue. 

 

Pendant cette période, Napoléon III favorisa l’Eglise : le budget du culte catholique fut augmenté de plusieurs millions, les fonctionnaires devaient assister aux cérémonies religieuses en grande tenue, les évêques jouissaient d’une grande liberté, de nombreux conciles diocésains et régionaux se tinrent.

 

C’est l’époque du pontificat de Pie IX (1846-1878), le plus long de l’histoire et reste un des plus importants. De nombreux concordats furent signés avec les différents états d’Europe. En Angleterre, il rétablit la hiérarchie catholique.

L’encyclique de 1864 « Quanta Cura » et le « Syllabus » condamnèrent les erreurs modernes (dont la franc-maçonnerie), tout en proclamant les droits de la Vérité. A la suite de la publication de l’encyclique «Quanta Cura» et du «Syllabus» (1864), Pie IX, en butte à toutes ces critiques, fit l’admiration de toute la chrétienté, tout particulièrement en France où des plus intransigeants (tels Louis Veuillot, Mgr Pie, Mgr Plantier) jusqu’aux plus libéraux (tels le père Lacordaire, Mgr Dupanloup, Montalembert) s’unirent pour l’exalter et le défendre.

Le 8 décembre 1854, Pie IX proclama comme dogme la croyance de toute l’Eglise : « Marie, Immaculée Conception ».

 

Ce fut l’époque des apparitions de Lourdes, en 1858, où la Sainte Vierge apparaît à Bernadette Soubirous sous le nom de L’Immaculée Conception (comme en réponse au dogme de 1854). Son message se résume par : « Prière, pénitence ».

C’est aussi l’époque de saint Jean-Marie Vianney (1786-1859), curé d’Ars pendant 41 ans. Les congrégations religieuses se multiplièrent (de 1852 à 1860, il en fut autorisé 982 !), plusieurs étant subventionnées par l’Etat. 

 

II De l’empire autoritaire à l’empire libéral 1860-1870 

 

L’intervention en Italie et le traité de commerce avec l’Angleterre rendirent hostiles au régime les catholiques et les industriels : les catholiques craignaient que l’unité italienne ne fasse perdre ses Etats au pape, les industriels étaient menacés par la concurrence des produits anglais. Napoléon III signa un traité de libre échange avec l’Angleterre en 1863 (ce qui s’oppose au protectionnisme ambiant), ce qui stimule l’économie française.

 

Malgré le système de candidature officielle, des opposants étaient élus. 

Pour gagner les libéraux (comme le républicain Emile Ollivier), il fit des réformes, surtout à partir de 1866 et des échecs en politique étrangère : le corps législatif eut le droit de discuter les lois, la presse fut libéralisée. 

Finalement, en 1870, le régime devint parlementaire avec deux Chambres : le Corps législatif et le Sénat. 

En mai 1870, un plébiscite approuvait les réformes à 7, 5 millions contre 1,5 million. 

 

III L’œuvre économique 

 

Napoléon III (à la suite de son oncle Napoléon Ier) voulait redonner à la France sa grandeur nationale perdue en 1815.  L’empire avait un grand souci de la prospérité matérielle du pays. 

Napoléon III fonda le crédit foncier de France. De grandes banques se créèrent. Les sociétés anonymes virent le jour. 

De grands travaux furent entrepris (drainage des Landes, de la Sologne). Paris est assaini et transformé par Haussmann qui perce des grandes avenues, les égouts… Des voies ferrés sont construites, le tunnel du Mont-Cenis à travers les Alpes. La France fournit l’argent nécessaire pour percer le canal de Suez, entrepris sur l’initiative de Ferdinand de Lesseps en 1869. 

 

IV L’œuvre sociale 

 

Napoléon III se voulait proche du peuple et des ouvriers. 

L’Etat vint en aide aux travailleurs par des sociétés de secours mutuel, la caisse de retraite, les caisses d’assurance. 

En 1864, il donne le droit de grève pour les ouvriers (il suit le mouvement : les grèves avaient déjà eu lieu). C’est la première fois que les ouvriers ont le droit de sortir de leur isolement. Cependant, cela n’empêcha pas le socialisme de se développer.

 

I V La politique extérieure 

 

Napoléon III est le maître de la politique extérieure. 

 

  1. La guerre de Crimée (1854-1858) 

 

Napoléon III renoua l’Entente cordiale avec l’Angleterre, et l’accompagna en Crimée pour lutter contre les Russes qui cherchaient à étendre leur influence sur l’empire ottoman (turc). L’opération (1854-1855) se termina avec la prise de Sébastopol après un siège de dix mois. [Les canons pris à Sébastopol puis fondus servirent à l’élévation de la statue de Notre-Dame de France au Puy-en-Velay] La France, lors de la conférence de la paix à Paris, jouait à nouveau le rôle d’arbitre et retrouvait ainsi son prestige. La Russie était humiliée.

 

  1. L’Italie 

 

1) La guerre d’Italie (1859) 

 

L’Italie morcelée ne pouvait bâtir son unité sans s’allier avec la France contre l’Autriche (qui possédait la Vénétie et la Lombardie). Napoléon III, ancien carbonaro, voulait aider les patriotes italiens : lorsqu’Orsini, italien patriote qui reprochait à Napoléon III de ne pas agir en faveur de l’unité italienne (il avait fait un attentat contre lui en 1858) fut assassiné en 1859, il laissa publier sa correspondance (bien qu’il eût refusé sa grâce). Napoléon III s’engagea auprès du Piémont (dirigé par le roi Victor-Emmanuel II et Cavour) à intervenir si le Piémont était attaqué. Victor-Emmanuel II et Cavour provoquèrent les Autrichiens qui envahirent le Piémont. Il voulait appliquer le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

 

Les Français vainquirent les Autrichiens à Magenta, puis à Solférino en 1859 (mai-juillet). Le Piémont put ainsi annexer la Lombardie (via la France). Comme prix de son aide, la France annexa la Savoie et Nice en 1860 (qu’on a gardés depuis) après des plébiscites favorables à d’immenses majorités

 

2) La question romaine 

 

Cependant, pour que l’Italie conquiert son unité, il fallait retirer au pape ses Etats pontificaux : c’est « la question romaine ». 

Cavour encouragea Garibaldi à s’emparer de Rome défendue par la garnison française, par les troupes pontificales, et une armée de volontaires, « les zouaves pontificaux ».

En 1864, l’empereur et Victor-Emmanuel II convinrent que les troupes françaises devraient évacuer Rome et Victor-Emmanuel II s’engageait à respecter la Cité Sainte. 

 

Alors, ceux qui jusque là soutenaient Napoléon III, Louis Veuillot, l’abbé Dupanloup, devenu depuis évêque d’Orléans, Mgr Pie évêque de Poitiers, s’opposèrent à la politique de Napoléon III et défendirent le pouvoir temporel du pape. 

 

Alors, Napoléon III fit poursuivre le cardinal Pie qui l’avait comparé à Ponce-Pilate, supprima le journal de Louis Veuillot « l’Univers », remit en vigueur les « articles organiques », interdit en 1864 la publication du « Syllabus » de Pie IX et plus tard travailla même contre le concile Vatican I. 

 

Quand Garibaldi envahit de nouveau le territoire pontifical (1867), les troupes françaises revinrent. 

Mais avec la déclaration de guerre de 1870, Napoléon dut rappeler les troupes d’Italie. 

Alors, Victor-Emmanuel II entra dans Rome par la Porte Pia qu’il fit enfoncer à coups de canon. Le pouvoir temporel du Saint-Siège disparaissait. 

Le pape était spolié de tous ses biens. Pour le « dédommager », le pape jouirait du Vatican, du Latran, de Castel-Gandolfo et d’un revenu annuel de 3 225 000 lires. 

Pie IX refusa ce marché et, enfermé au Vatican, se considéra comme prisonnier. Les papes suivants, Léon XIII, Pie X, Benoît XV et Pie XI se considéreront aussi comme des prisonniers : « le Saint-Siège doit être en fait et paraître manifestement d’une indépendance absolue quant à ses droits et sa souveraineté » (Pie XI, « Ubi arcano »)

 

Le problème juridique posé par la « Question Romaine » 

 

D’une part, l’Italie avait assurément le droit d’aspirer à son unité nationale, pour libérer ses frères de race du joug autrichien et pour former un pays. L’Italie unifiée ne pourrait revendiquer d’autre capitale que Rome, la seule ville devant qui toutes les anciennes capitales des provinces italiennes abandonneraient leurs prérogatives. 

De son côté, le pape avait raison de défendre l’indépendance des Etats Pontificaux possédés depuis 11 siècles (la donation carolingienne de 754) reconnue par le consentement unanime des autres nations. Il importait aussi que la plus haute autorité spirituelle du monde fût indépendante, et souveraine du territoire où elle siégeait. 

Cette « question romaine » ne sera résolue qu’en 1929… 

 

3) Le concile Vatican I 

 

Au concile Vatican I (il eut lieu dans la basilique Saint-Pierre du Vatican), du 8 décembre 1869, au 18 juillet 1870, Pie IX Il réaffirmait la puissance spirituelle du pape au moment où sa puissance temporelle était menacée. Ce concile était destiné « à pourvoir aux vexations dont l’Eglise est l’objet, au misérable état de la société civile, au trouble dans lequel nous vivons ».

Depuis le concile de Trente, qui était le dernier en date, on n’avait vu une assemblée aussi importante : 743 évêques venus de tous les points du globe.

Les schismatiques et les protestants furent invités au concile mais ne répondirent pas à l’appel. Par contre, aucune invitation ne fut envoyée aux gouvernements catholiques comme cela était la pratique, en particulier au concile de Trente. Pie IX voulait par là proclamer l’indépendance de l’Eglise.

 

Ce concile définit les rapports entre la raison et la foi, et surtout proclama le dogme de l’infaillibilité pontificale : « Le Pontife romain est infaillible lorsqu’il parle « ex cathedra », c’est-à-dire lorsque, remplissant la charge de pasteur et de docteur de tous les chrétiens, il définit qu’une doctrine sur la foi et sur les mœurs doit être crue par l’Eglise universelle ». 

 

Une très petite minorité de prêtres et de laïcs, surtout en Allemagne et en Suisse, réprouvèrent ce dogme et formèrent la secte des « Vieux catholiques ». Ce dogme était aussi la condamnation du gallicanisme qui professait la supériorité du concile œcuménique sur le pape.

 

Le concile fut interrompu par la guerre de 1870 et par la prise de Rome par les Piémontais, le 20 septembre 1870. 

 

  1. Les entreprises lointaines : colonies, Mexique 

 

La France intervint en Syrie, en Chine, pour soutenir les intérêts commerciaux et les missions catholiques françaises. Il occupa Saïgon, la Cochinchine et fit du Cambodge un protectorat. Il s’établit en Nouvelle-Calédonie, au Sénégal. 

 

L’armée était partie au Mexique avec les Anglais et les Espagnols pour obliger un dictateur à payer ses dettes, et… était restée sur place pour conquérir le pays, et proposer au frère de François-Joseph d’y être empereur ! Mais ce frère, Maximilien, fut renversé et fusillé par Juarez, dictateur soutenu par les Etats-Unis, en 1867. Le prestige de la France fut atteint. 

 

  1. La guerre de 1870 et la fin du second Empire 

 

Napoléon III soutenait la Prusse (dirigée par Guillaume Ier et le prince de Bismarck) qui voulait réaliser l’unité de l’Allemagne (c’était en accord avec la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes). Il le laissa donc attaquer le Danemark, puis l’Autriche (qui était notre alliée !) à Sadowa en 1866. 

 

Napoléon III demandait des compensations aux agrandissements de la Prusse (Bismarck, qui raillait la « politique des pourboires » ne lui donna que le Luxembourg) et les Etats allemands du Sud (Bavière, Saxe, Wurtemberg, Bade) se rapprochèrent de la Prusse. 

 

Un incident fut déclencheur : comme le roi de Prusse Guillaume Ier menaçait d’occuper le trône d’Espagne vacant à la suite d’une révolution, on redoutait la reconstitution de l’Empire de Charles Quint ; l’ambassadeur lui fit parvenir une dépêche à Ems, et Bismarck modifia la réponse de Guillaume Ier qui paraissait avoir essuyé un affront de la part de la France. 

A Paris, on monta en épingle le texte de Bismarck, ce qui créait un climat favorable à la guerre. La Chambre vota la guerre à la quasi-unanimité. La France déclara la guerre à la Prusse le 19 juillet 1870.

Les Etats allemands s’unirent alors à Bismarck (qui réalisait ainsi l’unité de l’Allemagne !) et la France n’avait plus d’alliés.

L’armée prussienne était bien plus entraînée que la France et elle avait un armement et des moyens de transports plus modernes. 

 

En un mois, les Allemands prirent l’Alsace (défaite de Reichshoffen !) et la Lorraine, et la meilleure armée du général Bazaine s’enferma dans la place de Metz en attendant d’être délivré par Mac-Mahon. Mais le secret de l’opération ne fut pas gardé, et le général Mac-Mahon fut encerclé à Sedan. Napoléon III encerclé avec l’armée (100 000 hommes) capitula le 1er septembre 1870. 

 

Le désastre de Sedan entraîna la chute de l’Empire. Le 4 septembre 1870, la foule envahit le corps législatif et proclame la république. Un « gouvernement provisoire de défense nationale » est constitué.

 

La fin de la guerre de 1870 : 

 

Gambetta décide de continuer la guerre (la Prusse a atteint la Loire, Paris est encerclé…) en levant 600 000 hommes. 

Les Prussiens firent le siège de Paris. Les tentatives de briser le siège furent vaines. L’hiver fut très dur pour les Parisiens, on mangea même les animaux du jardin des plantes ! Pressé par la famine et menacé par les tentatives révolutionnaires, Paris capitula et signa l’armistice le 28 janvier 1871.

 

La Vierge apparaît à Pontmain 

 

Tandis que les armées ennemies continuaient à progresser vers l’ouest, voici que la Vierge Marie se manifesta à Pontmain, une bourgade au nord-ouest de Laval. C’était le 17 janvier 1871, dans la soirée.

La Vierge apparut dans le ciel, sur lequel on vit s’inscrire ce message :

« Mais priez mes enfants, Dieu vous exaucera en peu de temps ». 

De fait, en réponse aux ferventes prières qui lui furent adressées, la Vierge ne tarda pas à manifester sa protection : on vit des chevaux de l’armée ennemie se cabrer et refuser d’avancer, et les troupes prussiennes cessèrent leur progression…

Quelques semaines après, la défaite française étant consommée, c’était la paix.

 

Le 18 janvier, l’Empire allemand fut proclamé à Versailles. La France signa avec lui le Traité de Francfort le 10 mai 1871 : 

-          Elle cédait l’Alsace et le Nord de la Lorraine. 60 000 alsaciens émigrèrent en France. 

-          Elle devait payer une indemnité de 5 milliards. D’ici là, une armée allemande occuperait le nord et l’est de la France. 

 

 

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