Deo Gratias

Pour connaître et aimer

QUE NOUS A APPORTE LE CHRIST? LA VIE ÉTERNELLE

Classé dans : Jésus-Christ — 21 février 2009 @ 18 06 24

MES FRERES, 

Le point le plus méridional de l’Afrique s’appelle « le Cap de Bonne-Espérance ». Il n’a pas toujours été appelé ainsi. Son ancien nom était «Cap des tempêtes ». Suivant les peuplades de cette région, aucun navire ne pouvait le doubler, sans faire naufrage. Mais depuis que Vasco de Gama, qui eut le bonheur de découvrir les Indes orientales, réussit à passer ce cap sans dommage, d’autres navigateurs suivirent avec confiance cette route et c’est alors que le Cap des tempêtes fut nommé Cap de Bonne-Espérance. 

L’océan de la vie humaine avait aussi un cap redou­table et dangereux devant lequel personne ne pouvait passer sans faire naufrage : la mort. Les yeux vagues, dans une incompréhension désespérée, nous restions en présence de cette question angoissante, tant que n’était pas venu Notre Seigneur Jésus-Christ qui le premier a franchi victorieusement le cap des tempêtes et nous qui marchons maintenant derrière Lui, nous savons que derrière la sombre porte de la mort nous accueille la lumière de la vie éternelle. 

Vasco de Gama a doublé victorieusement le Cap des tempêtes et a découvert les Indes orientales avec leurs diamants mais le Christ Notre Seigneur a franchi victorieusement la porte de la mort et nous a révélé la vie éternelle qui nous attend après la mort. Tel est le nouveau présent que nous a fait Notre Seigneur et tel est aussi le thème de mon sermon d’aujourd’hui. Les dimanches précédents j’ai dit que le Christ nous avait révélé Dieu et l’âme, donné une direction de vie et la joie de vivre, mais aujourd’hui je vais traiter d’une autre grande révélation : le Christ Notre Seigneur nous a découvert la vie éternelle. Voyons donc I ce que le Christ enseigne sur la vie éternelle et II ce qui résulte de cet enseignement.

 

QU’ENSEIGNE LE CHRIST SUR LA VIE ÉTERNELLE? 

I. Le Christ nous a donné une claire connaissance de la vie éternelle. Depuis que l’homme existe sur la terre, on a toujours eu une idée de la vie éternelle, on a tou­jours cru à une continuation de la vie terrestre. Si loin qu’on remonte dans l’histoire de l’humanité, les doctrines religieuses, les usages funéraires, le culte des esprits des défunts montrent que la vie humaine n’était pas regardée comme détruite définitivement par la mort, mais qu’on croyait qu’il subsistait encore quelque chose du défunt. 

Mais c’est seulement Notre Seigneur Jésus-Christ qui a tiré de ce pressentiment obscur une croyance claire. Il a parlé souvent avec une netteté indiscutable de la « vie éternelle » (S. Mathieu XIX, 16; XIX, z9; XXV, 46. S. Marc X, 30. S. Jean III, 36; IV, 14; IV, 36; V, 24, etc.). Il a parlé du Père céleste qui a envoyé son Fils unique dans le monde, « afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais ait la vie éternelle » (S. Jean III, I6). Il a dit de Lui-même : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour » (S. Jean VI, 54.). Et Il a promis qu’à ceux qui Le suivraient « Il donnerait une vie éternelle » (S. Jean X, 28). Une vie éternelle ! Une vie éternelle ! Ah ! quels mots sublimes ! Qui possède une vie éternelle ? Dieu seul. Une vie éternelle est donc autant qu’une vie divine (I° S. Jean III, I-z). 

2. Et depuis qu’ont retenti ces paroles merveilleuses du Sauveur, nous savons seulement où va notre vie. Sur le pont de Passau se trouve cette inscription : « Alles ist Ubergang », «Tout est un passage ». C’est certain. Nous ne faisons que passer… Mais réfléchissons, mes frères, à cette courte question : Où allons-nous? La terre nous emporte nuit et jour dans sa course vertigineuse, mais où? Qui pourrait nous le dire? Jadis les astronomes pensaient que nous nous précipitions vers la constellation d’Hercule; actuellement ils sont d’avis que nous sommes attirés par un point inconnu de la voie lactée… Mais il est aussi possible que cette étoile inconnue de la voie lactée soit également attirée par une autre étoile aussi inconnue. Nous ne savons pas. Mais nous savons une chose : le point central invisible 3e tout le monde des étoiles autour duquel tout gravite 

et vers lequel tout et tous se dirigent, c’est le Dieu éternel. Et depuis la venue du Christ nous savons que le seul centre d’attraction et la seule fin dernière de notre âme c’est Dieu qui nous aime infiniment. De même que la loi de la gravitation attire la pierre vers la terre, de même la loi de l’amour attire l’âme vers Dieu. C’est notre seule fin dernière. « Et la promesse que lui-même nous a faite, c’est la vie éternelle » (I° S. Jean II, 25). Tel est le but de l’oeuvre rédemptrice du Christ (Romains V, 21). Si notre âme reste fidèle à travers toutes les tentations, c’est à cause de « l’espérance de la vie éternelle qu’a promise dès les plus anciens temps le Dieu qui ne ment point » (Tite I, z). Notre âme demeure fidèle, afin que « justifiés par sa grâce, nous devenions héritiers de la vie éternelle, selon notre espérance » (Tite III, 7), et que nous soyons inscrits par Dieu « dans le livre de vie » (S. Luc X, zo. Apocalypse III, 5). Nous savons qu’ « Il rendra à chacun selon ses oeuvres : la vie éternelle à ceux qui, par la persévérance dans le bien, cherchent la gloire, l’honneur et l’immor­talité » (Romains II, 6-7). 

Mais voilà que ces réflexions nous amènent à une autre question plus importante : 

II 

QUELLE EST LA CONSÉQUENCE DE LA FOI
EN LA VIE ÉTERNELLE? 

Qu’est-ce que le Christ nous a donné par la foi en la vie éternelle ? Je pourrai répondre brièvement à cette question que 1. Il a changé notre manière de voir. 2. Il a changé notre vie et 3. Il a changé notre mort. 

I. Il a changé notre manière de voir. La foi en la vie éternelle a arraché nos regards à l’horizon borné de la terre pour les diriger vers la perspective de l’éternité, afin que nous contemplions tous les événements de l’existence « sous l’aspect de l’éternité », « sub specie aeternitatis ». 

a) Quelqu’un a fait, au sujet de la différence entre la musique de Mozart et de Wagner, cette remarque que la musique de Wagner donne l’au-delà tel qu’on le voit de la vie terrestre, mais la musique de Mozart montre la vie terrestre telle qu’elle est aperçue de l’autre monde. En vérité, rien ne nous est plus nécessaire actuellement que de voir chaque évènement pénible de la vie terrestre tel qu’on le voit du haut de l’éternité, de prendre notre essor vers les hauteurs au milieu du fardeau écrasant de la vie quotidienne et d’allumer le flambeau de l’éternité sur les chemins ténébreux d’un monde bruyant et périssable. Seul se retrouve dans la terrible confusion de la vie terrestre celui qui, au milieu du flot écumant des petits événements de tous les jours, a en mains la mesure de l’éternité que le Christ a donnée par ces paroles : « Que sert à l’homme de gagner l’univers, s’il vient à perdre son âme? » (S. Mathieu XVI, z6).  Lorsque Notre Seigneur nous eut donné son ensei­gnement sur la vie éternelle, notre horizon s’élargit considérablement, notre façon de juger les choses fut transformée et depuis il me faut la vie éternelle et aucun bonheur terrestre ne me suffit. 

b) Près de la fameuse ville du cinéma, Hollywood, se trouve un curieux « hospice des pauvres». Il s’appelle le « Moulin Rouge » et c’est là que sont recueillis les artistes pauvres et âgés qui jadis ont été des stars célèbres et dont la beauté était admirée dans le monde entier, mais à présent ils ne sont plus que des vieilles femmes ridées aux mains tremblantes, des vieillards courbés, presque paralysés… et pauvres, infiniment pauvres, car ils ont gaspillé jour par jour leurs immenses revenus… et maintenant personne ne les connaît plus… eux dont le nom, il n’y a pas longtemps encore, était publié glorieusement dans les cinq parties du monde. 

Oui, la foi en la vie éternelle a changé notre manière de voir. Il me faut la vie éternelle et aucun bonheur terrestre ne me suffit. 

c) A Gênes dont le cimetière est orné de magnifiques tombeaux en marbre vivait une vieille marchande de fruits dont le seul désir était d’avoir également, après sa mort, un beau monument. Aussi pendant toute sa vie elle économisa, ramassa, lésina mais finalement elle eut son monument de marbre. Quelle effrayante pensée : le fruit de toute sa vie c’était un bloc de pierre!  Oui, la foi en la vie éternelle a changé ma manière de voir. Il me faut la vie éternelle et aucun bonheur terrestre ne me suffit. 

2.  Mais cette foi en la vie éternelle a changé non pas seulement ma manière de voir, mais aussi la direction de notre vie terrestre. 

a) Notre Seigneur en effet n’a pas uniquement annoncé cette grande joie que nous avons un Père dans le ciel, mais Il a également publié ce grand comman­dement que nous devons être les dignes fils du Père céleste (S. Mathieu V, 45) « Soyez parfaits, comme votre Père céleste est parfait » (S. Mathieu V, 48). Depuis, notre règle de vie est la suivante : travailler sans se lasser et sans fléchir pour que l’image de Dieu devienne toujours plus belle dans notre âme. 

Qui peut entrer dans la vie éternelle? Celui qui a un extrait de baptême? Non. Mais celui dans l’âme duquel Dieu reconnaît ses propres traits.  Le peintre grec, Apelle, avait coutume de dire avec orgueil, lorsqu’il se mettait au travail : « Je travaille pour l’éternité ». Eh bien ! nous pouvons le dire à bon droit, lorsque loyalement, avec le sentiment du devoir, par une vie honnête, vertueuse, dans les souffrances endurées sans mot dire pour Dieu, nous traçons dans notre âme l’image de Dieu. 

b) J’ai confiance dans le Dieu de miséricorde, mais je n’oublie pas que Notre Seigneur Jésus-Christ a fait connaître sous deux aspects la vie éternelle la félicité éternelle et la damnation éternelle. Je n’oublie pas ces paroles de saint Paul : « Le salaire du péché, c’est la mort; mais le don de Dieu, c’est la vie éternelle en Jésus-Christ Notre Seigneur » (Romains VI, 23). Et ces autres paroles : «Ce qu’on aura semé, on le moisson­nera. Celui qui sème dans sa chair moissonnera, de la chair, la corruption celui qui sème dans l’esprit moissonnera, de l’esprit, la vie éternelle » (Galates VI, 8). Et je n’oublie pas les paroles du Christ Notre Seigneur qui nous exhorte sans cesse au renoncement et à la lutte sprirituelle : « Entrez par la porte étroite; car la porte large et la voie spacieuse conduisent à la perdition, et nombreux sont ceux qui y passent; car elle est étroite la porte et resserrée la voie qui conduit à la vie, et il en est peu qui la trouvent » (S. Mathieu 

VII, 13-14).  Ne l’oubliez donc pas, mes frères : la vie terrestre est le prélude de la vie éternelle, mais un prélude au sens de Wagner. Dans le prélude des opéras de Wagner on peut déjà découvrir tous les principaux motifs du sujet, en eux résonne déjà l’ « éternelle mélodie ». Le drame musical wagnérien se développe dans son ensemble comme nous l’avons entendu résumer dans le prélude; dans la vie éternelle aussi résonneront triomphalement au dedans de nous les motifs que nous aurons joués en nous dans le prélude de la vie terrestre. 

c) Vie éternelle, vie éternelle! Qui donc songe aujour­d’hui à la vie éternelle? Devant qui la vie éternelle a-t-elle aujourd’hui de la valeur? Elle a de la valeur une place avec un bon traitement. Elles ont de la valeur une belle maison et une automobile. Ils ont de la valeur les biens fonciers et le livret de caisse d’épargne. Pour bien des hommes cela seul a de la valeur. Mais parfois eux aussi frissonnent, sur leur âme passe le souffle de l’océan vers lequel nous allons tous oui, aujourd’hui encore une place, une maison, une auto, des domaines, de l’argent… mais demain on apporte déjà le cercueil et on creuse une petite fosse de deux mètres de profondeur… Et qu’arrive-t-il alors, quelle est la valeur de tout cela ? 

Ah ! instants bénis et émouvants ! Mes frères, à quel­que moment que ces pensées vous assaillent, ne fuyez pas devant elles, ne les chassez pas! Peut-être le jour des Morts devant les tombes… peut-être pendant vos vacances sur le bord de la mer, lorsque dans le calme de la nuit des millions d’étoiles s’empareront de votre âme, tandis que vous allez et venez sur le rivage… peut-être près du lit d’agonie de votre épouse, quand vous serez obligé, muet de douleur, de constater que tout l’argent et toute la médecine ne suffisent pas…peut-être quand vous vous agiterez, sans pouvoir trouver le sommeil, sur votre lit et que vous entendrez battre votre pouls et qu’il vous viendra à l’esprit qu’un jour ses battements s’arrêteront… seulement deux ou trois arrêts et on vous enterra… Mes frères, quel que soit le moment où vous sentirez que votre âme s’atten­drit à la pensée de l’éternité, ah! n’ayez pas honte, ah! ne laissez pas passer cet instant béni sans amender votre âme  Aux étalages et dans les rues des grandes villes on rencontre à chaque pas des livres ou des affiches portant en grosses lettres : « Voulez-vous vivre vieux? » Eh bien! mais c’est ce que je veux! – répond le passant et il lit avec curiosité la réclame. « Si vous voulez vivre vieux, mangez beaucoup de bananes… » « Si vous voulez prolonger votre vie, faites-vous inscrire dans notre institut qui enseigne à bien respire… » « Utilisez pour vos bains telles ou telles tablettes… » « … Si vous voulez prolonger votre existence, portez nos talons de caoutchouc… » Et ainsi de suite. Comme l’homme, mes frères, prend tous les moyens pour prolonger même seulement d’une heure sa vie terrestre Or voici le Christ qui allonge notre vie non pas d’une heure, non pas d’une année, – sa promesse dépasse le cadre des calculs humains : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressus­citerai au dernier jour » (S. Jean VI, 54). 

3. Et ainsi nous arrivons au troisième changement. Le Christ Notre Seigneur en nous révélant la vie éter­nelle n’a pas seulement changé notre manière de voir et notre vie, mais Il a aussi changé notre mort. a) Lorsque le premier des frères Montgolfier eut fait son ascension, une vieille femme s’écria mélancoli­quement « Qu’est-ce que l’on peut bien inventer? Ils arriveront à trouver le moyen d’empêcher de mourir… Mais moi je serai déjà morte », ajouta triste­ment la vieille femme.  Eh bien! mes frères, on n’a pas encore inventé le moyen de ne pas mourir et on ne le trouvera pas, – mais le Sauveur nous a montré le chemin à suivre pour vivre éternellement. Le Christ par la foi en la vie éternelle a donné un sens à la mort. 

La mort est la plus haute vérité de la vie. Où que nous regardions, où que nóus allions, la mort est partout. Où que nous soyons, la terre est au-dessous de nous un grand cimetière. L’humus, la terre, la terre nourricière, est issue d’une série infinie de victimes de la mort. A l’instant même où nous commençons de vivre, commence la lutte avec la mort. En vérité ce serait une folie de vivre, de vivre… et de ne pas compter avec la mort. De se réveiller le matin et de ne pas dire Peut-être est-ce le dernier jour. De se coucher le soir et de ne pas dire : Peut-être est-ce la dernière nuit… 

b) « Hélas ! ce doit être épouvantable. Être toujours préparé à la mort. Toujours vivre dans une crainte et un tremblement perpétuels ». Eh bien ! mes frères, voici qu’arrive le grand bienfait de Notre Seigneur Jésus-Christ certainement, être toujours prêt à mourir, mais n’être pas pour cela sombre, triste, déprimé. Avoir peur, – mais non pas de la mort. Avoir peur d’offenser Dieu. Avoir peur de souiller l’âme appelée à la vie éternelle. Avoir peur de perdre la vie éternelle. 

A celui qui pense ainsi la pensée de la mort ne coupera pas les ailes. Celui qui pense ainsi verra dans la mort une compagne de voyage; c’est vrai qu’elle fait passer sous une porte bien sombre, mais derrière la porte nous attendent la lumière, le bonheur et la paix. Notre Seigneur a-t-Il dit : « Vous ne mourrez pas» ? Non. Mais bien : « Soyez prêts » (S. Mathieu XXIV, 44). 

Quand on est prêt pour un grand voyage, on ne s’énerve pas, on ne court pas çà et là. Seul est anxieux et court de tous côtés celui dont le train est signalé, et qui, à la dernière minute, doit mettre en ordre ses bagages. Mais celui qui a déjà tout mis en ordre, tout empaqueté et a pris son billet, attend tranquille­ment le signal de départ.  Voilà ce qu’a apporté le Christ. Avant Lui on savait qu’il y a un autre monde. Mais avant Lui on disait des défunts qu’ils « étaient partis errer dans le pays des ombres ». Aujourd’hui on dit qu’ils sont «entrés dans la vie éternelle n. N’est-il pas remarquable que l’Église chrétienne appelle le jour de la mort des saints leur « dies natalis », leur « jour de naissance » ? 

c) Mais si je pense constamment à la mort, si je dois constamment m’y préparer, il vaudrait mieux être ermite, mettre une tête de mort près d’une cruche d’eau et d’un morceau de pain sec et avoir constamment à l’idée la fragilité du monde… La pensée de la mort paralyse et glace l’activité humaine ». Oh non! Précisément non. J’ouvre la Sainte Écriture et je lis quelle est la femme que la Sainte Écriture glorifie du nom de « femme forte ». Et je trouve des phrases merveilleuses. 

Donc suivant la Sainte Écriture (Proverbes XXXI), quelle est la femme forte? La ménagère, la bonne mère de famille, l’épouse laborieuse qui travaille, tient en ordre la maison, soigne son ménage, élève ses enfants… Eh bien ! et la mort? Elle sourit quand la mort arrive. Car elle sait que par l’accomplissement de ses devoirs, elle s’est acquis un droit à la vie éternelle. Elle a toujours été prête pour mourir et cette pensée n’a jamais arrêté son ardeur au travail. 

« Sourire devant la mort », – on ne peut pas aller jusque là. Dieu même a implanté en nous l’instinct vital et nous tremblons à la pensée de la mort. Mais nous avons reçu du Christ la foi, la foi en la vie éternelle, Il a effacé du visage de la mort les traits du désespoir et de la peur. Il y a parmi mes auditeurs une bonne vieille dame qui m’a demandé un jour de venir la voir. Je n’ai pas pu le faire, je n’en avais pas le temps. « Mais quand je serai gravement malade, dit-elle – alors vous viendrez me donner les derniers sacrements? n Et il a fallu que je lui promette. Alors elle m’écrivit une lettre si pleine de délicatesse et de gaîté d’âme que je ne puis m’em­pêcher d’en lire quelques lignes. « Je désirerais bien vivre encore longtemps, afin de progresser toujours davantage; quoique je souhaite comme une fête la fin de ma vie. Alors, comme vous l’avez promis, vous viendrez me voir; seulement je vous prie de faire en sorte que je sois encore en pleine connaissance; je désirerais tant entrer en beauté, en pleine connaissance et de grand coeur dans l’éternité, quand le bon Dieu viendra m’appeler… » (Elle est morte quelques semaines après mon sermon, exacte­ment comme elle l’avait souhaité dans sa lettre). 

Mes frères, dois-je expliquer davantage, comment la foi en la vie éternelle a transformé notre mort et a remplacé par la douceur la terreur peinte sur son visage. 

*     

Que nous a donné le Christ? – telle est la question que j’ai posée au début du sermon d’aujourd’hui. La vie éternelle – a été la réponse. La vie éternelle? – telle est l’interrogation qui se pose avec incertitude dans l’âme de bien des hommes d’aujourd’hui. La vie éternelle. Ah! si tout ce que nous venons d’entendre était hors de doute! Reste-t-il vraiment quelque chose de nous après notre mort? Est-ce que quelque chose de nous échappe à la corrup­tion du tombeau ? 

Mes frères, s’il venait à passer sur l’âme de quelqu’un d’entre vous le souffle glacial du doute « nos morts vivent-ils vraiment? n interrogez seulement ce jeune Francais qui vit encore actuellement à Paris et dans le salon duquel, en toute saison de l’année, des roses sans cesse renouvelées fleurissent une statue de la Petite Thérèse de Lisieux (i). Cet homme avait reçu, pendant la Grande Guerre, une terrible blessure et il était à l’agonie dans une ambulance anglaise. Il y avait peut-être encore une chance de le sauver, mais elle était bien faible : c’était de réussir à extraire le projectile qui se trouvait dans son corps à une telle place que le toucher équivaudrait à une mort certaine. A trois reprises on l’amena sur la table d’opération et le major anglais qui voulait tenter cette opération déses­pérée avait rejeté pour la troisième fois, au dernier instant, son scalpel. Et voilà que quelques jours après, le projectile sortit de lui-même d’une manière mystérieuse, sans aucune opération, par un autre endroit et le blessé fut sauvé. Monsieur le Major, demanda plus tard le soldat, pourquoi avez-vous abandonné à trois reprises cette dangereuse opération? 

Parce que je voyais devant moi une jeune fille qui me retenait la main. Une jeune fille ? Reconnaîtriez-vous son portrait ? 

Mais oui. Le soldat sortit une image de sainte Thérèse (de sainte Thérèse morte et enterrée en 1897). 

Était-ce bien elle? Oui, c’était elle. 

Et depuis des roses fleurissent toujours dans le salon de cet homme dont la vie terrestre a été sauvée par une heureuse habitante de l’autre monde en possession de la vie éternelle. Seigneur Jésus, je crois que nos morts vivent. le crois en la vie éternelle, au bonheur éternel. Actuellement je crois, - faites qu’un jour je la voie aussi. Que je la voie et que je la possède! Amen. 

Le Symbole des Apôtres – deuxième partie. Jésus-Christ le fils de Dieu le Divin Maître, sermons prononcés dans l’église de l’Université de Budapest, par Mgr TIHAMER TOTH. (traduits du hongrois par l’Abbé Marcel GRANCLAUDON). Editions SALVATOR, 1936.

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