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Pour connaître et aimer

QUE NOUS A APPORTE LE CHRIST ? UNE DIRECTION DE VIE III

Classé dans : Education et apostolat,Jésus-Christ — 5 février 2009 @ 10 10 40

MES FRÈRES,

Tolstoï avait un admirateur enthousiaste en la personne d’un peintre hongrois qui dans un grand désir de voir le patriarche russe vendit tous ses tableaux et se mit en route pour atteindre le but de ses rêves et pouvoir parler au consolateur des abandonnés qui à chaque ligne de ses écrits versait un baume sur les âmes souffrantes.

Il fut obligé de voyager de longues journées pour arriver enfin à Jasnaja Poljana et son cœur battait précipitamment à la pensée qu’il était arrivé dans le voisinage du Maître. Finalement il se trouva devant la maison où pour lui, habitait l’homme le plus éminent du monde. Il sonna, monta timidement les degrés et… alors… alors il se rencontra avec Tolstoï qui descendait rapidement après une querelle de famille, la tête dans les mains. Notre peintre raconte avec transport que ce jour était le plus heureux de sa vie, qu’il avait pu arriver chez celui dont il espérait la guérison de son cœur meurtri. Tolstoï le regarda avec étonnement, au dedans de lui-même il en eut certainement pitié et on aurait pu lire dans ses regards qu’il n’était pas très satisfait de sa visite. Il écrit des livres et est content qu’on les lise; il ne lui déplaît pas de recevoir des messages de félicitations, il ne se dérobe même pas, quand on lui demande des autographes. Mais qu’un homme en proie à la souffrance vienne de si loin jusqu’à Jasnaja Poljana pour y chercher des consolations ? Ce n’était pas la peine. Il avait déjà assez de ses propres maux et ne pouvait venir en aide aux autres.

Quand je lis cette curieuse histoire, un autre tableau se dresse devant moi. Notre Seigneur Jésus-Christ est là devant nous, devant les millions d’hommes d’aujourd’hui qui luttent et combattent, qui, portant sur leurs épaules courbées le poids de l’existence, cherchent partout soulagement et consolation, et voilà que résonnent les paroles du Sauveur :  » Venez tous à moi, vous qui êtes fatigués et chargés et je vous soulagerai  » (S. Mathieu XI, 28).

Voilà, mes frères, la troisième réponse à la question que nous avons soulevée il y a quinze jours.

Que nous a donné le Christ ? – ai-je demandé alors. Il a donné Dieu, – telle fut la première réponse. Il a donné l’âme, – telle a été la seconde réponse.

Mais Il a donné aussi une direction à notre vie, allons-nous répondre dans le sermon de ce jour. Ce ne sont pas les philosophes ni les savants ni les artistes ni les hommes politiques qui ont donné une direction de vie à l’humanité, mais uniquement le Christ qui nous a tendu les bras et avec des paroles inspirées par son amour infini a aiguillé notre route dans une direction totalement nouvelle et jusqu’alors inconnue,

I. Quelle direction le Christ a-t-Il indiquée à l’humanité et II. Qu’est-ce qui nous attend, si nous nous détournons de cette voie ? C’est à ces deux questions que je voudrais faire réponse dans l’instruction d’aujourd’hui.

I

QUELLE DIRECTION LE CHRIST A-T-IL TRACÉE A L’HUMANITÉ ?

 

A) Un maître inégalable de la peinture chrétienne, Fra Angelico, a représenté dans une fresque au profond symbolisme l’instant où après sa mort, Notre Seigneur descend  » aux enfers « , suivant les termes du Credo, pour conduire près de Dieu les âmes des hommes qui jadis avaient mené une vie inspirée par la crainte de Dieu. Sur ce tableau on voit une lourde porte de fer qui s’ouvre tout à coup et fait pénétrer une lumière aveuglante dans le cachot, et les hommes qui L’attendaient depuis si longtemps se mettent en marche vers le Christ qui leur tend les mains d’un geste rayonnant. Tous avaient été honnêtes, bons et purs, mais ils avaient vécu avant le Christ et leur vie venait seulement d’être complétée par le Christ.

 

a)Pour nous aussi, mes frères, toutes nos aspirations, tous nos désirs, tout notre idéal ne se sont réalisés que lorsque le Christ est arrivé parmi nous. Avant le Christ, l’homme avait aussi déployé des efforts, avant le Christ il y avait eu de la vertu sur la terre, sans le Christ avaient fleuri les fleurs de la bonté naturelle, mais tout cela n’était que des morceaux d’une mosaïque brisée, c’est seulement le Christ qui les a réunis dans l’unité étonnante d’une image imposante.

Dans l’antiquité avaient déjà fleuri de grandes civilisations, mais elles ne possédaient pas la force de conquérir le monde. Babylone et l’Assyrie furent d’immenses empires, elles édifièrent des constructions monumentales, on admire aujourd’hui encore leur législation et leurs connaissances astronomiques, mais leur action, leur propagande intellectuelle n’ont pas pu franchir les limites de l’Orient.

Le royaume des Pharaons fut aussi une grande puissance, ses obélisques, ses pyramides et la richesse de ses tombeaux aujourd’hui encore, après des milliers d’années, nous remplissent d’étonnement, mais, n’est-il pas vrai, comme cette civilisation égyptienne s’est figée et est tombée en ruines ?

Faut-il parler de l’antique civilisation chinoise ? Des trésors spirituels de l’Inde ? Ces civilisations ont toutes été limitées à des domaines plus ou moins grands et n’ont pas pu éveiller dans d’autres peuples le désir de les suivre.

Comme il en est tout autrement de la civilisation européenne ! Que de choses cette civilisation a apportées aux peuples, non seulement à ceux d’Europe, mais à tous les habitants du globe. Quel progrès moral, quel idéalisme, quel avancement dans les arts et les sciences ! Mais qui a donné à cette civilisation européenne la force de conquérir le monde ? Est-ce l’art grec et le droit romain qui en ont été les artisans indiscutables ? La rhétorique grecque et la technique romaine qui en ont été sans aucun doute les fondements ? Non. Elle a utilisé tout cela, mais ce n’est pas de là qu’est sortie sa force, et tout cela n’a pas été l’essentiel.

Ce qui a pénétré la civilisation européenne d’une force victorieuse, ce qui a été l’humus, la base, la source, l’aliment et le gardien de cette civilisation, c’est ce que nous appelons de ce seul mot : le christianisme.

Le christianisme a pénétré dans les empires grec et romain, a recueilli, ennobli et sauvé leurs valeurs sur le point de disparaître. Il infusa aux peuples jeunes et aux forces exubérantes des invasions barbares ses saintes idées, par là il adoucit leurs instincts précieux, mais sauvages et amena les peuples de l’Europe à l’unité de civilisation; il imposa aux arts un but beaucoup plus grand, il ouvrit devant la science de nouveaux champs de recherches.

b) Et voici la question principale d’aujourd’hui Quelle est donc cette voie sur laquelle le Christ a placé l’homme nouveau ? Ou en d’autres termes : Quelle est l’essence, l’âme, la force vitale de cette civilisation chrétienne ? La philosophie peut-être ? Le style gothique ou de la Renaissance ? L’agriculture ou la vie économique ? Le commerce maritime ? Oui, tout cela appartient à la civilisation occidentale, mais tout cela n’est pas l’essence, n’est pas l’âme de notre civilisation. Faut-il donc dire quelle est l’âme de notre civilisation ? L’âme de notre civilisation est la civilisation de l’âme, c’est-à-dire ce corps de vérités chrétiennes qui a élargi dans l’homme l’horizon terrestre et borné jusqu’à la perspective de l’éternité et ce corps de préceptes moraux qui est devenu pour tous les peuples d’Europe une source de forces spirituelles à l’aide desquelles ils ont triomphé des ravages et des ruines des siècles de l’histoire.

Napoléon a dit un jour que l’Évangile n’est pas un livre, mais une vérité vivante. Que voulait-il dire par là ? Que dans les paroles prononcées par Notre Seigneur Jésus- Christ, il y a vingt siècles, circule encore à présent une force vitale toujours nouvelle. L’homme laissé à lui-même se perd dans la matière : nos yeux ne regardent que la terre, nos désirs s’attachent à la terre, notre horizon est borné par les limites de la terre mais voici que vient le Christ et Il redresse notre tête, Il ennoblit nos désirs, Il élargit notre horizon. Et à tout cela il n’y a qu’une condition: Il faut que nous accueillons réellement le Christ et que nous soumettions toutes les manifestations de notre vie à sa volonté.

 

B) Je sens que je touche actuellement à une idée qui ne peut se passer d’un commentaire assez détaillé.  » Faire au Christ une place dans notre vie « ,  » Soumettre au Christ les manifestations de la vie actuelle « .  » Remplir du Christ le monde actuel…  » On entend souvent formuler ces exigences de notre sainte religion. Mais n’est-ce pas en contradiction avec l’idée chrétienne ? Imposer le Christ au monde actuel ? Mais combien son t-ils pour penser comme si le Christ ne s’occupait pas du monde et de la vie terrestre ! En effet, Il a toujours dirigé nos regards seulement vers l’autre monde, Il n’a toujours parlé que de lui, qu’est-ce que le Christ aurait à dire à l’homme d’aujourd’hui?

Je sens qu’il me faut répondre à cette question. Il y en a qui pensent que le Christ s’est exclusivement préoccupé de l’autre monde et qu’Il n’a pas eu un seul mot pour la vie terrestre, il nous faut donc regarder ce qu’il y a de vrai et ce qu’il y a de faux dans cette manière de voir.

a) Tout d’abord, nous reconnaîtrons que le trait caractéristique de Notre Seigneur est réellement la vie surnaturelle et l’amour enflammé pour le Père céleste. Non seulement Il a dit de Lui-même  » Ma nourriture est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé  » (S. jean IV, 34) mais toute sa vie l’a aussi montré réellement.

b) D’autre part, les paroles et les exemples du Sauveur prouvent aussi constamment que non seulement Il n’était pas un ennemi de cette terre et de la vie terrestre, mais qu’Il portait aux créatures de Dieu vivantes ou inanimées un amour inconnu jusqu alors.

Dans son idée de Dieu il n’y a rien de l’ancienne idée d’un Dieu sur un trône, bien loin du monde; son Dieu est présent partout, remplit tout : tout est en Dieu. Et c’est précisément ce qui nous explique cette bienveillance fervente de Notre Seigneur pour la nature que peut-être aucune époque n’a su autant apprécier que l’époque actuelle. Pour le Christ il n’y a pas de nature  » morte « , ses paraboles et ses comparaisons sont une apologie éternelle de cet amour que le Christ a porté aux plus petites manifestations de a nature.

Mais où son amour fut le plus grand ce fut à l’égard des hommes.

Qui oserait dire que le Christ ait passé avec indifférence a côté des événements de la vie terrestre ? Qui oserait dire qu’Il n’ait pas eu de cœur pour notre sort heureux ou malheureux ? Il n’y a qu’à lire l’Évangile presque chaque page démontre combien le Christ a pu 1.souffrir avec nous et 2. se réjouir avec nous.

1) Comme le visage béni de Jésus nous montre qu’Il a pu prendre part à toutes les souffrances de la vie, le Christ a pu souffrir avec nous.

Le Christ aurait été insensible aux soucis terrestres ? Mais voyez comme Il aime les enfants (S. Mathieu XIX, I3) non seulement Il les aime, mais Il a tous les sentiments d’un père angoissé (S. Marc V, 36), d’une mère délaissée (S. Luc VII, 13), Il partage les souffrances d’un cœur de malade. Avec quelle tendresse sans exemple Il se comporte avec Madeleine et Pierre repentants ! Souvent les évangélistes écrivent de Lui, qu’  » Il eut pitié de la foule  » (S. Mathieu IX, 36; XIV, 14- S. Luc VII, I3)

Le Christ ne se serait pas soucié des problèmes de cette terre ? Voyez comme Il ne craint pas de violer le sabbat, comme Il n’a pas peur devant l’indignation des Pharisiens, quand il s’agit de soulager la misère humaine (S. Marc I, 23 – S. Luc XIII, 14 – St Jean V, 9).

Le Christ ne se serait pas inquiété des problèmes d’ici-bas ? Remarquez avec quelle bonté sans exemple Il s’adresse aux malades.  » Mon fils  » dit-il au paralytique (S. Marc II, 5);  » ma fille  » dit-Il à la femme malade (S. Marc V, 34). Il aurait été indifférent le Christ qui a pleuré sur la ruine de Jérusalem et qui, à la vue des assistants en pleurs au tombeau de Lazare  » frémit intérieurement et se troubla  » (S. Jean XI, 33) ? En vérité, le cœur du Sauveur a pu sentir, se serrer, souffrir avec nous.

2. Mais le cœur du Christ a pu aussi se réjouir avec nous. Et le Christ qui se réjouit avec nous nous apprend peut-être encore plus clairement quelle direction Il a donnée à cette vie terrestre.  » Abstine, sustine « , telle était la maxime de l’empereur philosophe, Marc-Aurèle,  » abstiens-toi et supporte « . Les Néo-platoniciens parlaient du corps comme de  » la prison de l’âme « . Aussi dans les jeûnes du peuple élu, aussi dans la rude manière de vivre de saint Jean Baptiste on sent une certaine, sombre et douloureuse mélancolie de la vie terrestre.

Notre Seigneur ne connaît pas tout cela. Il a pratiqué le jeûne Lui aussi, mais Il n’en a pas été abattu ni déprimé. Il a dit :  » Lorsque vous jeûnez, ne prenez pas un air sombre, comme font les hypocrites… Pour toi, quand tu jeûnes, parfume ta tête et lave ton visage, afin qu’il ne paraisse pas aux hommes que tu jeûnes, mais à ton Père qui voit dans le secret  » (S. Mathieu VI, i6-i8).

Personne n’a eu de la vie une conception plus haute et plus grave que Lui et cependant Il n’a pas condamné les petites joies pures de la vie. Il ne se dérobait pas quand on L’invitait à un repas et ne s’inquiétait pas d’être ensuite traité par ses ennemis d’  » ami de la bonne chère et buveur de vin  » (S.Mathieu XI, 9). Il s’assit à la table de Lévi, de Simon et de Marthe, Il se rendit aux noces de Cana, Il accomplit même son premier miracle, afin que la joie des convives ne fût pas gâtée par le manque de vin.

Je n’aime donc pas entendre dire, comme certains le prétendent ici ou là, que les disciples du Christ doivent être austères, avoir un regard grave et compassé, car on n’a jamais vu sourire Notre Seigneur… Non.

Ce Jésus qui a partagé non seulement nos larmes, mais aussi nos joies, ce Jésus qui nous a apporté de son Père du ciel  » la bonne nouvelle  » n’a pas pu avoir un visage sombre, revêche, froid et glacial.

Dans le Christ il n’y a pas trace du mal du siècle ni du dégoût de la vie; le Christ n’a pas fui devant la vie, mais Il l’a regardée à fond avec ses yeux divins, Il l’a saisie de ses mains divines et Il a soulevé et spiritualisé toutes ses manifestations.

Jésus ne s’est pas enfui devant le monde, mais Il n’a pas été non plus son esclave, Jésus a vaincu le monde, et la direction nouvelle qu’Il a donnée à ses disciples comme but de la vie est aussi la source de cette victoire civilisatrice qui depuis vingt siècles a assuré le triomphe des peuples qui ont pour base l’idée chrétienne.

II

QU’EST-CE QUI NOUS ATTEND,

SI NOUS NOUS ÉCARTONS DE LA VOIE DU CHRIST?

 

A) S’il en est ainsi, mes frères, s’il est vrai que c’est le christianisme qui a donné sa force à la civilisation occidentale, alors nous ne pouvons pas considérer sans anxiété la laïcisation actuelle de la pensée humaine, nous ne pouvons pas considérer sans anxiété que la force de l’idée chrétienne, l la force de la foi et de la morale chrétiennes rencontre tant d’obstacles et soit si affaiblie de nos jours.

L’Occident, l’Europe, doit sa grandeur au christianisme : c’est donc une question vitale de savoir si l’Occident restera au Christ. Car c’est un fait aussi triste qu’indéniable que depuis les Temps modernes a commencé l’infidélité au Christ des peuples jadis chrétiens et cette manifestation ne fait que se poursuivre de nos jours.

En ce moment il n’est pas question de vous, mes frères, qui êtes ici, dans cette église, mais de nos contemporains qui ne sont ni ici ni dans une autre église. Les manifestations de notre vie scientifique, économique, culturelle et politique se dérobent de plus en plus à l’influence de l’esprit chrétien et encore bien davantage la technique, l’industrie, le commerce, le travail, la bourse. Aujourd’hui nous naissons dans un monde émancipé du Christ, où se trouve une foule d’hommes qui Lui sont infidèles.

Cependant il ne peut y avoir de doute sur ce qui nous attend, si nous nous séparons du Christ.

Qu’est-ce qui nous attend ? Ce qui attend le corps quand il est séparé de l’âme.

Dès que l’âme abandonne l’homme, il n’y a plus rien pour en maintenir les mille parties et il n’y a plus d’être humain, mais une poignée de sel, de charbon, de phosphore, d’eau, de fer et dix autres sortes d’éléments; de même dès que la valeur de l’âme disparaît de la société, il n’y a plus rien pour la maintenir dans l’unité, et à la place d’une société humaine, organisée et ordonnée, il reste seulement un petit tas de fabriques, de locomotives, de prisons, d’imprimeries et d’hôpitaux.

Qu’est-ce qui nous attend, si nous nous séparons du Christ ? Nous deviendrons borgnes. Comme leur nombre est déjà grand ! Ils ne voient que le côté matériel du monde, cet œil leur est resté, mais ils ne veulent pas en même temps plonger leurs regards dans les événements extérieurs. Ils sont aveugles de l’autre œil avec lequel ils pourraient voir au-dessus de la terre.

Et quelle en est la suite ? Une douloureuse déception dans l’Ame de l’homme actuel : il ne voit que la lutte et ne connaît pas la victoire; il combat et n’aperçoit pas la couronne; il suit sa route et ne voit pas le but où mène cette route.

Dans la société antique il y avait quelques penseurs qui s’étaient séparés de Dieu. Et aujourd’hui ? Aujourd’hui la société commence à exclure Dieu de ses pensées.

Mais c’est en vain : la seule réalité vivante et puissante de l’histoire du monde est aujourd’hui encore uniquement la force du Christ.

Et lorsque les spectres rouges des pays en flammes nous épouvantent et que nous reculons d’effroi devant les bouleversements spirituels et matériels, que signifie le terme de révolution, nous sommes obligés de voir nettement ce que sont pour nous le Christ et l’idée chrétienne. Quoi donc ? Une vie humaine paisible, ordonnée, une garantie de civilisation.

 

  1. Chacun prêche la lutte contre la révolution sociale, mais la prêche-t-on bien ? 

Car ce n’est pas uniquement avec des mots qu’on peut la vaincre, ce n’est pas uniquement par la propagande et les discours qu’on peut la combattre. Alors comment ? En retournant au Christ. En nous pénétrant du Christ.

A quoi bon condamner les révolutionnaires, si en même temps je laisse les journaux illustrés, les cinémas et les théâtres tourner en dérision les vérités religieuses et traîner dans la boue les lois morales ? Soyons persuadés, mes frères, que la lutte extérieure contre la révolution restera une entreprise désespérée et fallacieuse, si nous la laissons en même temps grandir ou si même nous combattons l’idée chrétienne par notre propre manière de vivre. Ces chrétiens qui appliquent les lois morales suivant leur goût et leur fantaisie, comment oseraient-ils prendre la parole contre les révolutionnaires ? On ne devrait pas avoir peur de la révolution, on ne devrait pas avoir peur du diable, mais il faut craindre ces semblants de chrétiens.

A Tobolsc, les soviets russes ont fermé dernièrement une série d’églises et ils en ont transforme quelques unes en prisons. Ce n’est pas seulement un fait bien triste, mais aussi un profond symbole : autant on ferme d’églises du Christ, autant il faut bâtir de prisons pour les malfaiteurs, autant n’est pas assez, il en faut dix fois plus. Car n’oublions pas une loi fondamentale de l’histoire de la civilisation qui est ainsi conçue : Toute institution n’est forte et ne peut rester en vie que tant qu’est attachée aux fondements sur lesquels elle a été jadis édifiée.

Et s’il est vrai – c’est en réalité la vérité pure – que la Civilisation européenne doit sa grandeur à la foi et à la morale chrétiennes, alors il est également Vrai et le danger est certain que cette civilisation va à la ruine par suite de l’abandon de l’idée chrétienne. De même que la civilisation romaine a été anéantie par le culte des hétaires et des histrions, de même la nôtre sera aussi détruite par le culte des girls et des boys et les mille autres formes de légèreté morale.

* *

*

Mes frères, en 1930, courut à travers toute la presse européenne la nouvelle qu’une actrice universellement connue (Maria Orska) s’était suicidée. Elle possédait tout ce qui peut sembler nécessaire pour jouir de la vie et cependant elle avait rejeté la vie.

Qu’est-ce que l’homme jette loin de lui ? Ce qui est déchiré, ce qui est sans valeur, ce qui est une charge inutile ?

Se plonger jusqu’au cou dans les jouissances de la vie n’est donc pas un but suffisant pour l’existence ? Vous voyez que non.

Alors un théâtre, un bel appartement, un auto, un manteau de fourrure, des voyages, des soirées ne sont toujours pas un but suffisant pour la vie ? Tous voyez que non.

Depuis la venue du Christ nous savons que le devoir principal de la vie est l’accomplissement de la volonté divine par une vie honnête, le travail, l’obéissance au devoir, le sacrifice, la distraction n’en est que l’assaisonnement.

Seul travaille donc pour l’avenir de l’humanité celui qui aide l’humanité aveuglée par les cinémas, les journaux illustrés et les distractions mondaines à comprendre que les exploits sportifs ou les danses des messieurs et des dames du grand monde ne doivent pas être regardés comme les manifestations les plus hautes de l’esprit humain et que ce type d’hommes qui se développe dans l’atmosphère du luxe le plus raffiné non seulement s’écroule devant l’inutilité de sa propre vie, mais est aussi un ver rongeur et destructeur de l’arbre social.

Il s’écroule de lui-même, car l’échelle des jouissances n’a pas un nombre infini d’échelons; le thermomètre y atteint facilement le point d’ébullition, après lequel arrivent le feu et l’incendie. Mais c’en est fait aussi de la société, car en elle la seule passion de l’égoïsme éteint tout amour, tout intérêt, toute pitié pour la misère d’autrui.

Seigneur Jésus, Vous nous avez donné une autre direction de vie. Vous êtes  » la voie, la vérité, la vie « . Faites que vos peuples devenus infidèles se retrouvent grâce à Vous sur le chemin qui conduit à la vérité et à la vie ! Amen.

Le Symbole des Apôtres – deuxième partie. Jésus-Christ le fils de Dieu le Divin Maître, sermons prononcés dans l’église de l’Université de Budapest, par Mgr TIHAMER TOTH. (traduits du hongrois par l’Abbé Marcel GRANCLAUDON). Editions SALVATOR, 1936.

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