Deo Gratias

Pour connaître et aimer

QUE NOUS A APPORTE LE CHRIST ? L’AME

Classé dans : Jésus-Christ — 18 janvier 2009 @ 15 03 03

MES FRÈRES,

Quelle est l’essence du christianisme ? Quelle est l’idée tout-à-fait neuve, totalement originale que l’humanité a apprise de Notre Seigneur Jésus-Christ ? C’est la question que j’ai soulevée dans le sermon de dimanche dernier et la première réponse a été celle-ci : le Christ nous a donné Dieu. Il a donné à notre façon de penser une tournure théocentrique. Depuis Lui nous savons que Dieu est notre Père béni du ciel. Tel a été le sujet de mon instruction il y a huit jours.

Mais à présent nous cherchons une autre réponse à la question : que nous a donné le Christ ? Le Christ nous a donné l’âme, c’est-à-dire que depuis Lui nous savons que chaque homme possède un joyau d’une valeur infinie, une âme immortelle, appelée au bonheur éternel.

Est-ce réellement, mes frères, une révélation si sensationnelle ? Est-ce vraiment un si grand événement que le Christ ait révélé notre âme ? Pourtant si dans le sermon d’aujourd’hui nous arrivons à voir I cette vertigineuse et sublime perspective que découvre la pensée du Christ sur l’âme et II si ensuite nous sentons le souffle desséchant comme le vent du désert, de la pensée du monde non chrétien sur l’âme, alors nous arriverons seulement à bien sentir ce que le Christ nous a donné, quand Il nous a donné l’âme.

Notre première question est donc celle-ci :

I

QUELLE A ÉTÉ LA, PENSÉE DU CHRIST AU SUJET DE L’AMIE ?

Depuis Notre Seigneur Jésus-Christ nous savons que tout homme a une âme immortelle qui, venue de Dieu sur la terre, retourne à Dieu après son pèlerinage terrestre pour Lui rendre compte de la vie qu’elle a menée ici-bas ; c’est donc notre seule tâche importante et décisive que de sauver cette âme pour la vie éternelle, car  » que sert à l’homme de gagner l’univers, s’il vient à perdre son âme?  » (S. Mathieu XVI, 26).

Je pourrais résumer brièvement ainsi la doctrine que Notre Seigneur a prêchée sur l’âme et par laquelle Il a réellement découvert l’homme. Le Christ a découvert l’homme, car c’est seulement depuis Lui que nous savons ce qu’est l’homme 1) pour lui-même et 2) Pour les autres hommes.

1) Que sommes-nous pour nous-mêmes ?

a) Passons en revue l’histoire des anciens peuples orientaux : la vie de l’individu avait-elle de la valeur et de la signification ? Certainement non. Il n’y avait qu’un seul homme dont la vie fût regardée comme précieuse c’était le despote, le tyran puissant, les autres millions d’hommes n’existaient, ne travaillaient et ne mouraient que pour lui.

Considérons les états grec et romain : la vie de l’individu y avait-elle de la valeur ? Aucune. Uniquement dans la mesure où elle était utile à l’état, à la société. Le stoïcisme proclamait bien en théorie l’égalité de la nature humaine et l’égalité des droits, mais cette doctrine restait comme la froide lumière du soleil d’hiver qui n’éveille pas la vie.

Mais le Christ est venu et depuis sa naissance nous partageons le temps en deux parties: avant Jésus-Christ et après Jésus-Christ.

En réalité avait-on le droit de procéder ainsi ? La naissance du Christ a-t-elle été vraiment un événement assez décisif dans l’histoire de l’humanité pour que l’on soit obligé de la prendre comme point de départ d’une nouvelle ère ?

Je répondrai à cette question par le témoignage d’un écrivain non catholique : H. S. T. Chamberlain écrit dans son livre intitulé :  » Les bases du XIXème siècle  »  » La naissance du Christ est la date la plus importante de toute l’histoire de l’humanité. Il n’y a pas une bataille, pas un commencement de règne, pas un phénomène naturel, pas une découverte dont l’importance puisse être comparée à la courte vie terrestre du Galiléen. C’est ce qu’assure une histoire presque deux fois millénaire, bien que nous ayons toujours à peine franchi le seuil du christianisme. Appeler cette année la première et commencer notre ère par elle a sa profonde, signification  » (I, 42).

Et pourquoi faut-il commencer avec le Christ le début de notre ère, il répond également : Quand on découvre une force nouvelle, il est logique de remonter à sa source. Quelle est cette force nouvelle que Notre Seigneur Jésus-Christ a découverte et qu’Il a placée au centre de l’histoire humaine ? C’est le noble royaume de l’âme humaine.

b) Comment ? Qu’alors l’homme n’avait-il donc pas d’âme ? Sans doute qu’il en avait une. Mais n’en savait-il peut-être rien ? Il le savait… seulement… seulement il ne savait pas quoi en faire, il ne pouvait ni déployer ni utiliser sa force conformément à sa divine destination.

Peut-être qu’une comparaison pourra mettre en lumière cette pensée. Depuis qu’existent la terre, l’eau et les nuages, il y a eu aussi l’électricité. L’homme connaissait depuis des siècles l’électricité, mais il ne savait quoi en faire, parce qu’il ne la connaissait que sous la forme de la foudre dangereuse qui ne pouvait que détruire. Mais quand un jour l’esprit humain capta l’électricité, il transforma et facilita toute sa façon de vivre avec cette force jusqu’alors uniquement destructive.

C’est ainsi que le Christ a également capté les forces de l’âme indomptées, éparses et désordonnées jusqu’alors et les a mises au service de leur destination divine, Il a transformé toute la manière de vivre de l’humanité ancienne en mettant en relief et au centre de tout les nobles aspirations de l’âme : voilà la conception chrétienne du monde. Et de même que l’électricité sous la forme de la foudre tue et détruit, mais domptée et apprivoisée pousse les voitures, cuit les repas, transmet les nouvelles et transporte dans tous les coins du monde mon sermon d’aujourd’hui : de même la doctrine du Christ ennoblit, élève et transforme en bénédictions les manifestations de l’âme destructrices par ailleurs.

Il fallait la venue du Christ pour renverser la vieille appréciation de l’homme dans la collectivité, pour proclamer la valeur personnelle de chaque homme pris individuellement et par là découvrir l’homme à lui-même pour lui-même.

Cette grande découverte eut lieu, lorsque le Christ se mit à parler au sujet de l’âme humaine de choses sublimes ignorées jusqu’alors. Que tout homme a une âme immortelle appelée à la vie éternelle. Même le pauvre, l’infirme, l’opprimé, le faible petit enfant. Quelle que soit la situation que nous occupions pendant notre vie terrestre, – que nous soyons monarque ou paysan, instruit ou ignorant, riche ou pauvre une grande tâche nous attend dans la vie : sauver notre âme.

Le seul danger de l’âme humaine, c’est le péché. Et afin que le péché ne l’engloutisse pas pour l’éternité, le Fils de Dieu Lui-même est venu sur la terre pour sauver l’âme. Mes frères, quelle est donc la valeur de l’âme humaine, quelle est alors la valeur de la vie humaine ? Quelle étonnante découverte que signifie pour moi ma propre vie !

2. Mais quelle importance a-t-elle également pour mon prochain ?

a) Le Christ, du fait qu’Il a découvert en chaque homme l’âme immortelle appelée à une vie éternelle, est devenu le Héraut béni de la fraternité humaine. Tout homme, le roi, la comtesse, le balayeur de rue, le petit bohémien déguenillé, le riche, le pauvre, le bien portant, le malade… tous ont une âme appelée à la vie éternelle, que notre Père céleste attend avec un amour anxieux.

Nous ne savons cela que depuis le Christ. Et si le Sauveur n’avait pas fait autre chose que d’avoir raconté la touchante parabole de L’Enfant Prodigue, celle de la drachme perdue et celle de la brebis égarée, Il aurait été déjà le plus grand bienfaiteur de l’humanité.

b) Car savez-vous ce que nous devons à ces paraboles ? Ce dont nous sommes redevables à cet enseignement fondamental du Christ, que chaque homme a une âme d’une valeur éternelle ? Nous sommes redevables de ce que la valeur de la vie humaine a été établie supérieure à tout.

Que depuis le christianisme le père n’a plus le droit de jeter l’enfant nouveau-né du haut de la roche Tarpéienne ; que depuis le christianisme la suppression artificielle de la vie du nouveau-né est un péché épouvantable, parce que lui aussi a une âme immortelle; que depuis le christianisme même la pauvre vie clouée durant des années sur un lit de malade a encore un but et que cette vie personne n’a le droit de l’étouffer par la force; que depuis le christianisme les pauvres, les infirmes, les vieillards, les malheureux sont soignés avec charité, car eux aussi ont une âme immortelle.

C’est la valeur de l’âme humaine qui est la source de l’éclatante différence entre le christianisme et le paganisme dans le christianisme chaque homme a sa valeur propre, dans le paganisme l’individu ne compte pas, il peut mourir, il peut disparaître, seule compte la collectivité. Mais selon Notre Seigneur Jésus-Christ, sous chaque visage humain vit une âme immortelle, tout homme porte en lui-même une valeur éternelle, nous avons donc tous une valeur et nous sommes tous frères. Que les hommes se donnent réciproquement le nom de frères, que nous nous donnions mutuellement le nom de prochain, et que nous nous souhaitions réciproquement du bien, c’est le présent béni de Notre Seigneur Jésus-Christ. Les Stoïciens aussi connaissaient en théorie – seulement dans l’impuissante théorie – la fraternité humaine; le bouddhisme proclame également la bienveillance pour les hommes, une bienveillance purement négative, mais quelle faible lumière à côté du soleil éclatant de la doctrine du Christ !

Voilà ce que pense de l’âme Notre Seigneur Jésus-Christ.

II

QUEL EST L’ENSEIGNEMT DU MONDE

NON-CHRETIEN SUR L’AME ?

 

Comme elle est erronée, comme elle est vide, comme elle est inerte en comparaison la conception de l’âme dans le monde non-chrétien !

1. Le monde non-chrétien ou bien veut savoir davantage sur la destinée de l’âme que ce que Notre Seigneur a regardé comme nécessaire de nous communiquer, et par là il s’enfonce dans les subtilités nuageuses des adeptes de la transmigration des âmes; 2. ou bien il ne veut rien savoir du tout sur l’âme et par là il s’égare dans le désert aride de la vie physique purement végétative.

1) Il y a de nébuleux systèmes philosophes qui jettent totalement par-dessus bord la doctrine du Christ sur l’âme. Ils prétendent que l’âme humaine après la mort du corps se choisit de nouveau un autre corps, c’est-à-dire queue naît de nouveau. Elle recommence une nouvelle vie, afin d’expier les fautes de la vie précédente, quand son nouveau Corps meurt encore une fois, elle en choisit un autre, jusqu’à ce qu’elle soit devenue parfaite et reçoive alors la récompense : elle se fond dans le grand esprit universel. C’est la théorie des théosophes sur la réincarnation. D’après les théosophes, l’homme renaît environ cinq mille fois, chaque nouvelle naissance a lieu à peu près tous les mille ans; il faut donc cinq millions d’années avant qu’une âme humaine retourne dans le sein de l’esprit universel, le Nirvana.

Je ne parle actuellement de cette nébuleuse théorie de la réincarnation que parce que des gens qui se donnent pour religieux se laissent aller à regarder avec faveur cette idée. Or non seulement aucune preuve ne l’appuie, mais au contraire elle est en contradiction avec le christianisme.

On ne peut pas apporter une seule preuve en faveur de la métempsycose, bien plus elle contredit toute saine considération. Quelles absurdités est obligé de croire celui qui a foi en la réincarnation ! Si votre âme a déjà vécu dans le corps de centaines et de centaines d’autres hommes, pourquoi ne vous souvenez-vous plus de rien de ce que vous aviez été jadis ?

De rien ! En effet ce que l’on apporte en guise de preuve est fort peu de chose. On arrive dans une ville quelconque où l’on n’a encore jamais été et cependant elle nous semble connue, comme si nous y étions déjà allé; ou bien dans une belle promenade en forêt : c’est curieux, j’ai déjà vu cela… Mais ce n’est pas une preuve de la réincarnation, c’est seulement une preuve de la faiblesse de notre mémoire : ce n’est pas cela que j’ai vu mais seulement quelque chose de semblable.

Les adeptes de la réincarnation proclament avec amertume qu’ils se souviennent fort bien de leur existence antérieure : l’un fut jadis le roi David, une autre la reine de Saba, un troisième saint Paul… et même lorsque, il y a quelques années, on découvrit le tombeau de Toutankahmon, rien qu’ici à Budapest plusieurs dames théosophes se rappelèrent tout à coup qu’elles avaient été autrefois épouses du grand pharaon… Mais il est incompréhensible que celui qui  » se souvient ainsi  » ait toujours été dans sa vie antérieure un grand homme, un grand général, un apôtre, un prince et que personne ne se rappelle avoir été jadis Joseph Sobri, Rinaldo Rinaldini ou un fameux malfaiteur, un meurtrier, un usurier, – or le but de la réincarnation devrait être d’expier sa vie antérieure… Mais alors ?

Ensuite, si la réincarnation existait, que pensons-nous de la mort des petits enfants qui sont disparus avant d’avoir expié quoi que ce soit de leur soi-disant vie antérieure ? Leur réincarnation a été inutile, s’ils n’ont pas avancé d’un pas vers la purification.

Et comme il est effrayant de penser qu’il faudrait vivre cinq mille fois, avant d’atteindre finalement le repos ! N’est-ce pas assez d’une seule vie pleine de souffrances ?

Et comme cette doctrine détruit tout l’ordre moral et l’importance de la vie ! Certainement si un jour chacun arrive avec une ponctualité mécanique à la félicité finale, alors il n’y a aucune différence entre le bien et le mal, alors pourquoi accomplirai-je une action héroïque pour faire le bien ? Alors il n’y a pas de mal, si durant la vie présente je m’enfonce dans un flot de péchés, il me reste encore 4.999 vies nouvelles !

Non, le Christ Notre Seigneur ne nous a pas dit cela. Il a enseigné clairement que toute mon éternité dépendra de mon unique aie terrestre, car  » la nuit vient où personne ne peut travailler  » (S. Jean IX, 4).

2) Après ce premier extrême, en vient, malheureusement, un autre; après ceux qui se laissent aveugler par la fausse lumière de la transmigration des âmes, viennent ceux qui sont totalement glacés par le pôle nord de la négation de l’âme.

Vous avez une âme immortelle, sauvez-la, en passant une vie vertueuse sur cette terre, tel est l’enseignement du Sauveur; et maintenant regardons autour de nous dans le monde et voyons cette multitude d’hommes qui n’ont pas d’âmes, qui sont tellement attachés à cette terre et uniquement à la vie présente qu’il ne leur reste même pas une minute pour penser à leur âme immortelle. Pauvres frères, à la vie déserte et vide !

Citerai-je un exemple de ce que devient l’homme, quand il oublie son âme ? Je lirai quelques lignes d’un prospectus que distribue une grande fabrique de parfumerie.

 » Madame, la mode change continuellement, pourquoi faudrait-il que votre visage échappât à ce changement ? Ce n’est pas nécessaire, car vous pouvez adapter votre visage à votre costume. Vous serez ravissante dans votre robe verte ou avec votre coquet chapeau si vous savez donner à votre visage la nuance assortie « … Ensuite le prospectus énumère les fards qu’il faut passer sur le visage, dans la matinée ou le soir, à la lumière du jour ou à la lumière électrique… Le cœur se serre quand on lit ces lignes et on voudrait s’écrier Oui, Madame, hâtez-vous de mettre tantôt une perruque jaune serin, tantôt une perruque bleue ciel, hâtez-vous de passer sur votre visage tel ou tel fard, hâtez-vous… avant que le bolchevisme ne mette fin à tout cela.

Mes frères, est-ce que le Christ n’a pas encore vécu sur cette terre ? Et n’a-t-Il pas proclamé que nous avons aussi une âme ? Comment ces hommes qui n’ont aucun souci d’une sérieuse conception de la vie, comment rendront-ils compte un jour au Dieu qui demandera compte de tout ? Ces hommes qui ne se composent que d’un corps, qui ne se penchent que vers la terre, qui ne poursuivent que les joies de ce monde.

Vous allez dire : Il ne faut pas voir les choses si en noir. Peut-être n’y a-t-il pas d’âmes aussi vides, aussi légères.

Pas de ces âmes ? Eh bien ! je vais encore vous lire quelque chose. Vous lire quelques lignes d’un petit carnet relié en cuir rouge qui a été oublié par une dame dans un taxi et celui qui l’a trouvé dans la voiture en a levé les bras au ciel de stupéfaction.

Qu’y avait-il dans ce carnet ? Oh ! rien de mal. Rien de vilain, rien de honteux… Voici quelques notes d’une semaine

Lundi : bain sulfureux… 2 heures couturière… 3 heures tennis… 6 heures thé. Les X dîneront chez nous.

Mardi : 9 heures rendez-vous chez le coiffeur… 11 heures chez la modiste ( mon chapeau me serre, mes cheveux ne tiennent pas). Midi, au Continental, 3 heures

Mercredi :10 heures essayage… 11 heures les A déjeuneront chez nous… 3 heures amener Cri-Cri au vétérinaire… Opéra.

Jeudi heures lever… 11 heures manucure… 3 heures chez X… 8 heures théâtre.

Vendredi : 10 heures et demie lever… Déjeuner à la pâtisserie… 2 heures assortir de la mousseline avec du Crêpe Georgette… 3 heures tennis… 6 heures ondulation… théâtre.

Samedi : 10 heures téléphoner pour le chapeau, il me serre toujours… 11 heures Dentiste… Déjeuner chez les Y… 5 heures thé chez les Z…9 heures théâtre.

Voilà les notes d’une semaine. Il ne s’y trouve rien de mal, pas de péché, rien de vilain… seulement on lève les bras au ciel.- Seigneur Jésus, avez- Vous vraiment vécu parmi nous ? Vos lèvres divines éternellement vraies ont-elles enseigné que tout dépend de cette brève vie terrestre ? Que c’est elle qui décidera de notre vie éternelle ? Comment la propriétaire de ce carnet pourra-t-elle rendre compte de sa vie terrestre, la propriétaire de ce petit carnet qui n’y a pas inscrit une seule date sainte et sérieuse, pas une seule assistance à la messe, pas une seule confession et communion, pas un seul exercice spirituel, pas une seule visite à des malades, pas une seule aumône ?

Mes frères, que de petits carnets rouges vendent les libraires ici à Budapest ! N’y inscrit-on que des choses de ce genre ? N’y a-t-il que des dates que les mites rongeront et que le temps effacera ? Qui que vous soyez mes frères, qui avez entendu cette instruction, si dans votre carnet il ne se trouve que des notes de ce genre, pensez à ce roi des Perses qui fit venir les trois plus sages personnages de son royaume et leur demanda ce qu’ils regardaient comme la chose la plus néfaste sur la terre. Le premier répondit : La plus néfaste, c’est la maladie. Le deuxième déclara : La plus néfaste, c’est de vieillir. Le troisième, après avoir bien réfléchi, répondit La chose la plus néfaste, c’est quand on se trouve en présence de la mort et que l’on est obligé de constater que l’on a gâché sa vie.

Oui, mes frères, c’est la chose la plus épouvantable.

* *

*

Et maintenant je m’arrête et je pose un point à la fin de mes réflexions d’aujourd’hui, mais je ne veux pas terminer mon sermon sur une impression aussi pénible. En effet, si le Christ m’a fait connaître mon âme immortelle, c’est pour me faire prendre mon essor et non pas me traîner lamentablement sur la terre. A mes oreilles retentissent ces paroles de la Sainte Écriture :  » Nous sommes enfants de Dieu. Or si nous sommes enfant, nous sommes aussi héritiers de Dieu et cohéritiers du Christ  » (Romains VIII, 16-17). J’ai une âme immortelle qu’attend, après les luttes de la vie terrestre, le Père éternel du ciel, voilà ce que le Christ a enseigné à l’humanité et par cet enseignement Il lui a donné des ailes.

Avez-vous déjà vu un oiseau au milieu des mugissements de la tempête ? Autour de lui, l’ouragan déracine les arbres, au-dessous de lui des branches sont brisées et il chante… il chante, car il sait que si la branche sur laquelle il est posé vient à se briser, il a deux ailes.

Mes frères, aujourd’hui où autour de nous toutes les digues s’effondrent, où au-dessus de nous pâlissent toutes les étoiles, où chaque branche casse au-dessous de nous, nous, les fidèles enfants du Christ, nous savons que nous avons une âme appelée à la vie éternelle et c’est pourquoi dans cette nuit désespérante et sombre nous redressons la tête et nous disons : Seigneur, je Vous remercie de m’avoir donné cette foi sublime, je Vous remercie de m’avoir donné une âmeCar c’est sa possession qui me rend heureux même aujourd’huiqui me rend heureux. Amen.

Le Symbole des Apôtres – deuxième partie. Jésus-Christ le fils de Dieu le Divin Maître, sermons prononcés dans l’église de l’Université de Budapest, par Mgr TIHAMER TOTH. (traduits du hongrois par l’Abbé Marcel GRANCLAUDON). Editions SALVATOR, 1936.

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