Deo Gratias

Pour connaître et aimer

LE CHRIST EST DIEU :L’HISTOIRE LE PROUVE (3)

Classé dans : Jésus-Christ — 8 janvier 2009 @ 16 04 19

MES FRÈRES,

C’est déjà le sixième dimanche que nous nous occupons de cette question : Que pensez-vous du Christ ? De qui est-il le Fils ?

Peut-être y a-t-il parmi vous quelqu’un pour dire avec impatience : Serait-ce là le problème le plus brûlant ? N’auriez-vous pas de question plus importante que celle-ci ? Posez donc plutôt la question où trouverai-je de quoi payer les intérêts de mes dettes ? Avec quoi habillerai-je mes enfants ? De quoi vivrons-nous ? Comment pourrai-je trouver du travail ? Comment pourrai-je arriver à une situation ? Oui, ce sont des questions brûlantes. Mais qu’était-ce que le Christ et pour qui L’a t-on tenu – ah ! ce n’est pas de cela qu’on vit.

Ne vous scandalisez pas, si j’exprime si crûment et si nettement cette pensée. Hélas ! elle n’est pas inventée, elle n’est pas imaginaire, mais une triste réalité. Des milliers et des centaines de mille pensent de nos jours que l’homme vit seulement de pain et non pas aussi de la parole de Dieu.

Une foule d’âmes se transportent aujourd’hui dans l’atmosphère réfrigérante d’une région polaire où il n’y a plus ni prière ni repos du dimanche ni assistance à !a messe ni réception des sacrements ni vie éternelle… ni rien autre que des fronts courbés jusqu’à terre, des dos écrasés par le travail et une chasse impitoyable après le pain quotidien.

Et pourtant, mes frères… pourtant je dis que pour nous la question la plus importante est de savoir qui était Jésus-Christ. La question du pain est importante, les nombreux soucis de l’existence sont importants, la question d’une place, d’un logement est importante… mais n’est-il pas cent fois plus important que toutes les luttes terrestres du passé d’avoir une foi ferme et inébranlable en Jésus Christ dont le divin visage fait rayonner depuis vingt siècles l’assurance, la force et l’aide nécessaires pour les luttes victorieuses du combat de la vie terrestre. Tant qu’il y aura des hommes sur la terre, cette vie sera toujours une lutte ; mais que deviendrions-nous, si nous perdions la source d’où jaillit seule la force victorieuse ?

Je pose donc aujourd’hui encore une fois la question : Comment l’histoire a-t-elle montré le Christ ? Tel a été le sujet des deux derniers sermons, mais que Notre Seigneur ne puisse pas avoir été simplement un homme, qu’Il ait été bien davantage, c’est ce que démontre en dehors des preuves apportées dans les instructions précédentes – une circonstance remarquable. Je ne sais pas si cette idée aura autant d’effet sur les autres que sur moi ; mais pour ma part il me faut reconnaître qu’elle a fortifié ma foi au Christ avec une puissance extraordinaire.

Quelle est cette circonstance ? Cette chose intéressante et inexplicable que depuis deux mille ans nous ne pouvons plus oublier Notre Seigneur Jésus- Christ. Ils ne le peuvent pas ceux qui L’aiment, ils ne le peuvent pas ceux qui Le haïssent. S’il n’a été que simplement un homme, un de ces milliards qui ont déjà vécu sur la terre, alors ce fait curieux reste pour moi totalement inexplicable.

Je l’affirme : pour moi cette idée est d’une telle puissance que je trouve qu’il vaut la peine de développer dans mon sermon d’aujourd’hui ces trois ponts I. On oublie tout, seulement II. On ne peut pas oublier le Christ, donc III. Il est le Roi immortel de l’éternité.

I

ON OUBLIE TOUT

 

Mes frères, je jette une pierre dans l’eau. Un clapotis se fait entendre et là où la pierre a touché la surface de l’eau des cercles se forment. Si c’est une petite pierre, elle ne forme que quelques cercles, si c’est une grosse pierre que j’ai jetée, les cercles s’étendent et durent plus longtemps, mais après un certain temps – que la pierre soit grosse ou petite – les oscillations cessent, l’eau redevient calme et la petite ou la grosse pierre reste immobile au fond.

Tout homme est une pierre jetée dans la mer immense de l’histoire de l’humanité. Où que nous soyons, quelles que soient nos occupations, notre science, nos richesses, notre manière de vivre; nous formons plus ou moins de cercles à la surface. Si simple que soit le poste que j’occupe, je fais aussi partie de l’ensemble de l’humanité et sans moi l’histoire ne serait pas. Ce qu’elle est devenue avec moi. Sans doute, la plus grande partie des hommes n’est qu’une toute petite pierre dans la mer immense à peine l’eau fait-elle quelques rides. Mais il y a des grands hommes, des célébrités de l’histoire du monde, des héros, des conquérants, des inventeurs, des savants, es artistes qui font jaillir autour d’eux des vagues très hautes, dont l’activité forme à la surface de l’histoire des cercles gigantesques…

Mais qu’ils soient grands ou petits… la fin, le sort de chaque homme est le même : Quand on descend dans les profondeurs de la mer, dans les profondeurs de la tombe, les vagues commencent à se calmer…  » Un instant et vous avez tout oublié, un instant et vous êtes oublié de tous « .

C’est le sort commun à tous les hommes. C’est le sort des bons, c’est celui des méchants. Il y a eu de puissants monarques devant lesquels les peuples de tout un continent s’inclinaient avec respect, – qui les connaît aujourd’hui ? Il y a eu des hommes au grand cœur, pleins de charité dont on disait au jour de leurs obsèques que  » le souvenir de leurs bienfaits vivrait éternellement « , et aujourd’hui on ne sait plus leurs noms.

Il y a eu des tyrans sanguinaires qui ont envoyé des milliers de victimes à la mort, peut-être pendant cinquante ans, peut-être pendant cent ans les pères en ont-ils parlé avec effroi à leurs fils, mais ensuite ? C’est tout. Ils sont disparus sous les eaux ; la tombe les a engloutis et ils sont voués à l’oubli.

Mais pourquoi vous présenter des exemples si antiques ? L’image des vieux parents est attachée au mur dans la plupart des familles. Les enfants la regardent avec respect. Puis les petits enfants arrivent dans la vieille demeure, ensuite viennent les arrière-petits enfants… le portrait des arrière grands-parents a déjà beaucoup pâli : on le porte au grenier. Oui, on oublie tout, on oublie tout.

Et maintenant arrive mon grand problème, mes frères. A cette loi humaine de l’oubli qui ne connaît pas d’exception fait seul exception Notre Seigneur Jésus-Christ : Nous n’oublions pas le Christ. Le Christ aujourd’hui encore est aimé d’un tel amour et aujourd’hui encore est haï d’une telle haine que cela serait incompréhensible, s’Il n’était qu’un homme ordinaire, qu’un des acteurs de l’histoire de l’humanité.

II

OU N’OUBLIE PAS LE CHRIST

A) On aime aujourd’hui encore le Christ.

1) Répondez seulement à cette question De quoi parle Noël ? De la naissance du Christ. Mais n’est-il pas surprenant qu’aucune naissance avant Lui et après Lui n’ait suscité une telle sensation ? Pourtant des milliards d’enfants sont venus au monde depuis. Des enfants de princes, de rois, d 9 empereurs. Mais qui se soucie d’eux ?

Oui, car même si c’était l’enfant du plus puissant monarque, quelle importance cela avait-il pour les contemporains et pour les hommes des siècles à venir ?

C’est seulement le jour de naissance du Christ qui est encore célébré aujourd’hui. Et nous le célébrons encore après sa mort. Certainement nous célébrons réciproquement chaque année l’anniversaire de nos amis et de nos parents – mais seulement tant qu’ils sont en vie.

Qui célèbre l’anniversaire d’un mort ? Mais un jour vint au monde un petit enfant – bien loin, dans un pays perdu, dans une étable abandonnée – il ne vécut pas longtemps sur la terre, seulement trente-trois ans et cependant il a tracé de tels sillons dans l’histoire que chaque année le jour de sa naissance est célébré même par les non-chrétiens – avec une solennité rayonnante de bonheur, de ferveur, de paix et de joie.

Qu’est-ce que cet enfant ? Est-ce réellement un homme ? Bien sûr, il n’y a pas de doute. Mais il faut qu’il y ait quelque chose de plus.

 

2) Nous ne célébrons pas seulement le souvenir du Christ, le Christ vit encore aujourd’hui parmi nous. Nous n’avons pas oublié le Christ : Il vit au milieu de nous et chaque jour son saint nom est prononcé dans les prières de centaines de millions d’hommes. Nous n’avons pas oublié ses paroles; la moindre de ses paroles retentit parmi nous, comme si elle avait été dite hier.

Où est né mon arrière-grand-père, je ne sais pas; que faisait mon grand-père à l’âge de douze ans, je ne sais pas; quelles furent les dernières paroles de ma grand-mère avant sa mort, je l’ignore… Or tout cela a eu lieu il y a seulement de quarante à soixante ans. Mais où est né le Christ il y a deux mille ans, qu’a-t-Il fait à l’âge de douze ans dans le Temple de Jérusalem, quelles furent ses dernières paroles sur la croix, chaque enfant du catéchisme le sait. Les cœurs de centaines de millions battent plus fort, dès qu’ils prononcent son nom. Les souffrances de centaines de millions s’adoucissent, quand ils regardent vers la croix. Des centaines de millions reçoivent de Lui la force de remplir silencieusement, sans mot dire, leurs devoirs d’état. Il y en a

toujours eu et il y en aura toujours pour être prêts à subir pour Lui le martyre. Il y en a toujours eu et il y en aura toujours pour être prêts à renoncer, pour Le servir, aux plus brillantes carrières mondaines.

 » Écoutez, ma chère sœur, disait un incroyant à une religieuse garde-malade, en voyant avec quelle patience angélique elle soignait un malade repoussant écoutez, ma chère sœur, je ne soignerais pas ce malade pour cent francs par jour « .

 » Et moi pas pour deux cents francs non plus, répondit la religieuse, puis elle ajouta doucement … mais je le soigne pour Jésus-Christ « .

Eh bien ! voilà ce que je ne comprends pas. Je ne comprends pas que, si le Christ n’a été qu’un homme, qui a vécu et qui est mort, on L’aime ainsi après deux mille ans.

 

3) Ce fait que le Christ aujourd’hui encore, vingt siècles après sa mort, est une réalité vivante dans des centaines de millions de cœurs, personne au monde ne peut le comprendre, ne peut l’expliquer, sauf celui qui sait que le Christ est bien mort, mais qu’Il est également Dieu et que par suite Il est encore vivant parmi nous.

Cette pensée fit grande impression sur Napoléon en exil qui, à Sainte-Hélène, déclara un jour au général Bertrand : … C’est ce qui m’étonne le plus et me prouve avec certitude la divinité du Christ. Moi aussi j’ai pu enthousiasmer les foules qui sont allées pour moi à la mort. Mais ce qui allumait en leurs cœurs le feu sacré, c’était ma présence, l’étincelle électrique de mes regards, ma voix, mes paroles. Il y a en moi une mystérieuse force magique qui transporte les hommes, mais je ne peux pas la communiquer à d’autres, je ne peux pas la donner à mes généraux; et je ne connais pas le secret de perpétuer mon nom et mon amour dans le cœur des hommes, de faire un miracle sans l’aide de la matière. Il en a été ainsi de César, d’Alexandre le Grand. On nous oubliera, les noms des conquérants ne resteront que comme sujets de devoirs scolaires. Quel abîme entre ma misère et le royaume éternel du Christ, que l’on aime, que l’on adore et que l’on prêche dans le monde entier ! Est-ce que le Christ est mort ? N’est-ce pas plutôt une vie éternelle ? Oui, c’est la mort du Christ. Ce n’est pas la mort d’un homme, mais celle d’un Dieu « .

Lorsque Lénine mourut, il y a quelques années, son corps fut embaumé et déposé dans un mausolée érigé avec des frais considérables à Moscou, afin que l’idée soviétique possédât une relique où les hommes viendraient en pèlerinage. Mais le corps commença bientôt à se décomposer, finalement il fallut l’incinérer et fermer le mausolée. Or Lénine est mort il y a seulement quelques années…

Et Notre Seigneur Jésus-Christ est mort il y a dix-neuf siècles… mais allez dans le plus petit village ou bien dans l’église d’une capitale, devant le tombeau du Christ, devant le Très Saint-Sacrement, à n’importe quelle heure de la journée vous trouverez des gens priant en silence, adorant, selon la foi, non pas un Christ embaumé, mais un Christ vivant et résidant éternellement parmi nous…Si le Christ n’était simplement qu’un homme, pourrait-on comprendre qu’on puisse L’aimer ainsi ?

Et surtout… qu’on puisse autant Le haïr ?

B) On hait le Christ aujourd’hui encore. Pendant ces deux mille ans, Il a toujours eu des ennemis et Il en a encore actuellement, qui avec une haine satanique voudraient effacer son nom de la mémoire des hommes, qui L’attaquent avec une astuce et une violence infernales.

Et c’est ce que je ne comprends pas non plus, si le Christ n’a été qu’un homme.

a) Je ne comprendrais que si cette haine qui fait rage depuis des siècles s’attachait à quelque tyran sanguinaire de l’histoire universelle qui aurait été le bourreau de ses contemporains. Mais non, ce ne sont pas les pharaons des pyramides, ce n’est pas Néron baigné dans le sang, ce ne sont pas eux qui sont haïs, c’est le Christ de Nazareth qui est haï. Et c’est ce que je ne saisis pas. Car si le Christ n’avait été qu’un homme, sa personne serait encore l’apparition la plus digne de respect de l’histoire. A-t-Il fait du mal à qui que ce soit ? Y a-t-il quelque chose de mal que l’humanité ait appris de Lui ? N’a-t-Il pas proclamé le grand commandement de l’amour ? Ne Lui avons-nous pas entendu raconter la parabole du Bon Samaritain ? Et ce Christ peut être haï ? Et l’on peut lutter contre Lui avec les armes infernales d’une tschéka soviétique ? Et aujourd’hui la rage des révolutionnaires espagnols n’écume-t-elle pas contre Lui ?

Le Christ n’a pas été simplement un homme. Il a dû être bien davantage, c’est ce que démontre ce fait curieux de l’histoire : Le Christ a été mis à mort il y a vingt siècles et son souvenir béni, sa force, sa sainte figure sont encore vivants aujourd’hui pour les centaines de millions de fidèles qui L’aiment; le Christ est mort il y a deux mille ans et ses ennemis Le craignent encore toujours, ils cherchent encore toujours à Le faire mourir.

2) Envisageons les choses de façon purement humaine cette haine peut-elle s’expliquer, ces vingt siècles de christianisme, ses luttes, sa continuité, sa victoire peuvent-ils s’expliquer, si le Christ n’était qu’un homme mort sur une croix ?

 » Consummatum est  » –  » Tout est consommé « , tels furent les derniers mots sur les lèvres du Christ expirant. Et s’Il n’était qu’un homme, ces paroles proclament sa déception et sa défaite finales. Alors elles ne signifient pas que la grande œuvre de la rédemption est accomplie, mais que  » Tout est fini « .

 » Consummatum est  » –  » Tout est fini « , disait pour se tranquilliser en revenant du Calvaire la foule qui un instant auparavant avait été si épouvantée par le tremblement de terre et l’éclipse de soleil. Maintenant il ne faut plus avoir peur. A présent tout est fini.

 » Consummatum est  » –  » Enfin c’est fini « , s’écria certainement Pilate qui ne pouvait plus trouver de repos depuis la sentence ; s’écria Hérode qui avait tremblé de la peur que l’activité du Christ ne déclenchât une révolution.

 » Consummatum est « ,  » Enfin c’est fini  » - S’écrièrent avec grand soulagement les ennemis du Christ. Il nous a causé suffisamment de mal et de nuits sans sommeil, à présent nous pouvons dormir.

 » Consummatum est « ,  » Alors c’est la fin ?  » – disaient en sanglotant les apôtres déçus dans leurs espérances.

Et après que le Christ a terminé sa vie par une défaite aussi complète, expliquez-moi comment il est possible qu’après vingt siècles de changements dans les institutions, les idées, les usages, les travaux de l’humanité, le Christ ne puisse pas être oublié, bien plus qu’aujourd’hui encore Il occupe une place éminente dans l’histoire du monde. Une place si éminente que sans cesse aujourd’hui encore on se lance contre Lui avec une haine insondable, pour pouvoir un jour enfin Le tuer… Mais pourquoi tuer de nouveau Celui qui a été jadis mis à mort le Vendredi-Saint ? Ce n’est pas l’habitude d’exécuter toujours à nouveau un mort.

 

Lorsqu’on réfléchit sur ces constatations, il vient à l’esprit un magnifique passage de la Sainte Écriture et on est poussé par une force irrésistible à s’écrier avec saint Paul :  » Au Roi des siècles, immortel, invisible, seul Dieu, honneur et gloire dans les siècles des siècles  » (I°Timothée I, 17). Réellement le Christ était Dieu, car les siècles de l’histoire proclament à travers le monde qu’Il est le Roi immortel des siècles.

 

1) Nous connaissons cette haine sans limite dont les pharisiens d’il y a dix-neuf siècles ont poursuivi le Christ, – et voilà que la même haine ardente fait rage aujourd’hui encore contre la croix du Christ et l’Église. Nous connaissons cet amour fervent et généreux que les disciples du Christ ont témoigné envers leur Maître, il y a dix-neuf siècles, – et voilà que la même flamme d’amour brûle aujourd’hui encore dans la vie généreuse de millions de cœurs. Où l’histoire du monde montre-t-elle un tel personnage haï et aimé pendant deux mille ans, en dépit de la grande loi du temps, du temps qui peu à peu, ensevelit tout, oublie tout.

C’est vrai le Christ est mort héroïquement pour une grande idée. Mais, il y a quinze ans, des centaines de mille et des millions ne sont-ils pas morts héroïquement pour une grande idée et leurs noms sont déjà recouverts de poussière et souvent nous ne savons pas où est leur tombeau. Si le Christ était simplement un homme, il aurait eu inévitablement le même sort.

Combien l’histoire connaît-elle d’hommes célèbres qui ont fait couler des fleuves de sang à cause de leurs projets tyranniques et que les malédictions de centaines de mille poursuivent dans leurs tombes, mais qui aujourd’hui encore leur en veut ? A la mort de combien d’hommes au grand cœur on a versé des flots de larmes, mais qui verse aujourd’hui encore une larme sur eux ?

Il suffira peut-être de nous en référer encore une fois à Napoléon. Dans les pays vaincus et dominés par lui, son nom fut un certain temps l’objet d’une sanglante horreur. Et actuellement ? Moins de cent ans après sa mort ? La troisième et la quatrième génération de ceux qui avaient subi son joug l’admire déjà comme un héros et va en pèlerinage à son tombeau sous le dôme des Invalides. Comment cet homme pouvait-il inspirer à ses grenadiers un tel mépris de la mort, tant qu’il eut le pouvoir ? Et maintenant ? A peine cent ans après sa mort ? Où y a-t-il un seul homme que le nom de Napoléon enthousiasme pour le plus petit sacrifice ? Oui, le temps apaise impitoyablement toutes les vagues qu’un homme – fût-il le plus grand – a soulevées sur l’océan de l’histoire du monde ; mais si le Christ a pu soulever des vagues qui depuis n’ont jamais disparu, n’ont pas diminué et ne s’apaiseront jamais, est-il besoin d’un signe plus clair pour faire voir qu’Il était plus qu’un homme ordinaire, qu’Il était l’Homme-Dieu, le Roi immortel des siècles.

 

2) Mais il me faut continuer… le Christ est le Roi de l’éternité, mais pas en ce sens que l’on garde de son nom un souvenir pareil à celui d’un défunt, mais en ce sens qu’aujourd’hui encore jaillit de sa personne une source inépuisable d’énergies vitales.

S

i le Christ n’avait été qu’un homme, qui pourrait expliquer cet océan immense de forces morales et civilisatrices, cette puissance illimitée de charme personnel qui découlent sans interruption du souvenir de cet homme exécuté comme un criminel il y a vingt siècles. Peuvent-ils résoudre cette énigme ceux qui regardent le Christ simplement comme un homme?

Dans un sermon précédent j’ai cité ces paroles du malheureux Nietzsche :  » Quand nous entendons les dimanches le son des cloches, nous nous demandons Est-ce possible ? C’est pour un Juif crucifié il y a deux mille, ans et qui a prétendu être Fils de Dieu !  » En vérité, si le Christ n’était autre qu’un malfaiteur juif attaché sur un bois d’infamie, nous serions en présence d’une telle énigme que l’on pourrait en perdre la raison. Nietzsche en est devenu fou : il entreprit une guerre d’extermination contre le Christ, contre le Juif crucifié et contre sa doctrine, mais il succomba dans cette lutte. Dans la dernière lettre qu’il écrivit avant de tomber dans la nuit de la folie, se trouve ce mot mystérieux :  » Le crucifié « . Le Christ crucifié autour de qui le combat fait rage depuis vingt siècles, contre qui tant se sont déjà insurgés, mais qui est resté jusqu’au bout le Roi béni de l’éternité.

C’est vrai : il reste autour de Notre Seigneur des traits incompréhensibles, il reste bien des problèmes. Notre raison humaine bornée ne peut pas pénétrer complètement le mystère de l’Incarnation du Fils de Dieu.

 

Mais celui qui lit avec une âme de bonne volonté sa vie dans l’évangile; celui qui écoute ses paroles qui témoignent de sa conscience divine, celui qui regarde ses miracles et sa personnalité surhumaine; celui qui a déjà compris sa propre faiblesse et toute l’impuissance humaine; celui qui a déjà éprouvé dans son âme toute la désolation et l’abandon dont le chemin de notre vie terrestre est si souvent traversé ; celui qui a été obligé d’implorer miséricorde au milieu des écueils du péché, – ah! celui-là a plus de mille motifs de faire cette profession de foi heureuse, triomphante et vivante  » Vous êtes le Christ, le Fils de Dieu « .

* *

*

Mes frères, Il y a un passage ‘mouvant de l’évangile où nous lisons la conversation engagée entre Satan le tentateur et le Christ jeûnant dans le désert. L’ange déchu s’approche du Christ qui jeûne depuis quarante jours et il fait une tentative aussi insolente qu’inouïe : amener Notre Seigneur au péché. Comme le sifflement d’un serpent sort de ces lèvres la parole tentatrice  » je vous donnerai tout cela, si, tombant à mes pieds, vous m’adorez  » (S. Mathieu IV, 9). Mais de la bouche de Notre Seigneur jaillit comme un éclair la réponse écrasante d’une sainte colère :  » Retire-toi, Satan « . Et les anges s’approchèrent et servirent le Christ.

Satan s’est éloigné du Christ, mais ses paroles :  » Je vous donnerai tout cela, si, tombant à mes pieds, vous m’adorez, se répètent à travers l’histoire millénaire de l’Église. L’histoire de l’Église est-elle autre chose qu’une lutte gigantesque autour d’une seule question :

Hommes, pour qui tenez-vous le Christ ? Qui adorez-vous ? Car chacun adore quelqu’un.

Mes frères, l’histoire nous parle ainsi : Qui adorez-vous ? Le Christ ou bien Satan ?

Mais notre réponse sera ces paroles de saint Paul  » S’il y a des êtres qui sont appelés dieux… pour nous néanmoins il n’y a qu’un seul Dieu, le Père, de qui viennent toutes choses et pour qui nous sommes, et un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui sont toutes choses et par qui nous sommes  » (I° Corinthiens VIII, 5-6).

Et je m’agenouille devant le Christ, comme l’ont fait depuis dix-neuf siècles les meilleurs de l’humanité et je dis avec eux :

Seigneur je suis obligé de croire, je suis obligé de reconnaître que Vous ne pouvez pas être un d’entre nous, un homme mortel et fini.

Il faut que Vous nous soyez supérieur.

Il faut que Vous soyez Dieu.

Personne n’a encore égalé votre doctrine.

Les systèmes philosophiques n’ont pas encore approché votre sagesse.

Les tempêtes de l’histoire du monde n’ont pas fait pâlir votre nom.

Votre souvenir n’est pas caché dans la poussière des rayons des bibliothèques, comme celui de même les plus grands génies, mais il continue à vivre dans les âmes de centaines de millions.

Votre image est perpétuée non pas par de froids bustes de marbre, comme celle des plus grands savants, mais dans le cœur fervent et aimant de millions d’hommes.

0 Christ crucifié, tué, enseveli, chassé loin de nous et pourtant vivant en nous, Vous ne pouvez pas être simplement un homme. Je crois que Vous êtes le Fils du Dieu vivant. Amen.

Le Symbole des Apôtres – deuxième partie. Jésus-Christ le fils de Dieu le Divin Maître, sermons prononcés dans l’église de l’Université de Budapest, par Mgr TIHAMER TOTH. (traduits du hongrois par l’Abbé Marcel GRANCLAUDON). Editions SALVATOR, 1936.

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