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LE CHRIST EST DIEU :L’HISTOIRE LE PROUVE (2)

Classé dans : Jésus-Christ — 5 janvier 2009 @ 16 04 16

MES FRÈRES,

Les sublimes paroles qui viennent d’être lues dans l’évangile du dimanche de la Très Sainte Trinité sont les paroles d’adieu du Christ se préparant à quitter le monde.  » Allez, enseignez toutes les nations « , tel est le dernier commandement de Notre Seigneur e il retentit comme un écho des paroles avec lesquelles l’Enfant- jésus avait été salué par le vieillard Siméon lors de sa présentation au Temple.

Dans les paroles d’adieu du Christ se manifeste encore la grande pensée exprimée par Siméon au sujet de l’Enfant-Jésus à son entrée dans le monde : le sort de l’individu et de la société, l’avenir des nations et de toute l’humanité sont étroitement unis avec le Christ. Vous souvenez-vous de la scène émouvante du vieillard Siméon ?

Un petit enfant est amené au Temple de Jérusalem, pour être présenté à Dieu conformément à la Loi mosaïque. Extérieurement il n’y a rien d’extraordinaire en cet enfant. Une pauvre femme le porte dans ses bras, un charpentier l’accompagne et tient la place de son père, voilà tout le cortège. Deux colombes, juste ce qui est nécessaire pour l’offrande. Les riches offrent un agneau, mais cela dépasse leurs moyens. Mes frères, si vous vous étiez trouvés dans le Temple, auriez-vous cru que ce petit enfant inconnu soulèverait un jour le monde? N’auriez-vous pas souri de ce vieillard qui attendait depuis longtemps le Messie et maintenant, illuminé par l’Esprit-Saint, contemplait dans son âme toute la vie de l’enfant, ses miracles, ses paroles, sa mort, son culte et dans son ravissement s’écriait :  » Cet enfant est au monde pour la chute et la résurrection d’un grand nombre en Israël, et pour être un signe en butte à la contradiction » (S. Luc II, 34)

Quelle scène incompréhensible!

Voilà un vieillard vénérable avec dans les bras un petit enfant inconnu; devant lui les parents et ils écoutent d’un cœur anxieux ses paroles:  » ce petit enfant et deviendrait un jour un homme gigantesque que le monde bénirait et maudirait éternellement. De ses petits yeux jaillirait un éclair qui attirerait les hommes ou les ferait fuir. Ce petit enfant inconnu formerait le sujet le plus actuel de l’histoire du monde envers lequel il faudrait que tout homme pet position soit pour soit contre « .

Auriez-vous cru cela de ce pauvre petit enfant ? Et tout cela s’est réalisé.

Qu’est-ce qui s’est réalisé ? Ceci, que ce petit enfant muet, enveloppé de langes, a réellement partagé en deux camps l’humanité. Qu’il est devenu pour les individus, les peuples et les royaumes une occasion de chute ou de résurrection. Que le sort de toute l’humanité dépend dorénavant de Lui.

Ceci s’est réalisé littéralement dans le passé et se réalise maintenant encore, – et c’est ce que je voudrais démontrer dans mon sermon de ce jour. Montrer le visage sublime de Notre Seigneur, comment depuis siècles Il a passé victorieusement devant les rois, les peuples et les individus. Montrer cette double vérité : I. Celui qui s’oppose au Christ périt et II. celui qui combat sous ses drapeaux est vainqueur.

I

IL ]EST ÉTABLI POUR LA CHUTE D’UN GRAND NOMBRE

 

Plus d’un millier d’années avant la naissance de Jésus-Christ, le roi David décrivait d’une âme prophétique dans le IIe psaume, comment le Père donne la domination à son Fils  » Tu es mon Fils, c’est moi qui t’ai engendré aujourd’hui. Demande-moi et je te donnerai les nations en héritage, et je te ferai posséder jusqu’aux extrémités de la terre. Tu les conduiras avec une verge de fer, et tu les briseras comme le vase du potier. Et maintenant, rois, comprenez, instruisez-vous, juges de la terre. Servez le Seigneur avec crainte, tressaillez devant lui avec tremblement « .

C’est ainsi que parlait le prophète David et il suffira de jeter quelques regards sur l’histoire : 1. sur l’histoire des nations et 2. sur l’histoire des individus, pour que nous soyons convaincus de la vérité de ses paroles.

1) L’histoire des nations.

a) Le premier peuple qui a fait opposition au Christ fut le peuple juif. Le Sauveur lui avait été envoyé, mais il ne Le reçut pas, – bien plus : il Le persécuta jusqu’à la mort. C’est en lui que se sont pour la première fois réalisées les paroles de Siméon Il a été établi pour la ruine d’un grand nombre « .

Le royaume juif a été détruit quelques dizaines d’années après Notre Seigneur.

Mais quelle destruction ! Pendant la Grande Guerre nous avons vu des choses épouvantables, mais il y a peut-être jamais eu choses pareilles à celles que subit Jérusalem assiégée par les Romains. Nous avons lu des récits effroyables sur des scènes de la Grande Guerre, mais qu’une ville ait été en même temps ruinée par la peste, la famine, l’ennemi extérieur et la discorde intestine, nous ne l’avons pas entendu dire.

Le général romain Titus assiège Jérusalem (en 70 ) Dans la ville, de faux Messies propagent le désordre, la peste fait rage et la famine ravit la raison à beaucoup. Finalement on ne peut plus résister, les soldats romains pénètrent dans la ville ; un massacre épouvantable… toute la nuit la’ ville brûle et des familles entières périssent dans les flammes.

 » Le 10 août 70, écrit un historien, le soleil se leva sur les ruines fumantes de la ville « . En quelques mois, un million de Juifs étaient morts. Et quelles scènes épouvantables ! Il y avait dans la ville une femme riche et distinguée, du nom de Marie ; rendue à moitié folle par la faim, elle fit rôtir son propre enfant. Des gens affamés sentirent dans la rue la viande grillée et se précipitèrent dans la maison  » Il y a de la viande grillée ici. Nous te tuons, si tu ne nous la donnes pas tout de suite « . La moitié de l’enfant était encore là, la femme l’apporta, mais à ce tableau horrible même ces figures bestiales furent saisies de dégoût.

Titus aurait voulu conserver intact le magnifique Temple, mais il n’y réussit pas. Il fallait que fussent réalisées les paroles de Notre Seigneur :  » Il n’en restera pas pierre sur pierre « . Le premier mur du Temple est pris d’assaut… un soldat monte sur les épaules d’un autre, jette par la fenêtre une torche, le cèdre très sec crépitement des flammes, aux cris prend feu et au cris de joie des vainqueurs se mêlaient les râles des mourants, les sanglots des prêtres qui voulaient offrir pour la dernière fois le sacrifice, mais qui maintenant récitent les prières des morts. Six mille personnes périrent dans les flammes, les escaliers étaient inondés de sang.

Titus se précipite, pour voir au moins un instant le Saint des Saints que personne, en dehors du grand prêtre juif, n’a jamais vu. C’est en vain : tout est enveloppé d’une épaisse fumée et bientôt l’emplacement du temple est un tas de cendres.

 » Il est établi pour la ruine d’un grand nombre « .

b) La seconde nation qui s’est dressée contre le Christ fut la nation romaine. Ses empereurs pendant trois

siècles inondèrent la terre du sang chrétien. Petite poignée de guerriers chrétiens, pourras-tu supporter tant de cruauté ? Pourras-tu résister ? Tu seras anéantie. Ton nom disparaîtra.

On accusa les chrétiens d’être des athées – or ils ne rejetaient que les idoles; de manger de la chair humaine, – c’était le mystère eucharistique mal compris; d’être des conspirateurs, – parce qu’ils se réunissaient dans les catacombes.

Qu’allez-vous, devenir, ô Christ ?

L’empereur Hadrien fait ériger sur le calvaire une statue de Vénus, la déesse de l’impureté ; sur le tombeau du Christ celle de Jupiter. Qu’allez-Vous devenir, ô Christ ?

Sévère donne cet ordre : il n’est pas permis d’être chrétien.

Dioclétien, après une terrible persécution, fait frapper une monnaie avec cette inscription :  » Nomine christianorum deleto « ,  » En souvenir de la disparition du nom chrétien « . Qu’a!lez-Vous devenir, ô Christ ?

Que va-t-il arriver ? Le christianisme sort triomphalement de chacun de ces bains sanglants. Et Néron devient fou, Dioclétien est déposé de son trône de pourpre et meurt comme un vieillard hargneux; Galère Maxime, un des plus cruels persécuteurs, est dévoré vivant par les vers; Maximin Daia qui s’était enivré du sang chrétien finit par s’empoisonner, mais la dose était insuffisante, elle agit lentement, il endure des tortures infernales, il est terrifié par des visions le Christ avec des yeux étincelants, lui demandant compte de ses fidèles massacrés… il pousse des hurlements et meurt … ; Maxence périt dans le Tibre; Licinius tombe sous le fer de Constantin… – l’épouse du Christ reste debout, couverte de sang, mais victorieuse et toujours jeune.

 » Il a été établi pour la ruine d’un grand nombre « .

Il y a sept ans, le 9 novembre 1924, on célébrait le seizième centenaire de la consécration de la Basilique de Latran. A l’endroit même où s’élevait le palais de Maximien, où il allait de chambre en chambre en méditant les plus sanglantes persécutions, se dresse depuis seize cents ans une église, la basilique du Latran sur le fronton de laquelle est inscrit  » Mère et tête de toutes les églises « . Où jadis était érigé le trône impérial se trouve aujourd’hui un trône qui ne sera jamais renversé, le trône du pape.

Saint Léon a fait faire avec la statue de Jupiter Capitolin la fameuse statue de Saint-Pierre dont un pied est déjà usé par les nombreux baisers des pieux pèlerins.

Sainte Agnès, à l’âge de treize ans, est traînée de force dans un mauvais lieu, mais son saint regard le transforme en église et aujourd’hui se trouve à cet endroit une des plus belles églises de Rome, l’église Sainte-Agnès sur la Piazza Navona. On fait exécuter aux chrétiens prisonniers de pénibles travaux : on construit un bain. Qui eût alors pensé que là où sous la direction de saint Cyriaque on versait tant de sueurs avec un pareil mépris de la mort, s’élèverait un jour une église du vrai Dieu sous le nom de Saint-Cyriaque et que ce petit oratoire serait incorporé au chef-d’œuvre du plus grand génie de l’architecture, Michel-Ange, l’église Sainte-Marie-des-Anges. Ah! s’ils avaient su, lorsqu’ils creusaient le sol, qu’ils bâtissaient non pas un bain abri du péché, mais un temple de Dieu !

 » Il a été établi pour la chute d’un grand nombre « .

c) Mais il n’y a pas que le peuple juif et le peuple romain pour apporter ce témoignage, toute l’histoire du monde parle de même. jetons seulement un coup d’oeil sur les cités d’Asie jadis si florissantes : Éphèse Antiochei Césarée, Nicomédie… que de savants, d’artistes, de saints y ont vécu… saint Basile, saint Grégoire, saint jean Chrysostome – comme ces villes ont disparu! Regardons l’Afrique du Nord : saint Athanase, saint Cyrille, Tertullien, Clément, Origène, saint Cyprien, saint Augustin – quelle vie magnifique alors et aujourd’hui? des peuples barbares, des colonies sous le joug, des pa7lens superstitieux, parce qu’ils ont fait opposition au Christ.

Émouvant enseignement de l’histoire : toute nation qui se sépare du Christ tombe dans la barbarie et le malheur.

 

2) Cela ne s’applique pas seulement aux nations, mais aussi aux individus.

Et maintenant je ne recherche plus le témoignage des peuples, ni des Juifs ni des Romains ni de l’histoire j’en appelle à nous-mêmes.

S’il, se trouvait parmi vous, mes frères, un seul incroyant pour entendre en ce moment mes paroles, c’est à sa propre expérience que je ferais appel. Vous avez réfléchi, vous avez essayé d’expliquer pourquoi, à cause de ceci, de cela, vous ne croyez pas au Christ… Dites-moi : Sans le Christ êtes-vous content ? D’où provient en vous dans les questions les plus graves cette effroyable confusion ? Êtes-vous si certain de ne pas avoir d’âme ? Si certain et si content qu’après la mort tout soit fini ? C’est facile à dire, difficile à croire. Est-ce certain qu’après la mort il n’y aura pas de jugement ? Savez-vous avec tant de certitude qu’il n’y a pas de Dieu tout-puissant et créateur ? Et s’Il existe, est-ce que ce Dieu accepte que chacun observe la loi morale qui lui plaît ?

Et ce n’est pas seulement aux incroyants que je fais appel.

Je fais aussi appel à nous-mêmes, à ces tristes minutes où nous avons commis le péché, contredit le Christ. Je fais appel à vous-mêmes. Répondez-vous à vous-mêmes : n’avez-vous pas toujours été près de la ruine, quand vous vous êtes séparés du Christ ? Le péché vous a attirés, trompés, vous l’avez écouté, mais lorsqu’ensuite le remords a pénétré votre âme, n’avez-vous pas saisi la vérité des paroles de Siméon : Il a été établi pour la ruine de ceux qui Le contrediraient…

 

II

IL A ETE ETABLI

POUR LA RÉSURRECTION D’UN GRAND NOMBRE

Mais il y a une suite aux paroles de Siméon, – et c’est pour nous une grande consolation. Plaçons dont maintenant en face de la ruine des adversaires du Christ la victoire des fidèles du Christ; considérons comment suivre le Christ est devenu une source de bénédictions pour les nations et les individus.

1) Nous avons vu comment a péri la Jérusalem qui avait rejeté le Christ.  » Mais alors disparaissent avec elle toutes les prophéties et les promesses qui avaient été faites aux patriarches ?  » N’ayez pas peur : tout s’est réalisé dans l’Église et tout ce qui avait disparu renaît à la place. Le Dieu suivant les plans duquel nous conservons une poignée de grains récoltés en été et les semons pour que cette poignée repeuple à nouveau au printemps la terre entière, c’est ce Dieu qui a choisi parmi les Juifs douze hommes et comme des semences printanières les a répandus à travers le monde, afin qu’un peuple nouveau tienne prendre la place du peuple élu tombé dans l’infidélité; un peuple différent de l’ancien : ce dernier avait eu la Palestine pour domaine, l’autre ne connaît pas de frontière; le premier s’était limité à une race, l’autre renferme toutes les races et toutes les nations.

Les savants, les philosophes, les empereurs, les soldats païens se précipitèrent contre ces douze pêcheurs mais en vain. Tous les instruments de torture furent employés contre eux – la hache s’émoussa, le glaive s’échappa des mains lassées du bourreau et le rocher resta debout, l’arbre continua à croître.

Toujours de nouvelles luttes, – mais l’Église reste debout. – Le Christ avait dit :  » Voici que je vous envoie ! comme des brebis au milieu des loups  » (S. Mathieu X, 16), c’est-à-dire, vous aurez toujours des ennemis. Mais Il avait encore dit :  » Ne craignez point, petit troupeau, car il a plu à votre Père de vous donner le royaume  » (S. Luc XII, 32). Des hérétiques viendront bientôt qui déchireront la robe du Christ, qui l’assailliront et l’accableront de railleries – ne craignez point; des bêtes féroces assoiffées de sang viendront et voudront arracher des âmes l’amour du Christ – ne craignez point.

Que n’a pas enduré l’Église, mais qui l’a jamais vu trembler ? Au XVII siècle, philosophes, savants, poètes, romanciers, orateurs, hommes politiques se sont ligués contre elle :  » A présent nous allons l’écraser « , et l’Église n’a pas tremblé.

Que de fois la cloche des morts a sonné pour elle ! Si elle pouvait périr un jour, il y a longtemps que cela aurait dû avoir lieu.

Pensons seulement à Napoléon : sa puissance s’étendait de l’Espagne à la Vistule, de la Hollande à la Grèce, il avait une foule d’alliés ; et lui, le demi-dieu, fait cerner le pape par ses soldats. Le pape ne craint pas. Il l’excommunie. Contemplez ce vieillard que l’on arraché à ses fidèles et que l’on traîne malade de ville en ville… Ce vieillard ose s’opposer à celui devant qui s’effondrent rois et empereurs. Qui va maintenant parler en sa faveur ? Qui le défendra ? Celui qui a été établi pour la chute et pour la résurrection d’un grand nombre.

Mais le Christ n’a pas de soldats ! Non, mais Il a le feu et Moscou est en flammes. Mais le Christ n’a pas de canons ! Non, mais Il a les tempêtes de neige – et elles balayent l’armée de Napoléon. Le pape retourne à Rome, le peuple est transporté de joie.

Et il en a toujours été ainsi, depuis que le Christ est apparu comme  » le grand signe de contradiction pour les méchants « . Au cours des siècles, les adversaires du Christ n’ont fait que changer de nom, mais pas de haine. Jadis ils s’appelaient Néron et Dioclétien, aujourd’hui ils sont bolchevistes et francs-maçons; jadis c’était sur l’arène du cirque romain que brûlaient les bûchers sous les martyrs chrétiens, aujourd’hui les couvents d’Espagne brûlent sur la tête des religieux et l’Église ne tremble pas, ne pâlit pas, car elle connaît la prophétie de Siméon :  » Le Christ a été placé pour la chute de ceux qui se jetteront contre Lui  » elle connaît les derniers mots de l’évangile de ce jour :  » Voici que je suis avec vous jusqu’à la fin du monde « .

2) Mais écoutez et voyez également, mes frères, comme la vie parle aussi en faveur du Christ. La vie de la. communauté chrétienne et le sort de mon âme.

a) La vie de la communauté chrétienne.

C’est seulement quand retentit sur ses lèvres la grande profession de foi au Christ :  » Vous êtes le Christ, le Fils de Dieu  » c’est seulement alors que se révèle la sublime vérité du christianisme… Les millions et les millions de croix qui se dressent au bord des champs et des chemins, qui surmontent les clochers des églises, qui ornent les devants des autels et les murs des chambres à coucher et qui sur des millions de tombes nous adressent un salut consolateur, toutes proclament dans le monde :  » Vous êtes le Christ, le Fils du Dieu vivant « . Il n’y a pas de visage qui ait été autant de fois reproduit que celui du Christ. Il n’y a personne dont la vie ait été autant de fois imprimée que celle du Christ dans les quatre évangiles. Il n’y a pas de livre qui ait été traduit en autant de langues que l’évangile : toute la Sainte Écriture a été traduite en plus de deux cents langues, quelques parties l’ont été en plus de quatre cents.

Le Christ aujourd’hui encore est le centre du monde et le point de départ de l’histoire. On connaît deux époques dans l’histoire : celle avant le Christ et celle après le Christ. Quiconque écrit une date rend un hommage muet au Christ ; même les non-chrétiens sont obliges de se plier à cet usage, chaque fois qu’ils écrivent une lettre ; ils sont obligés de le faire, même les journaux qui combattent le Christ, chaque fois qu’ils mettent la date sur un numéro. Qui pourrait comprendre tout cela, si le Christ avait été simplement un homme ?

Qui pourrait comprendre que le nom du Christ, bien qu’Il n’ait été ni un général ni un conquérant célèbre, mais qu’Il ait vécu pauvre et soit mort dans le mépris, brille d’un éclat extraordinaire à côté du pâle souvenir d’Alexandre le Grand, de César, de Gengis-Khan, de Soliman, de Napoléon ?

Qui comprend cela, si le Christ n’a été ni poète ni philosophe ni savant et pourtant les plus grands poètes, philosophes et savants sont heureux quand ils peuvent écrire sur Lui. Qui comprend cela, si le Christ n’a été qu’un homme ?

Il y a eu de grands philosophes qui pendant leur vie ont réuni autour d’eux toute une école de disciples enthousiastes, mais ils sont morts et qu’est-il advenu de leurs écoles ?

Où sont les fidèles enthousiastes de Platon, de Socrate, d’Aristote ?

Où y a-t-il au monde seulement une petite école qui porte le nom d’Auguste, de César, d’Alexandre le Grand ?

Et aujourd’hui encore six cent millions d’hommes s’appellent du nom du Christ, chrétiens. Pourtant Auguste, César, Alexandre le Grand pendant leur vie ont été les maîtres du monde, pourtant le Christ était un pauvre qui a été attaché à la croix. Qui comprend cela, si le Christ n’a été qu’un homme ?

b) Mais la vérité des paroles de Siméon, en dehors de la grande réalité du christianisme, n’est pas moins démontrée par le sort de mon âme à moi. N’avez-vous pas déjà bien des fois senti, mes frères, quel triomphe c’est de vivre uni au Christ, si vous êtes capables de répondre vous-mêmes à cette question décisive : Qu’est-ce que le Christ pour moi ?

Connaissez-vous l’histoire du publicain Zachée ? Qu’était-ce que ce Zachée ? Un publicain. Un homme enfoncé dans les préoccupations de la vie quotidienne, qui du matin au soir gagnait son pain en percevant les – avec des mains pas tout à fait nettes… Il avait taxes, un bon revenu, une vie tranquille… mais aussi son âme était comme celle de millions de ses semblables : au fond, tout à fait au fond soupirait de temps à autre le désir de Dieu, de Dieu oublié.

Un jour parvinrent à ses oreilles des bruits concernant un  » nouveau prophète « , les miracles qu’il opérait, les choses merveilleuses qu’il enseignait… Et un jour arrive la nouvelle que le prophète va passer par sa ville, par Jéricho… Un désir sans nom le saisit : il faut que je le vole.

Mais comment faire ? A cause de sa petite taille, il ne verra rien dans la grande foule. Mais voici une bonne idée il escalade un figuier et de là il ‘voit le cortège Mais le Seigneur qui voit dans les replis les plus secrets de l’âme, le Seigneur qui aperçoit même la pâle flamme de bonne volonté qui couve sous une rude écorce; le Seigneur qui, suivant l’expression d’un saint, fait autant de pas vers nous que nous en faisons vers lui, Notre Seigneur Jésus-Christ a vu le désir ardent au fond de l’âme de Zachée, Il s’arrête au-dessous de l’arbre et à l’étonnement de la foule, Il dit: « Zachée, hâte-toi de descendre, car il faut qu’aujourd’hui je loge dans ta maison  » (S. Luc XIX, 5).

J’ai demandé : Qu’est-ce que le Christ pour vous ? Car aujourd’hui encore il y a parmi nous une foule de Zachées. D’hommes qui pareillement sont poursuivis par la vie. D’hommes dont la rude enveloppe menace d’étouffer le plus petit élan de l’âme vers la religion, Dieu, la vie éternelle… en qui le désir du Christ n’est pas encore complètement mort, – quel bonheur, si un jour ils rencontrent le Christ t  » Il a été établi pour la résurrection d’un grand nombre « .

Je pense à ce qui se passerait si un jour Notre Seigneur parcourait à midi une des rues les plus fréquentées de la capitale.

Ses fidèles enfants, ses braves disciples se joindraient aussitôt à Lui avec une joie infinie, comme ils le font par une profession de foi publique à la procession de la Fête-Dieu ou à une autre procession du Saint Sacrement.

Mais hélas ! combien il y aurait d’indécis, de victimes du respect humain, d’hésitants qui se hâteraient de louer une fenêtre au second étage sur le parcours du cortège et là du haut de la fenêtre, pourvu que personne de leurs connaissances les apercoive ! ils salueraient silencieusement le Christ à son passage. Ce sont ceux que l’on ne voit jamais à l’église ; ce sont ceux dont l’entourage croit qu’ils n’ont pas la foi ; ce sont ceux dont l’âme est pour ainsi dire étouffée par la précipitation de la vie, mais en qui, au milieu de tous les succès de la terre, se fait entendre le désir du Christ… car il ne peut pas vivre sans le Christ celui qui même une seule fois a regardé dans ses yeux bénis.

Si seulement, mes frères, vous vous rendiez compte que le Seigneur vous parle aussi à vous là-haut au second étage, à vous qui êtes plongés dans les études philosophiques, dans les angoissants problèmes de l’âme, à vous qui êtes dans les lieux de plaisir, les salles de bal… c’est à vous qu’Il parle : Hâtez-vous de descendre, car aujourd’hui il faut que je demeure dans votre maison.

Seulement ne dites pas que ce n’est pas à vous que s’adresse le Seigneur, parce que vous êtes si éloignés de Lui. Ne dites pas que vos péchés vous ont submergés entièrement pour toujours.

Non, ne le dites pas. Écoutez seulement les paroles de Zachée à Notre Seigneur. Zachée est descendu en hâte de son arbre et il a dit sans reprendre haleine ;  » Voici, Seigneur, que je donne aux pauvres la moitié de mes biens et si j’ai fait tort de quelque chose à quelqu’un, je lui rends le quadruple « . Et Notre Seigneur lui dit :  » Le salut est venu aujourd’hui sur cette maison… car le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu  » (S. Luc XIX, 8- Io).

Vous aussi réparez ce qui a été défectueux. Vous aussi remettez en ordre la maison de votre âme, et le Christ entrera chez vous.

 » Voici que je me tiens à la porte et je frappe « , dit de Lui-même Notre Seigneur (Apocalypse III, 2o). Mes frères, ne L’entendez-vous pas frapper ? N’entendez-vous pas les battements de votre cœur ? Vous dites: Ce sont les battements dus à la circulation du sang. C’est vrai. Mais il bat aussi au souvenir de vos nombreux anciens péchés et il bat encore du désir ardent du Christ si longtemps oublié.

Ah! écoutez et ouvrez votre cœur et que le calme de votre âme brûlante et rayonnante de bonheur soit un témoignage éclatant de la véracité de Siméon, que le Christ a été établi pour la joie et la résurrection de tous ceux qui se tiennent près de Lui et Le servent fidèlement.

* *

*

Mes frères, vous connaissez la mort épouvantable de l’empereur Julien l’Apostat. Par le fer et le feu, il avait persécuté le christianisme, il voulait que l’humanité oubliât jusqu’au nom du Christ. Et lorsqu’il eut réussi à noyer dans le sang les communautés chrétiennes, il demanda à un chrétien avec une ironie triomphante « Eh bien ! que fait maintenant le charpentier galiléen? « Le chrétien répondit par ces mots remplis d’une foi inébranlable : « Il fait ton cercueil « . En réalité, le cercueil de Julien était déjà fait. Et lorsqu’il resta mourant sur le champ de bataille il prit dans le creux de sa main un peu de son sang et le lança contre le ciel avec ce cri de désespoir : Tu as vaincu, Galiléen. Oui, l’histoire entière témoigne que le Christ de Galilée a toujours été victorieux.

Mais nous ne voulons pas Lui rendre hommage à la manière de l’impie Julien l’Apostat, brisé, désespéré, anéanti, mais Lui rendre hommage par cette prière d’un cœur fervent et transporté de bonheur : Vous êtes victorieux, Seigneur Jésus ! Soyez le roi de notre âme soumise. Amen.

Le Symbole des Apôtres – deuxième partie. Jésus-Christ le fils de Dieu le Divin Maître, sermons prononcés dans l’église de l’Université de Budapest, par Mgr TIHAMER TOTH. (traduits du hongrois par l’Abbé Marcel GRANCLAUDON). Editions SALVATOR, 1936.

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