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Pour connaître et aimer

XIV Y A-T-IL UN DIEU? LA RÉPONSE DE L’HUMANITÉ

Classé dans : Connaissance de Dieu,Société — 6 décembre 2008 @ 9 09 46

I L’HUMANITE SENT L’ABSENCE DE DIEU. II L’HUMANITÉ NE PEUT PAS SUPPORTER L’ABSENCE DE DIEU. 

MES FRÈRES,  Ces jours-ci, un hebdomadaire étranger rapportait une nouvelle caractéristique du pays des Soviets. En soi, la chose semble sans importance, mais si je la men­tionne au début de ce sermon, c’est parce que cette petite chose renferme toute l’idée fondamentale de mon sermon d’aujourd’hui. Chaque jour nous lisons des choses révoltantes sur l’eeuvre diabolique des Soviets sur la persécution religieuse en Russie. Après que le malheureux peuple russe a été dépouillé de sa tranquillité, de son pain et de ses biens, on veut maintenant lui dérober son dernier trésor la foi. Avec une haine infernale on mène actuellement en Russie la guerre contre Dieu. 

Les Soviets ont édité un « Index » spécial, le catalogue des livres interdits; savez-vous quels sont les trois livres qui sont en tête de cet Index, qui sont donc considérés comme les plus dangereux pour l’humanité? L’Évangile, le Coran et le Talmud. Les parents dont les enfants vont à l’église sont punis; par contre on force la jeunesse à entrer dans des associations athées. 

Des groupes de propagandistes parcourent le pays et prêchent l’athéisme le plus grossier à des auditoires recrutés par la menace. Celui qui veut vivre, celui qui veut avoir du pain, celui qui veut avoir une place est obligé de renier Dieu. C’est un de ces cas qu’évoque l’hebdomadaire en question. Un jeune communiste passe un examen sur sa maturité politique. 

- Qu’est-ce que Dieu ? lui demande le président. - Dieu n’est qu’un conte – répond le jeune homme. 

- Bien. Qu’est-ce que la religion? - La religion est l’opium du peuple. 

- Bien. A quoi sert l’Église? - A exploiter les pauvres. 

- Parfait. ‘Tu as bien répondu. - Merci, mon Dieu! s’écrie avec une joie immense le jeune homme en faisant trois fois le signe de croix. 

Tel est le récit du journal, mes frères – et ce récit renferme tout le thème de mon sermon d’aujourd’hui. Comme il faut qu’elle soit vraie la foi en Dieu, pour que la plus brutale tyrannie soit incapable de l’arracher à l’homme! Pour avoir du pain, pour pouvoir respirer, pour avoir le droit de vivre, on est forcé de mentir « Il n’y a pas de Dieu ! » mais dès qu’on est laissé à soi-même, on fait avec joie le signe de croix et on s’écrie : « Merci, mon Dieu, que cet examen soit passé ! 

« Merci, mon Dieu! »  Mais il y a donc un Dieu? Les merveilles de l’uni­vers proclament, les aspirations les plus intimes de l’âme humaine exigent qu’il y ait un Dieu, – c’est de cela qu’il a été question dans les sermons précédents. Mais aujourd’hui je pose cette nouvelle thèse, sous une forme peut-être un peu surprenante : Il faut qu’il y ait un Dieu, car nous ne pourrions pas autrement expliquer comment l’humanité sent l’absence de Dieu, au point même de ne pouvoir pas du tout la supporter. 

Essayons donc d’exposer ces deux idées. I. l’humanité sent douloureusement l’absence de Dieu, et même II. elle ne peut la supporter. 

L’HUMANITE SENT L’ABSENCE DE DIEU. 

Je crois qu’il n’existe pas un seul homme sur la terre pour se déclarer satisfait de l’état actuel du monde. Chacun proclame qu’il faut attendre une ère meilleure parce que l’humanité actuelle est en proie à un mal fondamental et essentiel.  De quoi souffrons-nous donc? – les opinions divergent fortement déjà sur cette constatation. L’un attribue le défaut capital au fait que la richesse n’est pas répartie équitablement parmi les hommes, un autre dans le fait que les classes sociales se méprisent mutuellement; un troisième se plaint que l’état ne s’occupe pas suffi­samment de ses sujets, l’état se plaint que les citoyens ne remplissent pas suffisamment leurs obligations. Les ouvriers se plaignent des capitalistes, les capitalistes des ouvriers. La vieillesse se plaint de la jeunesse, la jeunesse de ses éducateurs… 

Mais à toutes ces plaintes on ne peut que répondre ce n’est pas là le mal principal. Tout cela n’est que la marque de la véritable maladie, le symptôme, mais non pas le mal lui-même. Où se trouve donc notre mal véritable ? Là où 1. la pensée de l’homme et 2. sa vie se sont détournées de Dieu, c’est par là que l’humanité a été arrachée de son sol primitif et maintenant ne trouve plus sa place. 

Je sens que cette constatation a un air – comment dirai-je? – par trop théologique. Essayons donc de l’analyser plus à fond, pour voir s’il en est réellement ainsi.

 1. J’affirme donc que notre premier mal consiste dans ce fait que notre pensée s’est détournée de Dieu. a) Depuis que l’homme vit sur la terre, on n’a jamais fourni autant de travail intellectuel – c’est la vérité. Que de livres, que de revues, que d’écoles, que de laboratoires, que de musées, que de bibliothèques ! Les découvertes se succèdent, une hypothèse en chasse une autre, une théorie en détruit une autre… C’est un fait : aucune autre époque n’a fourni pareil travail intellectuel. 

Pourtant que voyons-nous? Nous voyons que de ce travail fébrile ne peut sortir aucun bienfait pour l’humanité. Actuellement nous savons cent fois plus de choses que nos prédécesseurs d’il y a cinquante ans, – mais sommes-nous aussi cent fois plus heureux? Nous sommes plus nerveux, c’est certain. Nous sommes plus inquiets, c’est certain. Mais sommes-nous plus  heureux, plus joyeux de vivre, plus énergiques? – qui oserait répondre affirmativement? b) Mais si notre science immensément accrue ne nous rend pas plus heureux, il nous faut alors conclure : la science en elle-même n’est pas un aliment suffisant pour l’âme humaine. Si l’homme ne se composait que d’un estomac, il lui suffirait d’un chou farci; si l’homme ne se compo­sait que d’un cerveau, il lui suffirait d’avoir la science. Mais l’homme est plus qu’un estomac et plus qu’un cerveau, aussi a-t-il beau se bourrer de science, cette nourriture reste toujours la même, il lui manque une vitamine et parce qu’elle lui manque, des troubles se produisent dans sa vie. Avec notre science nous en sommes arrivés à connaître tous les astres du ciel, les forces cachées de la nature, les électrons constitutifs de la matière, c’est seulement devant deux questions que se dérobe la pensée qui s’est détournée de Dieu, deux questions auxquelles elle ne répond pas D’où cela vient-il et où tout cela va-t-il ? 

Une telle manière de penser dissèque tous les éléments de chaque manifestation de l’âme humaine, les mesure par des expériences de laboratoire, les met en tableaux, les analyse, – seulement elle n’ose pas avouer qu’après toutes ces recherches, ces analyses, ces classifications, il reste encore toujours quelque chose qu’on ne peut ni saisir ni mesurer et que nous, chrétiens, nous appelons « l’âme ». 

Une telle façon de penser présente, en s’appuyant sur les sources originales, l’histoire des siècles passés, indique le rôle historique des événements géographi­ques, culturels et économiques dans la formation de l’histoire, – seulement elle n’ose pas reconnaître qu’après toutes ces explications il reste encore un facteur inconnu qui a dirigé clairement et visiblement le développement de l’humanité et que nous, chrétiens, nous appelons à juste titre la « divine Providence ». Une telle façon de penser inspire des volumes entiers sur l’état, la société, le droit, la morale, mais n’ose pas reconnaître que son travail fatigant ne donne le jour à aucun bienfait, parce qu’il n’ose pas projeter sur les problèmes angoissants de cette vie éphémère les rayons lumineux du Dieu éternel. 

Mais pour comprendre la vie, c’est Dieu seul qui donne la lumière, c’est par Lui seul que l’histoire du monde devient intelligible, c’est sur Lui seul que repose comme sur un roc la morale, c’est Lui seul qui protège le droit contre la force et l’ouvre gigantesque de la pensée humaine contre l’insuccès.  Voilà donc ma thèse d’aujourd’hui : il faué qu’il y ait un Dieu, puisque l’humanité sent autant son absence et que son absence prive de la couronne l’activité la plus infatigable. 2. Cependant il nous faut poursuivre nos réflexions. Ce n’est pas seulement notre pensée qui s’écarte de Dieu, c’est aussi notre vie. Il faut qu’il y ait un Dieu, parce qu’autrement une faillite morale et une banque­route totale nous attendent, ce que nous ne voyons nulle part plus clairement que dans la vie de l’homme qui s’est détourné de Dieu. 

a) Voyez simplement ce que l’homme moderne pense de la vie. Quel est son désir? « Bien vivre sa vie ». Mais qu’entend-il par bien vivre ! L’un pense que c’est avoir beaucoup d’argent. Un autre que c’est bien s’amuser. Un troisième que c’est pouvoir comman­der à beaucoup de monde. Un quatrième que c’est bienn manger… C’est ainsi que l’homme moderne vit sa vie.  Et le résultat ? 

Eh bien! le résultat est consternant. Les hommes ne peuvent pas vivre en paix les uns avec les autres… Le caractère disparaît, la fidélité, l’honnêteté, la mora­lité, la pureté des mains et du coeur disparaissent. Du jour au lendemain on ne croit plus à la parole d’autrui. La parole d’un homme n’est plus parole d’évangile, le serment n’est plus chose sacrée, le foyer familial n’est plus un sanctuaire. Celui qui fait con­sciencieusement son devoir, passe pour un retardataire, celui qui ne touche pas à l’argent d’autrui, alors qu’il pourrait le faire en cachette, est regardé comme un incapable et celui qui mène une vie morale pure est raillé comme un fakir qui se torture volontairement.  Pourtant l’état fait tout ce qu’il peut. Quand y a-t-il eu autant d’écoles? Quand a-t-on écrit autant d’ou­vrages pédagogiques? Quand a-t-on bâti autant d’imprimeries, de bibliothèques, de musées, d’uni­versités, ces « temples de la science ? » Mais l’humanité est de plus en plus fatiguée, de plus en plus mécon­tente, de plus en plus désolée. Qu’avons-nous donc oublié, que nous manque-t-il? b) L’homme moderne a tout – seulement il n’a pas Dieu, et parce qu’il n’a pas Dieu, il n’a rien. Nous avons Dieu, nous croyons en Dieu, nous voulons vivre honnêtement selon ses lois – et pour nous aussi n’est-ce pas, la vie est pénible et exige combien de luttes. Mais alors pouvons-nous attendre d’une géné­ration qui ne connaît pas Dieu, qu’elle soit honnête et morale ? Actuellement on n’entend parler que de la décadence de la civilisation européenne, de l’effondrement imminent des nations européennes, si bien qu’on ne peut passer avec un simple haussement d’épaules devant le danger qui nous menace. Les peuples d’Eu­rope ont joué, il y a quinze cents ans, un rôle dirigeant dans le monde, à présent – comme on l’entend dire constamment – ils marchent à la tombe. 

Quelle peut en être la cause? Quelle peut être la cause de cette sénilité des peuples européens ? Com­ment ont-ils perdu le goût de vivre? Comment en Europe chaque onze minutes un homme finit-il par le suicide? Comment la vie familiale est-elle sur le point d’être définitivement détruite? Comment à Berlin, en 1928, 175.000 jeunes gens ont-ils comparu devant les tribunaux ? Il n’est pas possible d’attribuer tout cela à des raisons économiques et à la détresse matérielle. Il n’y a pas d’autre explication que celle-ci : Le nihilisme moral qui fait rage actuellement et attaque les bases vitales des peuples européens provient de l’ébranlement de la foi en Dieu. Le bolchevisme moral se propage chez les peuples dont la foi disparaît. 

Elle s’est vérifiée pleinement l’affirmation du philo­sophe Platon : On peut plutôt bâtir une ville dans les nuages que gouverner un peuple sans religion. Elle s’est vérifiée l’affirmation de Chateaubriand: « Détruisez le culte de l’Évangile et dans chaque village il faudra des cachots et des bourreaux. 

Elle s’est vérifiée l’affirmation de Napoléon : Un peuple qui n’a pas de religion ne peut être gouverné qu’avec des fusils. Elle s’est vérifiée aussi l’affirmation de Schiller : Si dans un état la religion chancelle, elle ne chancelle pas toute seule. Non, non. Mais avec elle chancellent aussi toutes les colonnes de la société : autorité, respect des lois, discipline, honnêteté, moralité. 

Finalement se trouve donc vérifiée aussi la thèse de mon sermon d’aujourd’hui : Il faut qu’il y ait un Dieu, car s’il n’y en avait pas, on ne pourrait vraiment pas comprendre que l’athéisme produise de si profonds ravages dans la vie de l’humanité.  II 

L’HUMANITÉ NE PEUT PAS SUPPORTER L’ABSENCE DE DIEU. 

Mais l’idée que nous venons d’évoquer a une suite et celle-ci parle encore plus fortement en faveur de Dieu : L’humanité ne fait pas que sentir l’absence de Dieu, cette absence n’est pas seulement la cause de troubles graves dans la vie sociale, l’humanité en  fait ne peut pas se passer longtemps de Dieu. 

I. L’âme humaine se trouve en présence d’un problème qui l’a toujours préoccupée, depuis qu’un homme vit sur la terre et qui ne la laissera jamais en repos, tant qu’il y aura un homme en ce monde et ce problème c’est le mystère de Dieu. Jamais un homme n’a vu Dieu et cependant il n’y a pas un homme qui ne se soit ren­contré un jour avec le mystère de Dieu et qui n’ait pas été obligé de prendre position dans cette question.  Il n’y a pas d’homme au monde qui ne cherche pas Dieu. L’un Le cherche derrière les étoiles, un autre dans les forces de la nature, un troisième en fait l’âme inconsciente de l’univers. L’un adore Dieu, l’autre Le blasphème. L’un s’incline devant Lui, l’autre se révolte contre Lui… mais personne n’est capable de L’écarter par une simple négation. L’athée lui-même, celui qui a la haine de Dieu, ne le peuvent pas, parce que l’inu­tilité de la vie pour l’athée et le vide glacial de l’âme de celui qui hait Dieu sont un témoignage involontaire de l’existence de Dieu. 

2. Souvent on entend cette plainte : nous vivons dans un monde incroyant. Mais ce n’est qu’un côté de la médaille. Sur le revers se trouve la recherche fébrile de l’âme humaine avec laquelle elle se jette sur les vérités religieuses.  Vivons-nous dans un monde incroyant? La foule des religions ne le montrent pas. Presque chaque semaine surgit une nouvelle religion. Ce tâtonnement inquiet, cette recherche incessante de Dieu montrent que l’humanité ne supporte pas l’absence de Dieu. 

Vivons-nous dans un monde incroyant? Les nom­breuses séances de spiritisme, la théosophie, l’anthroposophie, l’étude fiévreuse des phénomènes mystiques et occultes montrent qu’il n’en est rien. Vivons-nous dans un monde incroyant? Les ridicules aberrations de la vie moderne montrent que non. 

Un ancien fonctionnaire de la Préfecture de police de Paris a réuni une curieuse statistique (Reichspost du ii août 1929). D’après elle, à Paris, – la ville lumière – les devins, astrologues, tireuses de cartes, chiromanciennes gagnent 200.000 francs par jour. Est-ce beaucoup d’argent? Pas trop, si l’on songe qu’à Paris il n’y a pas moins de 34..600 de ces officines et qu’il y a des journaux qui insèrent chaque année pour 300.000 francs d’annonces de cartomanciennes et de spécialistes des sciences occultes. Avez-vous vu que dans notre siècle de progrès techniques, dans notre monde moderne si instruit, si fier des résultats positifs des sciences naturelles, ce n’est pas seulement dans les journaux français, mais aussi dans ceux de l’étranger que paraissent des annonces de ce genre? Quels sont ceux qui se recommandent à l’attention générale ? Les devins, les cartomanciennes, les graphologues, les spirites, les astrologues. 

Vivons-nous dans un monde incrédule? L’annuaire des téléphones de New- York ne le montre pas. Regardez la liste des professions dans cet annuaire et à côté des numéros de téléphone des bouchers, des tapissiers, des électriciens, etc. Vous rencontrez cette rubrique « Devins et devineresses ». Vivons-nous dans un monde incrédule? Les vitres des automobiles montrent le contraire. Y a-t-il un auto­mobiliste pour oser se mettre en route, sans avoir attaché à une vitre de son auto un fétiche, un totem, une poupée rembourrée ? Actuellement il existe une industrie spéciale pour la confection de ces objets porte-bonheur. On lit au sujet des vols transatlantiques que tel aviateur a emporté comme « talisman » un singe, un autre un canari, un troisième un petit chien ou un crocodile. 

L’homme d’aujourd’hui, sourit d’un air supérieur, quand il entend raconter qu’autrefois on se découvrait au passage du carrosse impérial même vide; mais le même homme moderne est capable d’attendre pendant des heures dans une gare archicomble l’arrivée d’une Miss Europe quelconque rentrant dans son pays. Je demande donc une dernière fois : Vivons-nous dans un monde incrédule? La vie moderne prouve que non. Que prouve-t-elle donc? Elle prouve qu’elle ne supporte pas longtemps l’incroyance de l’âme humaine et qu’elle a besoin d’une foi quelconque et celui qui n’accepte pas le Symbole croit à des folies ridicules. Elle prouve que celui qui perd la foi devient crédule. Elle prouve que l’homme, quand il n’a pas de religion pour lui donner un idéal digne de lui, se crée à lui- même des idoles ridicules et indignes de lui. 

C’est dire que la vie humaine prouve la vérité de mon sermon d’aujourd’hui : Il faut qu’il y ait un Dieu, car s’il n’y en avait pas, on ne pourrait comprendre comment l’homme ne peut pas supporter son absence. 

*         

Mes frères, au cours des siècles, beaucoup ont essayé de supprimer ce fait, beaucoup ont cherché à rayer le nom de Dieu du dictionnaire de l’humanité, – mais ils n’ont jamais réussi.  Voltaire vint et en 1753 il cria au monde Dans vingt-cinq ans Dieu sera tombé dans l’oubli. 

Nietzsche vint et cria au monde : « Dieu est mort, vous et moi l’avons tué ». Les folies de la révolution française supprimèrent le calendrier chrétien, changèrent les noms des mois et à l’ombre de la guillotine en 1793 on fit voter sur cette question : Y a-t-il un Dieu? Et dans la foule apeurée, étourdie et aveuglée il ne se trouva qu’une vieille femme pour lever son bras tremblant en faveur de Dieu : « Pour Dieu, pour Dieu ». Une seule voix pour Dieu – les autres contre. Et la vie se déroula sans Dieu. On vola, on assassina, on pilla, on égorgea, – jusqu’à ce qu’un matin, dans les rues de Paris, des affiches apparurent, les affiches de Robespierre « Le peuple français croit en Dieu… » 

Et voici qu’après ces expériences arrivent main­tenant les Soviets qui recommencent tout de nouveau. Maintenant ils interdisent d’exposer aux étalages des magasins des articles de Noël. Maintenant ils ordonnent de travailler le jour de Noël. Maintenant dans tout le pays ils répandent des tracts, des films, des pièces de théâtre attaquant les idées évoquées par la fête de Noël. Le jour de Noël, une troupe de jeunes gens est entrée dans les églises et a attaqué les fidèles, tandis que les enfants sans Dieu allaient en bandes de maison en maison pour arracher des murs les saintes images et les brûler solennellement dans la rue. Au moment de Noël, dans la Russie centrale, 579 églises ont été fermées. Les ouvriers de Moscou durent répondre à un questionnaire Êtes-vous pour ou contre Dieu? Mais en tête du questionnaire était imprimé « Celui qui est pour Dieu est traître aux Soviets ». Tout cela s’est passé, il y a quelques semaines en Europe. Et pour couronner leur aeuvre, ils ont donné comme mot d’ordre : En I93z il n’y aura plus d’église en Russie: Eh bien! vous vous êtes trompés dans vos calculs, « race de vipères » (S. Matthieu, XXIII, 33). C’est en vain que vous avez déployé tant d’efforts. Vous avez mal travaillé. 

Faut-il vous dire comment vous deviez faire? Faut-il vous dire ce que vous deviez faire pour effacer le nom de Dieu ? Créez une autre humanité, fabriquez d’autres hommes. 

Des hommes sans yeux, sans âme et sans coeur. Car tant que la race humaine actuelle vivra sur la terre – cette race d’hommes dont les yeux brillent à la vue des beautés de l’immense univers, dont la con­science entend sans arrêt la voix de l’ordre moral, dont le coeur qui souffre dans les obscurités et les amertumes de la vie soupire après la source de la vérité et de la félicité parfaites - tant que cette race d’hommes vivra sur la terre, elle restera vraie la parole de nos Saints Livres au sujet de Dieu : « Des milliers et des milliers le servent, des dizaines de mille et des dizaines de mille se tiennent debout devant lui » (Daniel, VII, 10) ou plutôt ils ne se tiennent pas debout, mais s’agenouillent devant Lui et font cette prière : « Louange, gloire, sagesse, action de grâces, honneur, puissance et force à notre Dieu dans les siècles des siècles » (Apocalypse, VII, 12). Amen. 

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