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La Réforme protestante

Classé dans : Histoire — 17 octobre 2008 @ 14 02 23

I Les Causes de la réforme protestante 

A. La Papauté avant la Réforme protestante

Les papes sont accusés : 

- de s’occuper plus des questions temporelles (menaces qui pèsent sur l’Etat pontifical) que du salut des âmes.

- de népotisme : favoriser leurs proches -« neveux »- sans faire attention à leurs capacités, vertus ou jeune âge (César Borgia, fils d’Alexandre VI fut créé cardinal à 16 ans !) (A cause des intrigues, empoisonnements, etc. ils voulaient  s’entourer d’hommes sûrs.) 

- de fiscalité pontificale. Les impôts étaient de plus en plus lourds à cause du développement des arts à Rome.

Des évêques ou des abbés ne séjournent que rarement dans leur évêché ou leur abbaye, et se préoccupaient surtout d’accumuler charges et bénéfices.

Certains prêtres étaient trop ignorants.

B . Vaines tentatives de réforme. 

Il faut donc une réforme in capita et in membris, dans la tête et dans les membres, c’est-à-dire la réforme des hommes d’Eglise (mais non de l’Eglise en tant qu’institution). Cette dernière conception est l’erreur de toutes les fausses réformes.  - Le Vème concile œcuménique du Latran (1512-1516) n’obtient pas de résultats. 

- Savonarole, à Florence, (1452-1498) se croit investi d’une mission, invective les gens d’Eglise corrompus dans ses sermons, (dont le Pape Alexandre VI). Le peuple de Florence l’écoute avec passion. On allume un bûcher dans lequel on jette les bijoux, fards, tableaux païens, tout en faisant une ronde autour et en chantant des cantiques. Savonarole glisse sur le terrain politique : il veut instaurer à Florence une cité de Dieu dont il serait le chef. La Pape Alexandre VI, après plusieurs avertissements, l’excommunie en 1497. Savonarole propose de subir le jugement de Dieu par le bûcher, mais au moment de subir l’épreuve, il se dérobe et son prestige s’écroule. Il est jugé et condamné à être pendu.

Cela montre l’aptitude des esprits à s’enflammer pour une rénovation religieuse , et que hors de l’autorité romaine, cette entreprise ne pouvait que s’égarer.  II Luther et le Luthérianisme  Les protestants ont voulu eux-mêmes faire la réforme de l’Eglise, mais en réalité, cette réforme s’est faite contre elle. 

1 Luther

Martin Luther (1483-1546), moine allemand érudit, était hanté par la crainte de la damnation. On lui présentait la religion sous sa forme la plus austère : les jugements de Dieu et l’enfer. Il se souviendra plus tard qu’au seul nom du Christ, il pâlissait. Il crée une théorie à partir de son cas personnel. A la suite de ses échecs moraux, il considère que la nature humaine est totalement corrompue (Pour prouver son système, il interprète (faussement) Saint Paul et Saint Augustin) : il ne peut produire aucun acte méritoire. Luther s’en prendra à toutes les bonnes œuvres par lesquelles on cherche à gagner des mérites.   Luther dit que nous sommes sauvés seulement par la foi au Christ qui nous couvre de ses propres mérites, comme d’un manteau, et non par les œuvres (la manière dont nous suivons les commandements).  La foi n’est pas adhésion à ce que Dieu révèle, parce qu’Il est la Vérité, mais confiance en Dieu sauveur : elle est subjective et non objective. (On voit l’influence de cette pensée aujourd’hui). 

Alors, le sacerdoce et les vœux religieux ne servent à rien, il n’y a pas de saints (nul n’est plus saint qu’un autre). La messe n’est qu’une simple commémoration du Sacrifice de la Croix, et non le Sacrifice lui-même, actualisé. Il ne croit pas à la Présence réelle.

L’occasion de la rupture ouverte avec Rome est la querelle des indulgences en 1514. On recevait l’indulgence  (Remise totale ou partielle devant Dieu de la peine temporelle due au péché pardonné.) en faisant une aumône (proportionnée à la fortune de chacun), pour l’édification de la basilique Saint Pierre, en plus de la confession, du  jeûne, de la communion, de la visite de sept églises. Luther affiche alors sur la porte de la chapelle de Wittenberg, ses 95 thèses contre les indulgences. Suite aux discussions que cela provoque, Léon X excommunie Luther (en 1520), qui brûle en public la bulle d’excommunication. Luther complète sa doctrine en déclarant la Bible la seule source de la croyance : sola scriptura: c’est le principe du libre-examen. « Tout protestant fut pape, une Bible à la main » dira Bossuet. On voit ici l’influence des idées de la Renaissance : la conscience est seule juge de l’interprétation de l’Ecriture. On rejette la Tradition et le Magistère. La rupture avec Rome est consommée.Il traduit (mal) la Bible en allemand, rejette du canon des Ecritures l’épître de Saint Jacques dont la doctrine est un démenti anticipé de la sienne.

Il met en pratique sa doctrine : il défroque et épouse une religieuse.

2 Expansion du luthérianisme

-   En Allemagne, beaucoup de rois, de princes et de nobles ont vu dans la Réforme un moyen de s’enrichir en s’emparant des biens de l’Eglise et, soutenus par le roi de France Henri III, de faire la guerre contre l’empereur Charles-Quint, catholique. 

-   Charles-Quint accepte la paix d’Augsbourg en 1555, qui consacre l’implantation du protestantisme en Allemagne. Désormais, on applique le principe Cujus regio, ejus religio : chaque prince peut imposer sa religion à ses sujets. Cela institue autant de despotes et de tyrans qu’il y a de princes dans l’empire.

Ainsi, l’Empire de Charles-Quint a été divisé entre catholiques et protestants, soutenus par les pays étrangers.

Les pays scandinaves passent à l’hérésie luthérienne. La Suisse a pour réformateur Zwingli. 

III Le calvinisme 

Le calvinisme aura encore plus d’influence que le luthérianisme et de zwinglianisme.

En France, Calvin (1509-1564) se fait connaître lors de l’affaire des placards en 1534. On trouve fixées sur la porte de la chambre du roi à Amboise des affiches qui s’en prennent au Pape et à la messe. François 1er, d’abord favorable aux groupes de savants qui étudiaient l’Ecriture, (fondation du Collège de France) condamne les coupables.

Calvin s’enfuit à Genève où il établit une doctrine claire et rigoureuse :

- il dit que les hommes sont prédestinés : Dieu ne veut pas le salut de tous. Chacun est déjà damné ou sauvé, quoi qu’il fasse. Mais, contrairement à ce que dit Luther, vivre selon l’Evangile nous donne confiance que nous sommes parmi les prédestinés. Dieu ne nous sauve pas à cause de nos œuvres, mais il ne nous sauve pas sans nos œuvres.

- il ne garde que deux sacrements : le baptême et la Cène. La Cène n’est qu’un simple souvenir. Il n’y a pas de présence réelle. On mange du pain ordinaire en faisant un effort spirituel « pour s’unir au Christ ».

Calvin veut constituer à Genève une théocratie (comme Savonarole à Florence). Les oppositions sont brisées par la terreur. L’Eglise de Calvin peut livrer les coupables au bras séculier : il fait ainsi brûler vif le médecin et théologien espagnol Michel Servet et décapiter Gruet. Il crée l’Académie de Genève où les futurs pasteurs s’instruisent de sa doctrine pour la répandre. Son successeur est Théodore de Bèze, avec qui vient discuter Saint François de Sales.

Le calvinisme se répand rapidement en France, y compris chez des seigneurs, en Ecosse, aux Pays-Bas, dans les villes d’Allemagne.  IV La réforme anglicane  En Angleterre, après avoir reçu du Pape le titre de « Défenseur de la foi » pour avoir écrit Défense des sept sacrements contre Luther, Henri VIII se sépare de Rome pour pouvoir divorcer avec Catherine d’Aragon et épouser Anne Boleyn. Peu osent s’opposer au roi, si ce n’est John Fisher, et le chancelier Saint Thomas More est exécuté (en 1535) pour être resté fidèle à Rome. (cf. le film « Un homme pour l’éternité »).Il avait écrit dans son Dialogue du réconfort cette phrase prémonitoire « Il n’est pas de Turc aussi cruel envers les chrétiens que ne l’est le faux chrétien qui erre dans sa foi ».

Excommunié, il se proclame Chef suprême de l’Eglise d’Angleterre avec le soutien de son nouveau chancelier Thomas Cromwell. C’est le schisme. Henri VIII prendra 6 autres épouses jusqu’à sa mort.

Les biens de l’Eglise sont confisqués. Ce fut la reine Elisabeth 1ère (1558-1603) qui organisa définitivement l’anglicanisme en fixant le Credo. Les catholiques seront persécutés jusqu’à la fin du XVIIIème siècle, notamment en Irlande.  [1]

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