Deo Gratias

Pour connaître et aimer

DIEU EST INFINIMENT SAGE

Classé dans : Connaissance de Dieu — 27 mai 2008 @ 14 02 35

Mes Frères,

 Le roi de Sicile, Hiéron, au IIIème siècle av. J.-C., avait fait construire un si grand navire que lorsqu’il fut achevé et qu’on voulut le mettre à l’eau une foule d’ouvriers, de chevaux et de machines ne put pas le déplacer. Dans cette difficulté, il s’adressa à l’illustre mathématicien, Archimède, pour lui venir en aide.

Archimède promit de construire une machine agencée de manière à permettre à un seul homme de mettre en mouvement le navire. Les gens secouèrent la tête avec incrédulité. La machine fut construite, c’était un palan, et Archimède invita le roi à mettre lui-même navire en mouvement. Et le monarque, en présence de tout le peuple, le lança aisément à la mer. Dans sa joie il promulgua cette ordonnance singulière que chacun devait trouver bon et sage tout ce qu’Archimède ferait ou dirait. Grâce à cette petite machine, Archimède venait d’acquérir une distinction extraordinaire.

 Mais alors que dirons-nous de Dieu, le constructeur de la merveilleuse machine qu’est le monde ? Comme nous admirons sa sagesse, lorsque, avec un microscope ou un télescope, nous pénétrons dans les admirables mystères de 1′univers, nous regardons et nous sommes pris de vertige. Le décret du roi de Sicile exigeait que chacun considérât Archimède comme sage. La Sainte Écriture et les lois du mécanisme de l’univers exigent de nous que nous regardions Dieu, Créateur et Gardien du monde, comme infiniment sage, comme source de la sagesse, comme la Sagesse parfaite.

Dieu est la Sagesse même. Car à qui parmi les hommes donnons-nous le nom de sage ? A celui, n’est-ce pas, qui a du monde la conception théorique la plus exacte, qui sait adapter sa manière de penser, et sa façon d’agir aux valeurs éternelles et conformer sa vie à ses opinions. Mais lorsque nous donnons à Dieu le nom de sage, nous proclamons en Lui l’identité de la connaissance théorique et de la connaissance pratique, c’est-à-dire que ce qu’Il pense ou fait est toujours la pensée la meilleure et l’acte le plus sage.

 Je vais donc parler de la sagesse divine et le sujet de cet entretien se divise de lui-même en deux parties I. Qu’est-ce qui proclame la sagesse de Dieu ? et II. Qu’est ce qui la contredit en apparence ?

 

I

 QU’EST-CE QUI PROCLAME LA SAGESSE DE DIEU ?

  » Qu’elles sont grandes vos œuvres, Seigneur! Vous avez tout fait avec sagesse » (Ps. CIII, 24), chante le psalmiste et dans un autre passage il ajoute simplement :  » Sa sagesse n’a point de bornes  » (Ps. CXLVI, 5).

En vérité de toutes les lèvres s’échappe cette merveilleuse constatation, si nous savons remarquer de nos yeux partout les traces de la sagesse de Dieu. Les savants les plus éminents sont souvent envahis, au cours de leurs observations, par un sentiment extraordinaire analogue à celui dont était dominée l’âme du fondateur de l’électrodynamique, Ampère, lorsqu’au milieu de ses recherches, il cachait son visage dans ses mains, en s’écriant :  » Comme Dieu est grand! Comme Dieu est grand! « 

 

I. Considérons les êtres les plus petits. Des millions de petits êtres, invisibles à l’œil nu, fourmillent dans un verre d’eau et le savant découvre dans la structure et l’activité même des plus petits d’entre eux, toute un série de miracles de la sagesse infinie. Il est mort récemment en Allemagne un vieux Père jésuite (Wasmann) qui a laissé un nom connu dans le monde savant et qui a consacré toute sa vie à l’étude des fourmis; et notre âme est saisie d’admiration à la vue de la sagesse qui se révèle dans la vie individuelle, l’organisation sociale et la manière de combattre de ces insectes. Comme il faut qu’Il soit sage, Dieu, le Créateur du monde !

 II. Après ces êtres si petits tournons-nous maintenant vers la terre et les astres. Les saisons de l’année ne révèlent-elles pas la plus sage organisation ? Au printemps l’année prend naissance comme un petit enfant, en été elle se développe en travailleur robuste, en automne elle récolte les fruits de son activité et dans sa vieillesse, en hiver, elle descend au tombeau quelle aimable variété, quelle sage et agréable sollicitude! Et tout cela serait anéanti en un clin d’œil, si l’axe de la terre venait à se déplacer ne fût-ce que légèrement ou si la position de la terre par rapport au soleil venait à être modifiée même de fort peu. Comme il faut qu’Il soit sage, Dieu, Créateur du monde qui a tout organisé pour que chaque chose soit à la place où elle est !

Sans doute, il y a des hommes qui trouvent à exercer leur critique sur le monde, parce qu’ils  » auraient su mieux tout arranger « . Mais c’est un fait : plus on examine l’ordre du monde, plus on doit courber la tête devant la sagesse de Dieu et inversement plus on l’examine superficiellement, plus on critique facilement le monde.

Les grands penseurs sont d’accord avec Kepler, l’illustre astronome, qui dans la préface de son ouvrage  » Astronomia nova  » s’adresse ainsi à ses lecteurs  » Et maintenant, cher lecteur, obéissons à l’invitation du psalmiste et, nous souvenant de la grande bonté de Dieu envers les hommes, faisons l’éloge de sa sagesse et de sa puissance. Moi aussi je veux révéler la merveilleuse sagesse du Créateur, je veux vous montrer que même dans les mouvements les plus mystérieux des astres, la sagesse toute puissante de Dieu rayonne sur nous  » (Kepleri. Opera omnia édit. Frisch 111, I46) Oui, c’est ainsi que pense le sage. Et l’homme superficiel, celui qui critique si aisément ? Il pense comme le voyageur de l’histoire.

 Exténué de fatigue, un voyageur s’assit à l’ombre d’un magnifique chêne et se mit à philosopher  » Comme ce monde est curieux! Rien n’est bien organisé. Voilà un chêne gigantesque, quelles branches solides et pourtant il ne porte que des glands bien petits. Et voici des melons ; leur tige est aussi frêle qu’une asperge et cependant il leur faut supporter des fruits énormes. Le monde n’est pas bien organisé « . Mais comme il en était là de ses réflexions, le vent se leva et un gland lui tomba sur le bout du nez. Il sursauta de frayeur et ajouta :  » c’est-à-dire que le monde est bien organisé, car qu’est-ce qui serait arrivé, si les melons poussaient sur cet arbre ?  » C’est vrai, le monde est bien organisé.

 III. Surtout, si nous poursuivons nos recherches, si nous pensons à nous-mêmes, à la vie humaine, aux témoins brillants de la merveilleuse sagesse du Créateur, à l’homme qui se tient debout, à l’homme aux mains diaphanes, à l’homme aux yeux profonds comme la mer, à l’homme au regard royal, à l’homme dont le front rayonne d’intelligence.

Pourtant nous ne voyons encore que l’extérieur de l’homme. Que verrions-nous, si nous pouvions regarder son âme ? la force, les talents, la beauté rayonnante d’un être spirituel semblable à Dieu. Regardez un petit enfant dans les yeux et vous aurez aperçu dans ses yeux la sagesse du Créateur.

Si vous êtes frappés d’étonnement par les milliers de preuves de la sagesse divine dont le monde est rempli, alors rappelez-vous l’affirmation d’Aristote d’après laquelle l’esprit humain n’a qu’une idée fort obscure de la sagesse divine, tout comme la chauve-souris qui vit dans les ténèbres, n’a qu’une bien faible idée de l’éclat des rayons de soleil. Oui, c’est tout ce que nous apercevons de la sagesse de Dieu. Mais que peut donc être alors la vérité totale ! Que peut donc être la sagesse infinie de Dieu ?

II

 OBJECTIONS A LA SAGESSE DE DIEU 

Cette grandiose considération d’Aristote nous suffit: je n’ai plus besoin de chanter la louange de la sagesse de Dieu, mais je dois maintenant m’occuper de sa défense. En effet, si les paroles de la Sainte Écriture et l’harmonie de l’univers sont autant d’hymnes de louanges à la sagesse divine, nous entendons cependant monter de la misère, des maux et des souffrances de l’humanité la plainte lamentable du  » De profundis « . Peut-Il être infiniment sage le Créateur qui tolère tant de souffrances sans but, tant de coups du sort incompréhensibles, dans l’œuvre de ses mains, dans le monde ?

 Ne vous étonnez pas, mes frères, si je me trouve une fois encore en présence du problème de la souffrance. Dans cette série d’instructions, j’ai soulevé, je ne sais plus combien de fois déjà, cette question, mais je n’y puis rien. On est obligé de parler le plus fréquemment de ce qui préoccupe le plus l’âme humaine actuellement.

Or qui ne remarque pas que les vagues de la souffrance menacent de nous submerger ?

 I. En réalité l’homme est rempli de plaintes et d’objections contre la sagesse de Dieu. Mais à la plupart de ces plaintes Aristote a déjà répliqué d’avance L’âme humaine n’a qu’une idée bien obscure de la sagesse divine, tout comme la chauve-souris n’a qu’une bien faible idée de l’éclat du soleil. Cela veut dire que nos plaintes proviennent de ce que nous n’avons que les faibles yeux humains et que nous ne pouvons pas voir le flux et le reflux des événements du monde avec les yeux de Dieu.

 Si nous avions des yeux comme ceux de Dieu, toutes nos plaintes se tairaient, car nous verrions tout autrement dans le monde. Tout autrement et nous-mêmes aussi.

Voilà par exemple ma propre destinée. Que d’énigmes devant moi, que de tristesses, que de sombres nuages ! Mais tout est clair devant Dieu; Il dirige tout d’une main bienveillante, Il règle tout avec sagesse.

A côté de moi vivent des gens frivoles, gais et souriants dans leur frivolité, mais Dieu voit leur cœur saigner en secret et leur âme soupirer vers des buts plus nobles. Voici d’autres hommes, des hommes de bien qui versent en silence des larmes de sang, mais Dieu voit chaque goutte de ces pleurs acquérir une valeur éternelle, à la flamme du sacrifice offert à Dieu.

 Voilà ce qu’aperçoit l’œil de Dieu; mais comme l’œil humain voit tout autrement!

Le monde est plein de gens qui s’amusent, s’enivrent et cherchent les jouissances, ah ! combien les envient mais l’œil de Dieu ne voit en eux que des feuilles sèches tombant de l’arbre. Dans un abandon total une veuve lutte héroïquement pour ses cinq enfants au milieu de privations supportées courageusement, d’innombrables jeunes filles persévèrent dans le chemin de l’honnêteté et de la pureté, alors qu’elles pourraient tout obtenir au prix de leur honneur, ah ! Combien se moquent d’elles ! Mais l’œil de Dieu, cet œil qui sait tout les regarde avec amour. C’est cet œil qui, sous le frac élégant et le plastron à petits plis, découvre la pourriture intérieure et s’en détourne, mais se repose avec un amour chaleureux sur un noble cœur, si déchiré que soit l’habit et si misérable que soit son extérieur. Combien de têtes orgueilleuses devront s’abaisser devant le pauvre et combien d’épaules harassées se redresseraient, si nous avions des yeux comme Dieu. Si seulement nous avions des yeux comme Dieu qui mesure tous les événements du monde sur l’horizon infini de l’éternité !

 II. C’est seulement si je pense ainsi de la sagesse de Dieu, si je crois que tout ce que fait Dieu est toujours le plus juste et le plus sage, c’est alors seulement que je pourrai avoir sur l’efficacité de la prière une tout autre idée et être préservé de l’illusion d’y trouver une preuve contre la sagesse divine.

  » J’ai prié dans telle ou telle intention ; que de fois j’ai supplié Dieu et Il ne m’a pas exaucé  » . Pourquoi Dieu a-t-Il ordonné de prier, s’Il ne nous exauce pas ?  » Mes frères, ce n’est pas vrai : Dieu nous exauce. Seulement pas toujours comme votre œil humain à courte vue le voudrait, mais comme le trouve bon sa sagesse qui travaille en fonction de l’éternité. Actuellement la blessure brûle votre âme, actuellement l’épreuve vous écrase, mais vous verrez tôt ou tard venir le temps où vous le comprendrez : en réalité Dieu avait réglé très sagement ce qui vous était alors arrivé.

 » Dieu ne m’exauce pas « . Oui pour celui qui croit qu’exaucer une prière consiste dans le fait que Dieu répond à toutes nos demandes comme nous les avons formulées, celui-là ne sait pas le but de la prière et ne comprend pas Dieu.  » Mes pensées ne sont pas vos pensées « , dit le Seigneur ; l’un des buts de la prière est précisément celui de reporter sur Dieu nos pensées qui s’en écartaient et de rapprocher de nous la pensée de Dieu.

Un grand malheur me frappe, mon époux est malade… je prie. Il est possible que le malheur arrive quand même; mais je n’ai pas seulement prié, pour qu’il n’arrivât pas, mais aussi pour que, s’il arrive, j’aie assez de force, assez de lucidité pour le ranger dans les plans de Dieu et, les yeux tournés vers le Golgotha, savoir le supporter.

Vous connaissez, n’est-ce pas, le sentiment d’abandon, de dépression qui pesait sur l’âme des saintes femmes qui, au matin de Pâques, se rendaient au tombeau de Notre-Seigneur, pour embaumer son cadavre avec des parfums précieux.

 N’est-il pas remarquable que le chemin des pieuses femmes qui se termina dans la joie du jour de Pâques avait commencé dans l’obscurité de la nuit ? L’obscurité s’étendait encore sur la ville endormie d’où elles sortaient, les yeux obscurcis par les larmes elles se rendaient vers le tombeau obscur. Tout était anéanti, tout était désespéré… mais en elles-mêmes vivait encore une dernière flamme : la foi par delà la tombe. Et cette foi trouva sa récompense.

 Les ténèbres du tombeau du Vendredi-Saint ne s’amassent-elles pas de temps à autre au dessus de nous? Ne croyons-nous pas parfois au-dedans de nous-mêmes que tout est perdu ? D’épaisses ténèbres descendent sur nous et nous ne voyons plus à un pas devant nous. Il nous semble que la foi ensoleillée de notre jeunesse est disparue pour toujours. Nous n’avons plus de joie à prier ni à fréquenter l’église ni à lutter contre les tentations ni à vivre. C’est comme si Dieu nous avait abandonnés. Comme si Dieu était mort encore une fois .

Mes frères, n’avez-vous pas déjà vécu des heures, des journées, des semaines aussi affreuses ?

Il faut tenir et tenir bon. Peut-être ne pouvez-vous plus prier, mais du moins efforcez-vous de croire. Vous ne pouvez plus croire, mais du moins vivez, comme lorsque vous croyez, comme si vous étiez tout autant convaincus au sujet de Dieu, de l’âme, de la vie éternelle qu’à n’importe quel autre moment. Et si vous ne le pouvez pas ? Alors pleurez et dites à Dieu :  » Seigneur, que va-t-il m’arrive ? Je voudrais prier et je ne peux pas. Je voudrais croire et je ne peux pas. Aidez-moi, Seigneur « .

Les Saintes Femmes passèrent par les mêmes ténèbres et finalement… finalement elles arrivèrent au tombeau vide, glorieux, consolant.  » Tout cela n’était qu’un mauvais rêve  » durent-elles penser. Vous aussi un jour vous direz la même chose, si vous persévérez dans l’amour du Dieu infiniment sage.

 Pour cela il faut un certain temps. Car avec les œuvres de Dieu il se passe pour nous ce qui se passe avec les œuvres des grands peintres : de tout près on ne peut pas bien les contempler et les admirer, il faut se placer à une certaine distance, pour avoir une bonne perspective. Les décisions de Dieu paraissent de tout près peut-être confuses, mais dans la perspective de l’éternité nous sentons battre derrière elles un cœur paternel.

 III. Lorsque j’étudie dans la souffrance les sages intentions de Dieu, le ciel couvert de nuages s’éclaircit aussitôt au-dessus de moi. C’est vrai, il y a beaucoup de souffrances en ce monde, mais toute souffrance ne contredit pas la sagesse divine, seule une souffrance aveugle, sans but la contredirait. Cependant Dieu permet la souffrance a) par amour et b) parce qu’Il lui assigne toujours un but.

 a)  » Comment le Dieu de bonté peut-Il permettre que je souffre autant ?  » telle est la plainte habituelle. Et savez-vous ce qu’il nous faut répondre ?  » Justement, Il le permet, parce qu’Il est bon.

 » Notre Père « … Donc nous sommes ses enfants. Ses enfants ! Quelle tendre et faible chose ! Je ne pourrais pas faire du mal à un enfant sans motif, sans but. J’aurais honte d’abuser ainsi de la supériorité de ma force. Mais n’est-ce pas un blasphème que de penser que Dieu abuse de sa force et livre à la souffrance ses enfants, sans but ni raison, sans pitié et sans cour ?

 Mais en est-il ainsi ? Peut-on par amour faire du mal à quelqu’un ? Certainement.

Lorsque le petit enfant court après un papillon et commence à trébucher sur le bord d’un ravin, comme sa mère le retient vigoureusement ! Cette pression fait mal à l’enfant, bien que sa mère ne l’ait exercée que par amour et par elle lui ait sauvé la vie.

Lorsque les parents ôtent un couteau des mains de l’enfant, il murmure, il boude, il pleure ; pourtant ils ne lui ont fait cette peine que parce qu’ils l’aiment. Pendant une opération, la mère tient son enfant malade. Assurément le petit enfant sans raison se débat et se fâche contre sa maman, pourtant sa mère ne le fait que par amour et son cœur souffre davantage que celui de son enfant.

 Oui, Dieu ne prend pas plaisir à voir souffrir ses enfants; mais s’Il permet qu’ils souffrent, Il a toujours un but en vue.

 b) Mais quel but Dieu peut-Il poursuivre avec la souffrance?

N’est-il pas curieux de constater que les animaux, quand ils prévoient instinctivement de grandes catastrophes dans- la nature, se glissent doucement auprès de l’homme, ce qui signifie qu’ils mettent leur dernier espoir dans celui qui est, par la naissance, le roi de la création ? De même l’homme, lorsque les coups du sort s’abattent sur lui, porte ses regards en haut : vers Dieu, ce qui veut dire qu’aux heures de détresse il ne peut trouver de calme qu’en Lui.

 Pourquoi la souffrance ? Si la terre était un paradis, nous oublierions le ciel. S’il n’y avait pas la nuit, nous n’apprécierions pas la clarté du jour.

Pourquoi l’épreuve ? Pourquoi la franche vallée ? C’est là que pousse l’humble violette.

Pourquoi le malheur ? Pourquoi la pente rocheuse et escarpée ? C’est là que mûrit le raisin sous le soleil brûlant.

Après une humiliation, comme nous savons mieux prier ! Quand les hommes ont été mauvais pour moi, comme je comprends mieux que Dieu est bon! Quand la terre est désolée, comme le ciel est plus consolant !

Mes frères, disons-le : Dieu est infiniment sage. Et disons surtout : les heures de souffrances sont des heures de la grâce et de la miséricorde divines.

Ah ! si seulement je pouvais graver ces paroles dans mon cœur : Les heures de souffrances sont les heures de la grâce et de la miséricorde divines, parce qu’elles sont des heures de réparation.

 Le juste tombe sept fois par jour (Proverbes XXIV, 16) et suivant Saint Jean, il ment celui qui dit qu’il est sans péché (1er Épître S. Jean I, 8). J’ai donc quelque chose à réparer. Assurément, plus j’aime Dieu, plus je remarquerai les défauts de mon âme et ce que je dois réparer. Ceux qui se confessent le plus souvent sont-ils les plus grands pécheurs ? Pas du tout. Ce sont ceux qui se trouvent le plus près de Dieu qui remarquent les plus petites taches de leur âme. Et précisément ils supportent avec le plus de courage la souffrance ceux qu i, d’après notre misérable manière de penser humaine, l’ont le moins méritée. Mais ils la supportent, parce qu’ils croient que Dieu, quoi qu’Il fasse ou quoi qu’Il pense, fait tout pour le mieux et veut tout pour le mieux.

 De fait, ceux qui mettent en doute la sagesse divine, à cause du mal qui existe dans le monde, feraient bien de lire cette pertinente remarque de saint Augustin  » Lorsqu’un profane se promène dans un atelier, il y aperçoit toutes sortes d’outils dont il ignore la destination : s’il est très borné, il les jugera même inutiles. S’il se brûle ou s’il se blesse après un instrument tranchant, il les déclarera nuisibles. Mais le chef connaît leur emploi, il rira de l’insensé et ne se souciera pas de ses folles remarques, mais continuera son travail.

Et voilà la sottise des hommes : quand il s’agit d’un ouvrier d’ici-bas, on n’ose pas critiquer chez lui ce que l’on ne comprend pas, mais on croit que tout ce qui se trouve dans l’atelier a un but défini. Devant le grand œuvre de l’univers dont Dieu est le constructeur et le gardien on ose critiquer beaucoup de choses que l’on ne comprend pas : devant le chef-d’œuvre et les instruments du Tout-Puissant on se pose en connaisseur, alors que l’ignorance sort pour ainsi dire de tout notre être  » (De Gen. c. Manich. I, i6, 25).

Non, non, nous ne voulons pas juger ainsi. Nous croyons au cœur aimant et infiniment sage de notre Père qui est dans les cieux.

  *               *

 *

Mes frères. Il y avait une fois un petit garçon qui avait un beau petit agneau. Le petit agneau folâtra si longtemps parmi les buissons que finalement il se déchira après un arbuste épineux et l’animal ensanglanté se mit à bêler lamentablement. Le petit garçon courut trouver son père et lui dit :  » Papa, viens arracher ce méchant arbuste. Pourquoi a-t-il fait du mal à mon petit agneau ?  » Le père alla s’asseoir avec son enfant tout près de l’arbuste et tous deux se mirent à le regarder. Bientôt arriva un oiseau qui se posa sur l’arbrisseau, puis après avoir réjoui le petit garçon par son chant, il dégagea les brins de laine accrochés aux épines et les emporta dans son nid.

 » Tu vois, mon enfant, dit le père, la laine de ton agneau va réchauffer les petits oiseaux qui auraient froid dans leur nid. Maintenant dis-moi, s’il faut arracher l’arbuste ? « 

Non, l’enfant ne voulait plus que l’on coupât l’arbuste parce que son petit cœur avait senti que dans le monde, même derrière la souffrance et la douleur, se montre le visage béni de notre Père du ciel infiniment sage.

 Père, Dieu de sagesse, faites que moi, votre grand enfant, je n’oublie jamais ce que Vous avez dit dans la Sainte Écriture :  » Je punis et je châtie tous ceux que J’aime  » (Apocalypse III, 19) Amen.

In : Le Symbole des Apôtres – première partie. DIEU – LA PROVIDENCE,

sermons prononcés dans l’église de l’Université de Budapest, par Mgr TIHAMER TOTH. (traduits du hongrois par l’Abbé Marcel GRANCLAUDON). Editions SALVATOR, 1936.

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