Un soldat s’était confessé, pour pouvoir communier, et converse avec ses compagnons qui déjeunent, alors il mange avec eux sans penser à ce qu’il fait, puis va à la messe.
Après, un sergent : « Qu’avez-vous fait, misérable ? Comment avez-vous été si aveugle d’esprit ? Ne savez-vous pas que le corps de Notre-Seigneur ne doit être pris qu’à jeun ? O Dieu ! Que vous avez commis un grand péché ! » Le pauvre pleure et se lamente. Le sergent lui conseille d’aller trouver Saint François de Sales devant qui il sanglote.
« Qu’est-ce qu’il y a mon enfant ? D’où vous vient cette grande affliction ? … Prenez courage, et voyez ce que je pourrai faire pour vous.
- Ah ! Mon Père, que j’ai commis un grand crime !
- Eh ! Quoi donc, ne savez-vous pas que Dieu est miséricordieux ?
- Hélas ! J’ai pris la Sainte Communion après déjeuner. Je suis perdu, mon Père, si vous ne me baillez consolation. »
Le missionnaire, après l’avoir apaisé, lui demanda s’il avait fait cela à dessein et en le sachant ; l’autre lui ayant répondu que c’était par inconsidération, et qu’il aimerait mieux mourir mille fois que de retomber en semblable offense, il lui dit :
« Mon fils, allez en paix.
- Mais pour le moins, pria ce pauvre homme, baillez-moi la pénitence qu’il vous plaira, et je la ferai exactement.
- Allons, vous direz une fois le Pater et l’Ave. Ayez bonne confiance en Dieu et priez pour moi. »